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23/01/2005

V,

- Le premier plan, le type qui veille ses morts, je me demandais de quel film ça venait, mais au fond ça n'avait pas beaucoup d'importance, l'important était de se poser la question, pas d'y répondre, l'important était que le film nous permette cela, le film était assez raté, ou un peu, ce n'était pas non plus très important,  un film Américain n'a pas à être réussi je me disais, la réussite d'un film Américain ne s'est jamais joué là. En exagérant à peine, un film Américain ne pose que des questions.

- Le générique était hyper classe, tu te disais que le film serait bien, et il y avait tous ces gros plans sur le visage de Van Damme, qui était de plus en plus beau, il y avait ce type, qui égorgeait cette femme, d'un geste sec et chorégraphique, tu appréciais comment Van Damme, à un certain moment était filmé, non comme un corps apaisé, mais revenu, ( Kacem disait: l'homme est un individu suspendu entre deux évènements). Tu te disais, aux Etats-Unis, ce pays magnifique, filmer le bonheur, c'était filmer l'impassibilité, (ou le présent), c'était une ascèse, tu voyais Van Damme comment il marchait, tu comprenais pourquoi ce film était plus beau que le film de la veille, ou de l'avant-veille, ce petit film pour crevures, "The machinist". Van Damme se déplaçait dans les formes, c'est-à-dire comme John Wayne ou Gary Grant, c'est-à-dire il y mettait la forme. J'aimais bien la scéance de torture à la perceuse, et la scène du centre commercial, et celle très belle juste après, les images de la circulation se superposant sur le visage de Van Damme, j'aimais bien aussi, j'aimais beaucoup même celle, absolue où il s'approche de sa femme, ou celle dans les escaliers du bordel, ou l'autre encore, de son pote se faisant taillader plus que sérieusement, je m disais, quand Van Damme marche, rien ne peut l'arrêter, c'est nous qui le savons, c'était peut-être pour ça, l'échec d'Alexandre, un héros avance, Alexandre n'avançait pas, ou pas assez vite, c'est-à-dire il doutait, le film doutait, (Gary Grant, ses doutes faisaient partie du film, étaient la condition de la comédie, Alexandre, non),  Van Damme avance, et on sait que ce sera terrible,

janvier 23, 2005 in Spectre 01 | Permalink