« décembre 2004 | Accueil | février 2005 »
2005.01.29
V, (brouillon)
- Ce n'est pas que nous ne nous parlions plus, Marjane et moi, ou que nous étions disputés, non, tout simplement que nous nous étions perdus de vue, la magie du langage faisait aussi, que nous ne tombions jamais d'accord sur rien, nous étions absolument d'accord sur tout au début d'une conversation, et résolument en désaccord sur tout à la fin de chaque conversation. Pour dire les choses comme elles étaient, (ou qu'elles sont encore), chaque fois, nous fulminions l'un contre l'autre. Pour le Scorsese, bien que ne l'ayant pas vu et n'ayant pas envie de le voir, et n'aimant pas du tout le réalisateur, (la seule différence entre-nous, étant, à ce sujet que j'avais vu ce dernier film, et qu'elle aimait beaucoup "Mean Street"), elle finissait à la fin par le défendre, elle ne l'avait pas vu, pas encore, mais l'aimait déjà beaucoup, et ce, subitement. Elle avait besoin, absolument besoin d'être d'un avis contraire au mien, sur Katherine Hepburn, sur le film, sur absolument tout ce dont nous parlions ensemble. Elle m'avait dit une chose juste pourtant, (parce qu'on ne peut être en désaccord avec moi et dire des choses justes), me racontant sa soirée de la veille, la projection de "Moïse et Aaron" à la cinémathèque, elle m'avait dit, "leur toges sont neuves, complètement neuves, et repassées, vraiment repassées, on sent qu'ils les mettent, pour la première fois, les acteurs, leurs toges, (d'habitude on vieillit toujours un peu les costumes), là non", je m'étais dit, entendant cette réflexion, oui, même là, les Straub, il y a pas de chichis, même là, ils font pas semblant, les toges sont neuves, d'époque, de l'époque du film, et n'ont donc jamais servies, et sont donc repassées, elles ne peuvent être que neuves et repassées, et pas usagées, c'est une question de forme et d'honnêteté. Chez eux, même un costume est une question d'éthique, (sinon d'étiquette*), chez eux, même le repassage des costumes est une question morale.
- *Si l'on peut éventuellement entendre ce mot dans le sens protocolaire, et si l'on peut admettre le sens du mot protocolaire comme tenir son rang, protocolaire au sens de forme, (rajout)...
janvier 29, 2005 in Spectre 01 | Permalink
V, (brouillon)
- Pour la soirée Philippe Fernandez, il y avait trois films, j'avais loupé le premier et j'étais arrivé à la fin du second, je m'étais dit assez rapidemment, tout en pensant que c'était plus compliqué que cela, que ce serait plus compliqué que cela, et que nécessairement les choses évolueraient, que le film cherchait le point de rupture, ou le point de basculement, le film c'était à partir de quand on bascule, jusqu'à quand on le croit ou jusqu'à quand on le croit pas, c'était," je sais que vous savez, mais!" C'est-à-dire, il allait le plus loin possible, sans s'arrêter, ce n'était pas sans s'arrêter à nous, puisque c'était nous qui comptions, il se faisait à condition de nous,à condition de notre perte, à nous, à la condition que nous décrochions, le postulat du film, en exagérant à peine, était celui de la salle vide, de la croyance, le risque ou le désir de la salle vide, (la salle vide ne révélant qu'un état du film), ou, pour reprendre un mot du réalisateur, qu'un état du pari du film. La salle vide, (ou partiellement), n'étant que la preuve de la chute du spectateur, mais pas forcément la victoire du film sur le spectateur, peut-être aussi la défaite ou la chute du film ou du réalisateur. La chute du film n'étant pas non plus la victoire du spectateur, mais sa défaite aussi. Il me semblait que la seconde partie, au-delà de ce dont je venais de parler, était la projection du film sur la table de montage du réalisateur, ou les images du mixage du film tourné à l'ile de Pâques, je veux dire, le film ne nous était pas projeté, c'était le réalisateur à qui il était projeté et qui le regardait, ("le milieu naturel de l'homme serait-il..., (x2)), nous, nous ne le regardions qu'accidentellement, d'une certaine façon, nous étions exclus de la seconde partie, exclus, et pas absents, (puisque nous étions absents, ou presque de la première partie, mais exclus et présents de la seconde partie). La beauté du film résidant aussi, (parce que dès la première image, le film était beau), dans sa découverte du présent, (c'est-à-dire le monde), dans sa surprise, puis dans la défaite de son système, dans son changement de cap et sa transformation sensible...
- "Connaissance du monde, (drame psychologique)", de Philippe Fernandez.
