« V, ( c'est bien ce que je disais, même si) | Accueil | V, ( la pluie qui chante) »

30/06/2005

V, ( à venir)

- Il y a quelque chose d'excitant dans ces soirées, pensais-je, me demandant combien de beaux films je verrai, pour le film de Cécile Paris, "The doorman", c'était très simple, très beau, très court, c'était comme une nouvelle, c'était comme s'il n'y avait qu'un plan, et c'était l'équivalent formel d'une nouvelle, ( on a envie de dire, d'une nouvelle  de Raymond Carver). D'un rien, d'un plan presque unique et banal, d'une caméra tremblée, d'un homme au crépuscul, elle disait tout, on voyait peu, on le voyait de profil, ils ne disaient pas un mot, on voyait son torse, parfois, une fois son visage, elle le suivait, c'était le crépuscule, il ne se passait rien [de plus], et tout était dit, tout était passé, ( je veux dire, une fiction, par la forme juste, par son "humilité"), la fin, c'était le type qui retirait sa veste, il la laissait par terre, il s'éloignait, il y avait pas besoin de plus, c'était comme un long-métrage, on en savait autant, c'était magnifique, (et d'une tendresse folle), puis je me disais entre deux films, "la fidélité c'est ennuyeux, mais c'est aussi très excitant, c'est chercher du merveilleux, de la nouveauté dans la monotonie, dans quelque chose qui ne changera pas fondamentalement, c'est accepter que les choses ne soient jamais réellement différentes, le film de Cécile Hartman, "Relay", c'était ça, enfin il me faisait penser à ça, son entêtement qui gagnait tout, une propagation, quelque chose de l'ordre du parfum, comme du liant, des lumières qui clignotent, c'était presque comme l'effet Koulechov, c'était le film suivant qui m'y faisait penser, "Le silence", de Francine Jalu", film un peu trop douleur du monde, solitude urbaine, enseignes, téléphones portables, parce qu'au fond, l'effet Koulechov, c'était juste comme une question, "qu'est-ce que ça veut dire", "ça, est-il vraiment là, ( ou ça), ou ensuite différent", "est-ce obligatoirement différent, la minute suivante". Pour le dernier film, "Lettre du dernier étage", d'Olivier Ciechelski, il ne m'interessait en rien, même, je somnolais, ( tout-au-moins à part moi, ma voisine n'en sachant rien), c'était le genre de film que l'on voit  une ou deux fois l'an dans les festivals et ensuite partout, pleurnichard, pénible, lourdingue, gloseur, douleur du monde, exil intérieur, monde à travers la vitre, solitude urbaine etc, quelque chose de vraiment dégoutant, son réalisateur semblait penser la même chose, n'en point être très fier, tout-au-moins n'en point penser grand chose, j'avais trouvé ça beau, cette sorte de lucidité, "Point ligne plan, manifesto 1".

- Pour "Manifesto 2", le film d'Ariane Michel me faisait penser un peu à Fischli et Weiss, elle filmait des otaries en train de dormir, de ronfler surtout, je m'étais dit, "c'est drôle, on dirait que les ronflements ont un effet de ralentissement, il y a comme une dilatation formelle qui se produit", puis je m'étais dit, " mais elle a demandé, aux otaries, pour les filmer comme ça", je jure, on se posait la question, c'était obligé, c'était très beau, ( et ce bateau, on fond, on se disait, "il vient pas d'un film Hollywoodien genre "vaisseau fantôme" etc, il vient plutôt d'Antonioni, du "désert rouge""), le film de Christelle Lheureux et Apichatpong Weerasethakul, "Ghost of Asia", je m'étais dit sur le retour, repensant à ce qu'elle en avait dit, c'est exactement ce que j'y ai vu, c'est exactement ce que le film montrait, c'est enfantin, c'est exactement ce que j'avais compris, je n'osais y croire, c'est d'un culot, c'est magique, c'est ce que Bazin disait, et c'est ce qui se produit parfois, le film, c'était l'acteur de "Tropical malady", embarqué sur une île, filmé/projeté en accélérer léger, en voix off des voix d'enfants lui disant, de nager, monter une montagne, prendre un avion, une douche, manger des fleurs, des fruits, etc, c'était réellement enfantin, ( au sens enchanteresque du terme), pour celui d'Alexandra Rojo, pff, je m'en foutais,




- ( Cette nuit, j'ai rêvé que le film de Nicolas Rey, " Les soviets plus l'électricité", (), sortait enfin, je n'ai aucune idée du pourquoi de ce rêve,).

juin 30, 2005 in Spectre 01 | Permalink