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2005.07.31
V,
- Chez MacCarey, comme ça, je me dit, c'est toujours l'histoire d'une seconde fois, "a second shot", on pourrait peut-être dire aussi, la première plutôt de l'ordre de la convention, la seconde de l'ordre de la fiction, le film commençant systématiquement à la césure des deux, on pourrait ajouter, Asia Argento a fait débuter son film, ( Le livre de Jérémie), beaucoup plus tôt,
juillet 31, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.07.30
V, (mauvai genre)
- Je zappe sur "Bohneur" de Cédric Kahn, la scène du suicide, la scène pathétik du suicide, je repense alors au film de Le Roux, avec sa scène sur le toit, (...), et je me demande pourquoi ils se sentent obligé, les réalisateurs français, de plomber leurs films par des pleurnicheries, ( je repensais aussi à "Marius et Jeannette", de Guédiguian, comment j'avais eu honte, comment je m'étais caché le visage pour cette scène vers la fin, si ce n'était toute la fin, beurk), je me dis, ils ont ainsi le sentiment d'être profonds, une sorte de gravité de pharmacien pensais-je, puis je me disais, repensant au film de Kahn, le naruralisme français a toujours consisté à filmer les prolos, puis je me disais, il était obligé de lui mettre une chemise rouge fluo à son acteur? Fallait faire vrai? Ou bien fallait-il qu'on comprenne que oui, on avait rien à faire avec eux, une sorte de distanciation d'h/auteur, les re-mettre bien à leur place, ( dans leur mauvais goût), je me disais, au moins dans les films de Luc Besson, ( ses productions), les types sont habillés pas ridicules, je veux dire les prolos? Il y un érotisme du costume chez Europa-Corp, un érotisme des corps, et des costumes, mais ça, mes lecteurs peuvent pas savoir. Je me disais, ( chez Straub aussi les prolos sont bien habillés), voilà je préfèrerai toujours un film d'Europa-Corps à n'importe quel film d'h/auteur français et naturaliste, ( pour ne pas dire à n'importe quel film d'h/auteur français), de toute façon je hais le naturalisme, c'est quelque chose qui a à voir avec la phobie, et puis finalement, "Bonheur", à la revoyure, c'était pas si bien que ça, je me disais, cool, "Le transporteur 2" sort mercredi prochain je crois, j'avais adoré le 1...
juillet 30, 2005 in Spectre 02, (patakès et amerturme) | Permalink
2005.07.29
V, ( brouillon)
- J'ai toujours été déçu par le texte de Raymond Bellour, "Plier l'image", dans Trafic n°25, j'ai toujours été d'accord, et j'ai toujours été déçu. A vrai dire je ne l'ai jamais réellement oublié, j'y ai pensé presque tous les jours, ( plier l'image plier l'image plier l'image), et j'ai toujours voulu le réécrire. J'ai toujours tourné autour, et je n'ai jamais été d'accord avec lui, passé la première page. Pour être plus clair, j'ai toujours été déçu, passé la première page, je l'ai toujours trouvé insuffisant, bref, ce matin, enfin, je suis allé voir ce film, "Le livre de Jérémie", à la fin, tremblant, j'ai pensé que c'était extraordinaire un film qui commençait si mal, et continuait en chef-d'oeuvre, j'ai pensé, la première partie est absolument phobique, complètement De Millienne dans l'esprit, absolument inutile, ( ou pas inutile), enfin, complètement ratée, tout-au-moins complètement très 18ème siècle, ( en gros, dans la supposée déviance des classes populaires), pourtant, je ne conçois pas que cette partie n'existe pas, le film en a réellement besoin, comme un hors-champs, le film, en quelque sorte, a généré son propre hors-champs, c'est-à-dire que le hors-champs du film est, ou a été présent/visible, qu'il est là, on va dire, maintenant à l'état de pli, d'une façon presque Lubitschienne, quoique chez Lubitsch il faudrait plutôt parler de dépassement, c'est-à-dire chez Lubitsch, tout dépasse, le plan dépasse, le hors-champs aussi, mais chez Lubitsch il faudrait aussi parler d'éclat, ( et en cela il serait une sorte de précurseur Mékassien), chez Asia Argento, plutôt d'éclaboussures, ( en cela elle serait plus proche de Walsh que de Lubitsch), (chez Lubitsch, on pourrait parler aussi de débordement, le rire serait alors, lorsque cela déborde, l'action de déborder, presque l'entre-deux, la vague, en exagérant à peine, le rire serait le montage), ce que j'appelle dépassement chez Lubitsch, pourrait ressembler aussi à une suppression de la ponctuation, tout-au-moins d'une partie, chez Walsh, peut-être que le mot adéquat serait résonnance, chez Argento aussi, mais dans un sens plus Pollockien, un truc qui tache,