- Note: La salle vide symboliquement.
- Note: Skorecki dirait: "La beauté terminale du film".
- Alternative: "Je sais que vous savez que tout est comédie, mais poussons la jusqu'au bout, voyons jusqu'où nous pouvons aller, et aller ensemble".
- Alternative: "le film c'était à partir de quand on bascule, jusqu'à où on le croit ou jusqu'à où on le croit pas"
janvier 29, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.01.27
V,
- Je n'avais pas aimé le Scorsese, je l'avais déjà un peu dit partout, et je n'en pensais rien, il m'indifférait, et je n'avais donc rien à en dire. La preuve était néanmoins faite, (à la vision du film), que le vrai cinéaste était Spielberg. Puisque j'avais déjà beaucoup parlé j'avais reçu ce mail:
- "ah...dommage que vous n'ayez pas aimé le Scorsese, moi j'aime vraiment
beaucoup...je lirais sur Kuhe ce que vous allez en dire".
- Je me disais ensuite, le film est le résultat de ce qui a été promis, le film est un résultat, non un résultat financier, mais comme un résultat financier, le résultat de la promesse faite à ses financiers, (me revient à l'esprit, une nouvelle fois, cet article de Rosembaum, sur le système de la terreur à Hollywodd, ce film en étant la démonstration, (par son insignifiance) , parfaite. Le film n'est rien, ses images sont indifférentes, (comme tout produit capitaliste), tout du film me ramènait au scénario, aucune image n'existait de manière autonome, tout me ramenait à la biographie, le film n'existait pas, si je prenais comme exemple ce film de Hawks, juste pour le avions, "Air force", (qui n'était déjà de la part de son auteur, pas un trè bon film), chaques parties, chaque plans, même scénarisés concourait et éclairait l'ensemble, un état d'âme d'un personnage n'était jamais un état d'âme d'un personnage, mais une partie du film, ce qui apparaissait comme du sentimentalisme, n'était en fait qu'un geste à venir, on pouvait dire que c'était un montage par anticipation, la psychologie générait de la forme, chez Scorsese, chaque geste nous ramenait au contraire vers la biographie et vers le scénario, certains plans étaient époustouflants, ou plutôt le contenu de certains plans était époustouflant, mais jamais jamais il n' y avait le moindre point de vue, il y avait le point de vue du réalisateur sur la biographie mais jamais sur le scénario, et encore moins sur le film lui-même, le film n'était pas raté, il était conforme aux attentes et c'était probablement pire. (Sans aucune raison précise, je pense à James Ivory, cinéaste de loin supérieur à Scorsese). Scorsese qui n'a fait qu'un seul bon film, Les affranchis", et parait-il "Mean street", sans oublier selon certaines personnes un peu trop complaisantes "Taxi", (je rajouterai son film avec Nicolas Cage)...
- "The aviator", de Martin Scorsese.
janvier 27, 2005 in Spectre 01 | Permalink
V, (brouillon)
- Je me disais, la fiction c'est aussi une alternance de vide et de plein, du vide vers le plein, et vice-versa, un passage de l'un à l'autre, c'est quelque chose qui traverse, un va et vient, (Descartes), va et vem, (Hegel), la fiction c'est le mouvement de l'un à l'autre, mais ni l'un, ni l'autre, c'est une partie de l'un, et une partie de l'autre, une partie de chacun, mais aussi ce qui lui manque,
janvier 27, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.01.23
V,
- Le premier plan, le type qui veille ses morts, je me demandais de quel film ça venait, mais au fond ça n'avait pas beaucoup d'importance, l'important était de se poser la question, pas d'y répondre, l'important était que le film nous permette cela, le film était assez raté, ou un peu, ce n'était pas non plus très important, un film Américain n'a pas à être réussi je me disais, la réussite d'un film Américain ne s'est jamais joué là. En exagérant à peine, un film Américain ne pose que des questions.
