31/10/2004
V, (embrasse-moi)
- Faut pas croire, pensais-je, pendant le générique du début, j'aime vraiment les daubes Américaines. Le cinéma Américain repose sur une chose au fond, me disais-je, sa croyance au spectateur, et seulement sa croyance au spectateur, me disais-je, tout le reste c'est du blahblah, me disais-je, c'est pour ça qu'il n'est que bon, me disais-je, pour ne pas dire extraordinaire, me disais-je, le spectateur d'un film Américain définit l'espace [du film], pas l'inverse, me disais-je, pas l'acteur, (encore moins le réalisateur),me disais-je à cette minute. Le spectateur d'un film Américain définit l'espace du film, me disais-je, ne serait-ce que par rapport à sa position dans la salle, me disais-je encore, le cinéma Américain est le seul au monde à prendre cela en compte, me disais-je, la position du spectateur dans la salle, il est le seul à définir la place du spectateur, me disais-je, avant de penser à Tourneur en voyant le monstre du film, et la façon dont il venait vers nous, au fond me disais-je, Tourneur, d'une certaine façon, c'est le début des chichis, me disais-je, des chuchottements précieux, me disais-je, le début des chuchottements précieux d'Hollywood et l'entrée du coca-cola dans la salle, me disais-je, c'est la continuation du cinéma Français de Vichy sous d'autres cieux et par d'autres moyens, me disais-je. Ce film est une sorte de remake du film de Tourneur, me disais-je, (puisqu'il tourne autour et le renifle, lui renifle l'entre-jambe, me disais-je, (au fond, Gus Van Sant aime les petites culottes, me disais-je), ), le remake de son "Curse of the démon". Le cinéma d'action Américain, me disais-je, ne repose, paradoxalement que sur la parole, me disais-je, c'est son bavardage qui en fait l'essence, me disais-je, et pas ses images, me disais-je, qui ne sont là que pour ne pas faire trop peur au spectateur, me disais-je, au fond, me disais-je, l'essence du cinéma Américain est le théatre, me disais-je, et sa force est de nous faire payer la place au tarif d'une place de cinéma, me disais-je. Le cinéma Américain est un divertissement distingué, me disais-je, quoique le mot divertissement fût un peu malheureux, me disais-je.
- "Alien vs prédator", de Paul W.S Anderson.
(- Merci encore à T.B).
octobre 31, 2004 in Spectre 01 | Permalink