juillet 29, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.07.27
V, ( cher journal, Caro Diaro),
- Cher journal, aujourd'hui, plus exactement hier, je me sentais l'esprit contradictoire, me venait à l'esprit des vers de TS Elliot, ( ce qui est toujours chez moi le présage d'une indécision certaine, et d'un vagabondage à venir), "j'étais prêt". Cher journal, ce matin, ( donc hier), je me suis levé fatigué, c'était comme si j'avais bu la veille, ce qui était le cas mais peu, j'avais la gueule de bois, j'étais sans force, et épuisé, j'ai beaucoup de films en retard, et chaque jour qui passe paradoxalement ajoute à ce retard, ( parce que chaque jour me rapproche du mercredi), cher journal, chaque matin je me demande si si j'irai voir le film de Guiraudie, " Voici le temps", mais je suis tellement certain de la déception que je ne sais si j'irai le voir, je me dis à l'instant que si tous les crevures de la critique française n'avaient pas criés au chef-d'oeuvre pour le précédent, je n'en serai pas là, je ne me perdrai pas dans des altermoiments, il y aurait désir, ou pas, cher journal, là il n'y a rien, ni l'un, ni l'autre, la seule certitude des critique est leur détestation du cinéma Américain, leur inculture absolue, leur haine au fond de tout ce qui n'est pas français, ( ou bourgeois), cher journal, j'ai lu ce matin, donc hier l'article hillarant de Gilles Renaud à propos du film je le sais magnifique "Mr and Mme Smith", dans lequel il reprochait au film le traitement que lui-même lui infligeait, on aurait dit du Séguret, l'article était confus, transparaissait surtout la haine, le ressentiment presque national, cher journal, depuis presque une emaine j'ai entamé le dernier carton de cassettes non recensées, j'ai retrouvé,Carole m'affirmait que nous l'avions, le film d'Ophuls, "Caught", le film de Paradjanov, "Rapsodie Ukrainienne", plus un autre de lui, "Le premier gars", et pas mal d'autres, c'est surprenant, j'ai retrouvé aussi un film de Lang, "Le retour de Frank James", cher journal, je tourne beaucoup autour de Robbe-Grillet en ce moment, pas autour de ses films, mais de ses livres, je feuillette, je ne sais lequel acheter ( et lire) en premier, ( je connais évidemment ses plus célèbres), cher journal, j'ai ouvert un des ses livre, au Virgin Champs- Elysés, "Le voyeur", la première phrase était celle-ci, "C'était comme si personne n'avait entendu", cher journal, je suis allé au cinéma aussi, aujourd'hui hier, j'ai vu ce film "Shaun of the dead", une sorte de film de potes, le générique était magnifique, mais trop court, la séquence avec les disques dans le jardin était bien, la mère aussi, mais ce n'était pas vraiment nécessaire, c'était même assez navrant, cher journal, un film navrant est toujours magnifique en quelque sorte, cher journal, les films Américains, les pires, sont les plus beaux, c'est ce qu'ils ne comprenent pas les crevures de la critique française, que chaque film merdique Américain est d'abord de l'ordre du spirituel, de l'ordre de l'expérience intérieure, cher journal, aujourd'hui ajourd'hui, et contre toute attente je suis allé voir le film de Guiraudie, parce que je savais que je n'irai pas un autre jour, je m'en suis débarrassé sans remords, et suis ressorti au bout de vingt minutes, c'était un film inutile, morbide presque dans son inutilité, morbide et sans rage, sans pulsions, cher journal, tout film