- Le générique était hyper classe, tu te disais que le film serait bien, et il y avait tous ces gros plans sur le visage de Van Damme, qui était de plus en plus beau, il y avait ce type, qui égorgeait cette femme, d'un geste sec et chorégraphique, tu appréciais comment Van Damme, à un certain moment était filmé, non comme un corps apaisé, mais revenu, ( Kacem disait: l'homme est un individu suspendu entre deux évènements). Tu te disais, aux Etats-Unis, ce pays magnifique, filmer le bonheur, c'était filmer l'impassibilité, (ou le présent), c'était une ascèse, tu voyais Van Damme comment il marchait, tu comprenais pourquoi ce film était plus beau que le film de la veille, ou de l'avant-veille, ce petit film pour crevures, "The machinist". Van Damme se déplaçait dans les formes, c'est-à-dire comme John Wayne ou Gary Grant, c'est-à-dire il y mettait la forme. J'aimais bien la scéance de torture à la perceuse, et la scène du centre commercial, et celle très belle juste après, les images de la circulation se superposant sur le visage de Van Damme, j'aimais bien aussi, j'aimais beaucoup même celle, absolue où il s'approche de sa femme, ou celle dans les escaliers du bordel, ou l'autre encore, de son pote se faisant taillader plus que sérieusement, je m disais, quand Van Damme marche, rien ne peut l'arrêter, c'est nous qui le savons, c'était peut-être pour ça, l'échec d'Alexandre, un héros avance, Alexandre n'avançait pas, ou pas assez vite, c'est-à-dire il doutait, le film doutait, (Gary Grant, ses doutes faisaient partie du film, étaient la condition de la comédie, Alexandre, non), Van Damme avance, et on sait que ce sera terrible,
janvier 23, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.01.22
V,
- Je pensais à ce film de Rohmer, "Conte de printemps", et je me disais : Demain je vais voir le Van Damme, (puisque c'est le seul évènement notable de la rentrée, (j'aime beaucoup Van Damme, je le compare à Gary Cooper)),
janvier 22, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.01.20
V,
- La fin, non, le film non, le scénario oui, la mise en scène, non,
- C'était un peu rapide hier, je sais, cette façon de parler de ce film, quoiqu'il se résumait bien à ça, un scénario plus intelligent que la mise en scène, (il faudrait plutôt dire sans un premier temps, mise en images, (références réalisme poétique, réalisme soviétique)), donc la séduction (puisqu'il y avait séduction) provenait, entre parenthèse, directement, historiquement, du réalisme poétique, (cette manière d'engorger l'image, de rajouter de l'ambiance à l'ambiance), cela dit j'aimais bien l'idée de ces notes, de ces post-it, de cet homme maigre, je me disais le type est Hitickockien dans les carrefours, et par rapports aux feux rouges, il l'est par rapport à Gombrowicz, mais pas par la musique, je me disais aussi, après, que ce genre d'esthétique, n'était finalement qu'une esthétique d'aquarium,
- "The machinist", de Brad Anderson.
janvier 20, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.01.18
V,
- Je savais pas, il faisait froid, j'avais mal au pieds, j'avais mal dormi, je venais du médecin justement, je voulais rentrer, j'avais faim, mais je voulais voir un film, mes pieds c'était comme si on m'avait donné des coups de marteaux, la douleur remontait, chaque jour la douleur remontait, et empirait, il fallait changer les semelles, je ne pouvais plus marcher presque, le footing encore moins, il fallait vraiment changer les semelles, en même temps je me demandais, je vais voir "Innocence", je vais voir "Alexandre"? "Alexandre" est plus long, nettement plus long je pensais,et je veux pas traîner, j'ai mal aux pieds, encore 4 jours jusqu'aux nouvelles semelles, vendredi, et ça ira mieux, je me disais "Innocence" c'est à 14h10, ça dure 2 heures, "Alexandre", c'est à 13h30 ou 14h00, et ça dure 50 minutes en plus, non 1 heures, 2h50 c'est long je me disais, c'est presque 3 heures, surtout quand vos pieds vous brûlent, je voulais un café, un bouquin, mon divan, entre-temps je m'étais décidé, "Alexandre" c'était plus direct, il y avait moins de changements donc avait moins à marcher, et pour le retour aussi. Pendant le film je pensais, ce film n'a pas d'ambition esthétique, (comme on dirait une ambition politique), ce qu'il recherche est le spectacle, et le spectaculaire, comme ils ont fait les critiques avec lui, ça servait à rien, c'était une faute de goût, moi j'ai aimé ce film, il est mauvais, il est chiant, trop long, j'ai manqué partir, mais j'ai aimé, bien sûr il y avait les aigles les boyaux, ce symbolisme. Pas grave je me disais, ce film n'est pas différent des autres, c'est pour ça qu'on peut pas en juger, il n'est ni pire ni meilleur, il est pareil et ce qui est pareil n'est plus mauvais, il est manufacturé, toute critique devenant alors inutile, je veux dire, un film manufacturé est d'abord un film qui déçoit, puis éventuellement, ou parfois, un mauvais film, il n'est jamais à priori un mauvais film, c'est une erreur, une faute de goût de prétendre cela, (un film manufacturé ne réclame que sa part de marché), il n'est que la suite de l'autre, donc difficilement isolable, (?), ou identifiable, je veux dire, si l'on critique l'un, il faut critiquer l'autre, et critiquer l'ensemble, et savoir critiquer l'autre, c'est-à-dire l'ensemble, et devenir Marxiste, (rires), en attendant, critiquer l'un sans critiquer l'autre, sans savoir critiquer l'autre, sans savoir critiquer l'ensemble, relève plutôt du préjugé, m'étais-je dit, (rajout), c'est à dire, les critiques ont besoin de ne pas aimer "Alexandre" et de le faire savoir, ça leur permet d'aimer "Un dimanche de fiançaille", (qui lui, même avec l'argent de la "Continentale", avait eu le mérite de faire travailler de vrais Français, (puisqu'on en est, une fois de plus, toujours là, le sang, la patrie, (le maréchal))), beurk
- "Alexandre", d'Oliver Stone.
- Un entretien "inédit" avec Foucault, là
janvier 18, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.01.17
V, (brouillon)
- Et puis je me suis dit très vite, c'est pas parce que c'est basé sur des faits réels qu'il faut que ça soit mauvais, la réalité supposée ne devrait pas empêcher un film. Le type, le réalisateur ne mimait même pas, enfin c'était pas le mot, il avait pas de solutions, il s'avait pas faire autrement, il avait pas confiance, tout était sur-signifiant, dit deux fois plutôt qu'une, rien n'était inutile, tout était dit d'un air grave, il ne nous laissait jamais en paix. A mon réveil j'ai compris une chose, ce n'était pas de la fiction, la question n'était même pas posée, c'était simplement une reconstitution, c'était pour ça qu'il mimait, j'avais pensé à cet instant là, et je l'avais noté, "c'est pas parce qu'on voit ce qu'on voit, qu'on voit à peu près la même chose",
-
- Mais je me disais aussi cela, le film n'étaitt pas story-boardé, il était écrit à l'avance, tout était déjà dit, d'où l'aspect reconstitution, tout était déjà dit, aucun accident n'était possible, [aucun intervalle]. Je me disais, le cinéma est ce qui ne devrait pas être, l'ensemble de ce qui ne devrait pas être, je relisais il y a peu un livre de Badiou, je le relisais mal, mais il disait, si je m'en souviens bien, que l'évènement était ce qui n'est pas voulu, c'était de l'extraordinaire qui n'était pas voulu. Une fiction, je me disais, est en somme, d'une certaine façon, et entre autre, ce qui amène, ou provoque l'évènement, (Rosselini, "Voyage en Italie"), je me disais, une fiction c'est aussi, d'une certaine manière, et entre autre, savoir s'arrêter, ("Elle et lui, Mac Carey), bouger sans cesse sa caméra n'est pas de l'ordre de la fiction, me disais-je, mais un mouvement continu vers la fin du film, mais une course vers la fin du film, vers, et de préférence, le happy-end,
- "L'autre rive", de David Gordon Green.
janvier 17, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.01.15
V, (préambule)
- Je terminais mon mail ainsi, "J'arrive de "quinze jours ailleurs", j'avais jamais vu, j'aime pas, raté, mieux
que le Truffaut, plus sec, mais raté," j'aurais pû ajouter, la preuve quand même que Truffaut est un mauvais cinéaste, et j'avais oublié de parler de cette fameuse couleur que les crevures ne cessent de citer, à propos de Minnelli, je m'étais dit sur le chemin du retour, "he bien, y a pas de quoi être fier", je m'étais dit, évidemment qu'on ne voit qu'elle, elle s'étale, elle se répand, y en a trop, mais c'est pas gênant. S'ils ont trouvé que ça à penser les crevures, à propos de Minnelli, ça et la danse, pff.. Dans ce film, et souvent chez Minnelli, les choses étaient en cours, déjà commencées, l'histoire racontait la même chose, quelque chose de commencé, Minnelli au fond, souvent, parle de lui-même, il applique à son film ce dont il parle, Kirk Douglas traverse le film, il est acteur dans l'un, et traverse l'autre, c'est dans la logique du film qu'il se fasse virer, Minnelli sachant (de plus) qu'il a raté son film, c'est-à-dire, il avoue qu'il a raté son film, ou il se l'avoue à lui-même,
janvier 15, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.01.14
V,
- J'avais lu quelque lignes sur ce film, "A corps perdu", dans la chronique de Bayon, mais peu, parce que refuse de lire quoi que ce soit avant de voir le film, je ne lis que le résumé, ou Bayon aveuglément, mais juste les premières lignes, juste au cas où j'aurais oublié un film, sinon je ne lis que le résumé de l'officiel, ou les titres en gras, j'étais donc allé voir ce film, je pensais que c'était un polar, un navet Américain, donc un film que je ne pourrai qu'aimer, et puis bon. Il était Italien le film, je me disais, les acteurs Italiens ne pleurent pas, ils sont durs, ils sont secs, y a pas de gras chez eux, ils cassent mais ne plient pas, comme on dit, les actrices Italiennes, tout au moins celles du film, (ceci pour ne pas tomber dans le cliché), les actrices Italiennes sont belles, (quoique je me demande si Pénélope Cruz ne serait pas Espagnole), et puis je me suis dit, merde, ça serait pas le film de Castellito ça, c'est pas un polar, mais c'est de qui je me disais? A la fin du film, bon, c'était Castellito, un moment, passait un film de Pelechian à la TV Italienne, je me disais, merde, ils ont de la chance en Italie, tout au moins, oui, même si c'était il y a 15 ans, un film de Péléchian à la