politique se doit d'appeler au soulèvement par les armes, que certains soient encore en vie, ( ou en liberté), prouve simplement que le film est raté, cher journal, chaque film politique se doit d'esquisser un futur même impossible, dans "Douches froides" c'était ainsi, cher journal, je crois que Guiraudie est le cinéaste qu'aurait dû être Judith Cahen, et ce qu'elle n'a pas eu le courage d'être, cher journal, je regrette vraiment de n'avoir jamais terminé mon post sur le film de De Mille, seulement, il me semble être devant le film le plus violent que je n'ai jamais vu, le plus sadien dans sa matière même, poursuivre le post me semble non impossible, juste impossible pour le moment, cher journal, ce film, je crois, c'est croire au mal, et il faut parfois du temps,
juillet 27, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.07.26
V, (brouillon)
- "La fille à la valise" est un mauvais film, pensais-je, un attrape-nigaud, dix fois j'ai failli sortir, et la fin était interminable et elle n'en finissait pas, il ne savait pas finir son film, je m'étais dit, il filme son scénario jusqu'à l'écoeurement, l'exaspération, le moindre pli de leur âme ne nous est pas épargné, l'image n'est que pli, m'étais-je dis, c'est écoeurant, elle s'étale, se vautre, je pensais, "c'est écoeurant toute cette douceur", ( copyright Valéria Bruni-Tedeschhi), le type est pas mieux que son frère, il est plus doux, c'est tout, mais il est pire, il paye, je veux dire, il ne drague même pas, il se contente d'être là, d'acheter sa présence, et d'être là, collant, gluant d'hypocrisie, je m'étais dit, c'est comme une limace, il colle avec son fric, plutôt il bave, j'avais pensé, il fuit, au sens fuite du terme, je veux dire, le réel, rien ne l'atteint, c'est là l'explication de sa douceur, il fuit, je m'étais dit, c'est pour ça qu'il ne comprend pas avec la robe, la fille, elle est encore vivante, et il ne comprends pas, c'est comme un énorme choc, il se sent volé, ( pour la bourgeoisie ce qui ne s'achète pas est forcément impur), floué, il est là, dans le jardin de l'hôtel, figé, la réalité ne s'achète pas, il découvre enfin le monde, c'est-à-dire, le monde ne lui obéit pas, la fin du film était terrible pour lui, il n'avait rien compris, et, voulant humilier, il s'humiliait lui-même, sa bêtise était de l'ordre du suicide, c'était pas très loin du film de Téchiné, "J'embrasse pas", le même genre de fin, on savait qu'il allait réapparaitre, mais en facho, je m'étais dit, au fond c'est un personnage pré Tarkovskien, la grâce à moindre frais, une innocence achetée, ou sanglante, c'était très interessant comment le film était mauvais, par comparaison à un film de Lubitsch, Lubitsch je ne sais pas si c'est un excès de réalité, c'est comme un grossiment, un gonflement, pour "La fille à la valise", c'était comme un excès du scénario, mais pas du monde, chez Lubitsch il y a comme un excès de débordement, chez Zurlini des intentions, mais chez lui, pensant au Chaplin visionné récemment, ça ne craque pas, il n'y a pas crise, ça ne joue pas, cela aurait pû être un autre, il y aurait eu peu de différences, chez Zurlini, il n'y a pas d'enjeux, en ça le film n'est même pas raté, c'est pour ça qu'il n'en fini pas, parce qu'il a trop à dire, il veut trop dire, Biette dirait que c'est un auteur, pas un cinéaste, ou un cinéaste par moment, par inadvertance, on pourrait dire aussi, il voulait avoir le dernier mot,
juillet 26, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.07.25
V, ( brouillon)