TV, c'est pas ici que ça arriverait, je me disais, il y a 10 ans, un peu moins, on voyait encore le film de Gorin à la TV, chez Arte, on le voyait en VO, "Poto et Cabenco", ce qui semblait logique pour ce film là, je me disais, ils l'ont repassés il y a peu sur Arte ce film, il y a quelques mois, ils nous ont bien fait sentir qu'on devait les remercier pour ça, qu'on devait s'estimer heureux pour ça, ils l'ont passés en VF, mais ils nous disaient, enfin pas frontalement, ils nous disaient on avait de la chance, estimez-vous heureux, taisez-vous, c'était en Vf , mais taisez-vous, bref, le film était vraiment mauvais, il y avait des choses, comme ça, mais sans plus, rien qui vaille qu'on s'en mêle...
- "A corps perdu", de Sergio Castellito.
janvier 14, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.01.13
V, (brouillon)
- Pour le Olmi, je me demande si réellement le film est projeté pour nous,. Evidemment que oui, mais le film, je veux dire l'autre? Plutôt le sentiment qu'il est projeté pour les clients du bordel, (ce qui en même temps est logique puisque c'est une esthétique de bricolage et de foire), notre position, à nous, en temps que spectateur, la seule qui nous soit accordée est au mieux la cabine de projection, (sauf qu'il n' y en a pas), mais la seule qui nous soit accordé est la porte latérale gauche du fond, en tant que spectateur, ce qui nous appartient, sont les plans sur la salle elle-même, certainement pas sur la scène. Il y a un plan pour ça, lorsqu'elle tire sur la cloche et qu'il sursaute, il est dans la salle et il sursaute, c'est la preuve, le film n'existe pas. Ca pourrait être gênant, mais c'est ce qui est beau, nous sommes une partie en plus du film, je veux dire, nous faisons partie nous même du film, nous ne pouvons et il ne peut, j'aimais beaucoup évidemment les rappels au règlement qui parsèment le film, les précisions... J'avais noté ce mot, "de la fémina", j'avais pensé d'elle, qu'elle était une épousée, curieusement au sens de veuve, ou de seule,
janvier 13, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.01.12
V, (brouillon)
Je cherchais le mot juste, pour ce film "Gozu", de Takashi Miike, ça pouvait être celui-ci,"touchant", parce que contrairement à ce qui était indiqué quand je le téléchargeais, il n'y avait pas de sous-titres, et que cela n'avait aucune espèce d'importance, je comprenais absolument tout ce qui se disait, Takashi Miike, probablement sans le savoir avait fait un film muet, c'est-à-dire que le sens du film ne venait que de la mise en scène, (que les dialogues étaient une histoire entre le film et le film, et peut-être aussi pour les spectateurs Japonais, c'est-à-dire, les personnages se parlaient entre eux, sans que nous, nous sachions de quoi il retournait), en cela il était touchant, (et même précieux), il était beau, cela résultait de sa part d'une recherche de l'image juste,(hum, mais pas au sens Godardien, à revoir) il voulait juste faire son métier, c'est-à-dire, il essayait de se poser deux ou trois questions, et cela suffisait, il faisait son métier, je veux dire, il se posait deux ou trois questions et cela suffisait, et cela ne suffisait pas pour le Guy Maddin, ses images étaient belles, et cela ne suffisait pas, ses images étaient vraiment belles, et cela ne suffisait pas, c'était comme un ralentissement, comme un ralentissement du cinéma, il prêtait attention à la beauté de l'image, à quelque chose qui ne pouvait plus avoir lieu, il n' y avait pas la nécessité à cette beauté, le film ne la réclamait pas, (ou plus, parce que trop tard), c'est le metteur en scène qui l'imposait, il voulait nous toucher, ses images ne fonctionnaient que sur la mémoire, la sienne et la notre, la mémoire collective du cinéma, mais rarement elles tenaient compte du film lui-même, elles n'étaient que rarement jamais la mémoire d'une image séquence précédente, chaque image n'avait de fonction que de nous émouvoir, le film c'était ça, un ensemble d'images émouvantes, que l'on aimait trouvait belles ces images, mais jamais on ne pouvait parler de plan, je ne sais si l'on pouvait parler d'images-scénarios, mais c'était comme un film d'animation, les mêmes clins-d'oeil, la même fonction, (...), il n'osait même pas le fétischisme, (qui justement lui aurait demandé un cérémonial, une cérémonie, (donc un peu de temps)), on pourrait dire qu'il n' y avait jamais mise en scène de son fétischisme à lui, mais plutôt reproduction ou exploitation de son fétischisme à lui, sans que cela ne débouche sur rien, les images du passé n'étaient jamais interrogées mais données comme un paradis perdu, (ce qui est absolument faux) et déconnectées de tout ce qui aurait pû s'apparenter à de la fiction , je me disais au fond, il y a quelque chose de morbide à l'oeuvre, de désagréable, je me disais Takashi Miike, lui quand même, avec son film "Gozu", il ne chipote pas, il ne fait pas semblant, il ne bruite pas, il n'est pas dans l'imitation, son film est réellement muet, justement à cause du son, (et pas malgré), je veux dire, son film, il y a un langage,(...), les gens se parlent, parlent entre eux, on entend les voix hors-champs, et pourtant le film est muet, je veux dire, le film muet c'est lui qui l'a fait, malgré le son,
- Guy Maddin était dans une glaciation d'une forme, même pas d'une forme, d'un procédé technique, il n'était pas dans une forme, c'est-à-dire la forme chez lui n'était pas la conséquence de la mise en scène, ni d'une pensée, il n'a pas idée des conditions de l'émergence de cette beauté-là, il ne comprend pas que c'était une conséquence, que c'était presque par erreur, tout au moins accidentel, disons la beauté du muet était une conséquence de la mise en scène, pas un à priori , rien n'existait au préalable, chez Maddin si, chez lui l'image existe avant le plan,
janvier 12, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.01.10
V, (en cours)
- Au fond Minnelli est plus proche d'Ozu que de la comédie musicale, me disais-je, par ailleurs il s'agit dans ce film, de lutter contre un devenir tableau, incarné d'une certaine façon par le frère, qui lui-même est dans la lutte, est dans la composition continuelle de ce tableau, (ou sa sauvegarde), le père dans "Thé et sympathie", le frère dans "Comme un torrrent" sont comme des êtres instables, installés dans la conservation du tableau qu'ils ne possèdent pas, ou ne pensent pas pouvoir ou devoir posséder, beaucoup plus que (...), Le père, le frère vont toujours dans le sens du tableau, il y a une panique à l'oeuvre chez eux, un effondremment si celui-ci / ceci pour le scénario, qui n'est en tout état de cause, chez Minnelli qu'une indication de mise en scène, (
- Note provisoire: son film le plus proche de Griffith
janvier 10, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.01.09
V,
- Je n'aime pas ce que je vais dire, je détesterai toute personne le disant, (d'ailleurs je nierai l'avoir écrit si l'on m'en parlait) j'ai remarqué et sans trouver de réponse à cela, que dans chaque film de Minnelli, est présente une cuisine, l'étrange est qu'il ne s'y passe apparemment pas plus de choses que dans les autres pièces,
- Je me disait en revoyant "Comme un torrent" à la tv, quel drôle de rôles ont les pères dans les films de Minnelli,
- Note, j'observais encore que les acteurs observent le plan
- Note, je crois que chez Minnelli, le monde est donné comme un paradis,
janvier 9, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.01.07
V,(notes)
- Je me rends compte, dans ce film, il n'intervient pas, Minnelli, il est effaré, (autant que Miss Reynolds), pour ne pas dire il est hébété, c'est-à-dire, il enregistre la permanence des choses, (c'est pour ça que les décors, puisque au fond représentant la société, sont si importants dans certains de ses films, c'est une permanence décorative idéologique, (le père)) les gens dans le film ne se parlent pas ou peu de face, (face à face), mais face à nous, de profil comme disait Guitry dans "le nouveau testament", ils vivent et parlent de profil. Il y a comme une panique, il s'agit que les choses soient nettes, chacun sa place, (c'est peut-être pour ça toutes ces portes et fenêtres chez Minnelli, la porosité) il s'agit [pour eux] de n'être pas contaminé, (je remarque que non seulement "Mods" pourrait dériver d'une esthétique Aldrichienne, mais aussi Minnellienne, (les leçons de maintien)), tout en sachant que "Mods" pourrait provenir aussi de "Nouvelle vague", j'avais noté, pour "Thé et sympathie", qu'il s'agissait d'un film d'horreur, j'avais noté le nom d'Armory Korine, et son "Julien Donkey boy", la même fureur,
- Note, elle lui enlève son pardessus, c'est filmé comme un déshabillage
- Note, les personnages sont toujours au bord, (mais ne passent jamais)
janvier 7, 2005 in Spectre 01 | Permalink
V, (mail)
- Cela dit pour le Olmi, certains ne partagent pas mon sentiment, ce qui est bien finalement, ainsi il me sera difficile de me contenter de généralités, hier j'ai lu pour la première fois en entier le texte de Rivette sur Hawks, je relis un peu Daney aussi, que je n'aimais guère, parce qu'ayant défendu beaucoup de films qui ne le méritaient pas, et qu'au fond, ce qui arrive maintenant est un peu de sa faute. D'une certaine façon aussi, je ne l'aime pas parce qu'il a parlé des films de son époque, et je l'en rends responsable, (alors qu'il ne les a pas réalisés et qu'il n'aimait pas non plus son époque) et je lui en veux (ce qui est tout-de-même un comble) de s'être fait récupérer, (comme Farber par Mia Hansen-Love), en le lisant, je suis surpris de ce qu'il disait sur Beinex (très beau), ou sur Jacquot, mais je ne pourrai jamais lui pardonner qu'il les ai tout de même aimés ces gens là, (Téchiné, Jacquot, Doillon probablement), ou qu'il fût même bienveillant à leur égard, sinon qu'il en parla, je lui reproche une part de ce que pourtant lui-même n'aima pas...
- Hum.
janvier 7, 2005 in Spectre 02, (patakès et amerturme) | Permalink
V, (préalable)
- Devant une telle perfection, (je viens de découvrir "Thé et sympathie"), je ne me permettrait pas d'écrire plus que cela, et puisque j'ai la cassette chez moi, je le regarde à nouveau, ( je me dis, c'est au moins le troisième chef-d'oeuvre que je vois ce mois-ci, ça me laisse un peu sans voix, je me dis, j'ai beaucoup de chance, je le mérite, mais j'ai tout de même beaucoup de chance), je rajoute, j'ai fini la scéance recroquevillé sur mon fauteuil, emmitoufflé dans mon manteau, en mordillant le col.
janvier 7, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.01.04
V, (brouillon)
- donc j'ai vu le Olmi, j'en parlerai plus tard, je poste juste pour que la note soit datée d'aujourd'hui et pas de demain, le film était magnifique, à tel point que j'ai pensé quitter la salle, je tremblais, mes doigts étaient paralysés, je pesais des tonnes, ce film me paralysait,
- donc j'ai vu le Olmi, hier, et ce film me paralysait. Je ne sais pas écrire sur ce que j'aime, je voudrai que cela soit parfait, (...)
- j'écrivais donc plus haut, mon incapacité devant ce film, cette chose dite, il s'agit en amorce d'un jeune homme se rendant à un spectacle théâtral dans ce qu'il semble être une fumerie d'opium ou un bordel, la fonction du lieu n'a aucune espèce d'importance, elle est pour ainsi dire fictive ou fictionnelle, on pense aussi à Tintin. Le film est lui-même sa propre fiction, c'est-à-dire, le film est lui-même sa propre représentation, est lui-même sa propre scène (puisqu'il y a toujours rivages), l'un est toujours le fantôme de l'autre, nous mêmes, nous, devenons, nous-même, nous, une extension du film, comme filmés aussi , par lui,
janvier 4, 2005 in Spectre 01 | Permalink
V,
- Je sais pas où elle est cette note, je la trouve pas, je me souviens très bien de ce que j'en pensais du film, pas beaucoup de bien, plus exactement aucun bien, que les personnages principaux soient blancs ne me gênait aucunement, que des Américains aillent vivre et travailler au Japon, étant quelque chose de tout-à-fait concevable, en faire un film me semblait même être une bonne idée, puisque potentiellement Rosselinienne, ce qui me gênait était ce chef de service blanc, dont le film n'avait pas besoin, sa présence ne nous disait qu'une chose, que les Japonais n'étaient que de la figuration, du décor, non seulement le film était épouvantablement mauvais, mais intrinsèquement raciste, que le réalisateur fût lui-même Japonais prouvait bien sa stupidité profonde, (je me dis que le gouvernement Japonais devrait le poursuivre pour trahison et négationisme, et que puisque la peine de mort existe encore là-bas, l'exécuter promptement)
- "The drudge", de
janvier 4, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.01.03
V, (brouillon)
- Au risque d'être simpliste, je me disais que c'était pas étonnant qu'il se réincarne l'autre, et qu'il meure à nouveau presque de la même façon, je me disais l'autre jour que chez Minnelli, ils semblaient tous, tout faire pour la seconde fois, (au risque d'être simpliste parce que cela me parait trop évident dans ce film), c'était pas étonnant qu'il meure à nouveau, puisque tout est en boucle chez Minnelli, la démonstration semblait parfaite, trop, je me disais quand même qu'il était un logique de faire un tel film, mais justement un peu trop, que le trait était cette fois trop gros,
- "Au revoir Charlie", de Vincente Minnelli.
janvier 3, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.01.01
V,
- Le film, je l'avais déjà vu plusieurs fois à la TV. Aujourd'hui, c'était l'odeur de ma voisine, et son parfum, sa voix un peu rauque et en accord parfait avec le film. Ma voisine était en accord parfait avec le film, et du coup, moi-aussi. Je respirais son parfum, c'était suffisant.
- Lorsque Maxie fait son entrée, le temps du film passe au passé, le film change de statut, une sorte de séparation a lieu, et quand elle dit, en voix off si je me souviens, "j'avais le plaisir de revoir Maxie", ils sont alors, et dès lors, dans la contemplation du film, le temps est scindé, ils sont eux au présent, le film est au passé, ou alors, nous, nous sommes au présent, disons que le film se fait sans eux, presque, que la bande défile,
- Maxie représentant peut-être l'empêchement de la danse, le producteur ou le spectateur, notre condition mortelle, la lourdeur scénaristique, peut-être le désenchantement ou la tristesse de Minnelli,(rajout).
- "La femme modèle", de Vincente Minnelli.
janvier 1, 2005 in Spectre 01 | Permalink
V, (mail)
Bon, je vous réponds rapidement parce que l'avoue cela m'énerve un peu, aucun des cinéastes que vous me citez ne m'intéressent ou ne m'intéressent réellement, je refuse de parler d'Hitchcock parce que c'est la bonne excuse ou le prétexte, c'est la chose dont tout le monde parle depuis plus de 50 ans, (aimer Hitchcock est d'ailleurs, je l'ai entendu une fois, un critère lors des entretiens d'embauche, un critère patronal) sans cesse, toutes les revues en parlent chacune une fois l'an, les cahiers, vertigo, etc, pour moi le cinéma n'est pas là, c'est un débat scolaire ou une conversation scolaire, le cinéma qui se fait actuellement et qui est le plus intéressant n'est pas ou plus montré à cause de ce retour scolaire sur toujours les mêmes personnes, Fitoussi et compagnies sont des merdes, je subis leurs films,Claire Denis n'est absolument pas respectable, en rien, c'est une merde, elle et Assayas, je subis tous ces textes sur Hitchcock, pendant ce temps là les films ne sortent pas, ceux dont tout le monde ne parle pas, c'est pour ça que je me vois pas écrire dans une revue, que ce soit la votre ou une autre, c'est toujours les mêmes noms qui reviennent, je n'ai pas envie de me justifier indéfiniment sur le mot hors-champs, ou de parler indéfiniment sur ce mot, j'en parle suffisamment dans mon blog, après cela devient justement et effectivement de la justification, et certainement pas un échange, surtout un échange au nom de Hitchcock De Palma Fitoussi Desplechin. Actuellement il faut tuer Hitchcock, peut-être même Ford Godard et Dreyer ou Bresson, je ne parle même pas de Truffaut et Tarkovski, en parler c'est travailler pour Frodon Bergala et tous les chiens du cinéma Français, Hitchcock est une composante de la france cinéma Raffarinienne, Fitoussi Bonello, pff, je comprends pas qu'on puisse en parler, le compromis c'est ça, c'est accepter de parler de Desplechin ou d'Assayas et d'accepter de vous écouter à propos de Desplechin, et ça certainement pas, je veux dire, il n' y a pas à discuter à leur sujet, je ne veux pas me positionner par rapport à eux, ils ne représentent pas une ligne critique du cinéma mais une ligne journalistique, la ligne critique est ailleurs,
bonne journée
janvier 1, 2005 in Spectre 02, (patakès et amerturme) | Permalink