- Le Chaplin, "La comtesse de Hong-Kong", le film, c'est jamais par le scénario qu'il avance, on a envie de dire, c'est toujours par le plan de travail, ( je veux dire, c'est toujours par une question/décision formelle), c'est la structure qui tangue, ( ou qui craque par moments), je me disais, film d'ivrogne, ils vont finir avec le nez rouge, comme des clowns, je me disais, il ne respecte rien Chaplin, vieillard indigne, il est pas mieux qu'Ozu, toute la séquence avec la bouteille de champagne, je me disais, théoriquement, ils vont couler le bateau, à deux, ils vont le couler, ça me parait évident, il montre encore un visage impassible, mais c'est bien trop tard, ( est-ce que c'est Chaplin lui-même, en groom qui demande de fermer les hublots?), ce qui est dommage un peu, ensuite, c'est le sentimentalisme, ça ne correspond pas avec la structure, on est content, mais on était pas demandeur, on ne demandait rien, je crois,
juillet 25, 2005 in Spectre 01 | Permalink
V, (brouillon),
- Pour le Ozu, j'avais pensé qu'il n'y avait jamais de moments fixes réellement, qu'il n'y avait jamais de pur présent, qu'il s'agissait toujours de trajectoire, ( en même temps c'était faux), je m'étais dit, les pères, chez eux, le présent n'est que dans les gestes, n'est que dans un mouvement, un mouvement d'ensemble presque, pour les pères, me disais-je, chez Ozu, n'existe que l'ensemble, jamais le détail, jamais, le présent réel, chez Ozu, les pères ne lisent pas, ( les fils oui), ils n'écoutent pas de musique non plus, ( les mères oui), c'est une question de temporalité, ils n'ont pas le temps, ( et peut-être ne le possèdent-ils pas n'ont plus, alternative, ils ne le possèdent pas), toutes les décisions importantes, et curieusement concernants la vie privée sont prises systématiquement au bureau, peut-être pour une raison simple, qui serait que le temps n'y a pas cours, l'acte de travail en lui-même, le geste, n'étant qu'une projection, un geste , il y a une scène étrange dans "fleur d'équinoxe", en fait une et demi, la première, là, le type qui coupe la parole à son interlocutrice, apparemment par qu'elle le soûle, plus certainement parce qu'il refuse un temps présent qu'elle lui impose avec ses bavardages, on pourrait dire aussi, chez Ozu, les pères ne supportent pas d'être là, l'étrange de cette scène est "l'impolitesse", la fuite, ( et vers le travail), mais aussi comme un geste pour rien, presque surréaliste, ( on pourrait aussi penser qu'il ne s'agissait pour lui que de rejoindre à nouveau le flux, les pères chez Ozu, n'étant peut-être, qu'essentiellement un flux, ou partie du flux), et il y avait aussi une autre scène un peu étrange, là, ces types qui nettoient les carreaux, sans apparentes raisons, je pensais ensuite, chez Ozu, les pères veulent aussi maitriser le hors-champs de leur vie, avoir un mot à dire sur ce qu'ils ne voient pas, ( alternative, sur ce qu'ils ne voient pas très bien), en quelque sorte sur où, l'endroit dont ils sont absents, ( alternative, sur leur absence), sur où ils ne sont pas, le problème pour eux étant qu'au fond, ils ne sont jamais réellement nulle part,
juillet 25, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.07.24
V,
- Je me demande depuis hier, pourquoi "L'étrange mariage", de William Castle fonctionne si bien, une des réponses possibles est qu'il ne s'y passe rien, et qu'il n'y a pas de réelle dramatisation, juste au début le type n'est pas là, et ensuite il est coupable, c'est cette sorte d'in-tranquillité, cette lente ligne vers le malheur, presque DavidGodissienne [dans la détermination au malheur], cette poisse, même pas une poisse, une question géographique, le happy-end n'y change rien, il n'y échappera pas, de toute façon, [on sait qu'] il est coupable, aussi, ce qui le rend suspect, absolument suspect, est leur mariage, leur coup-de-foudre, cela ne se peut, je cherchais un adjectif, "frustration", en tout-point de vue le film fonctionne sur ce sentiment, ce qui est surprenant est la date de réalisation, 1944, c'est-à-dire, par rapport à Hitchcock, bon, à l'époque le film "noir" existait, mais...
- Oui.
juillet 24, 2005 in Spectre 01 | Permalink
V, ( brouillon)
- "Il n'y a pas grand chose à penser, m'étais-je dit, mais c'est suffisant"...
- En fait, je me trompais, "Les 4 fantastiques" était un des films les plus extraordinaires de l'année, et un des plus intelligent, ( cette façon d'avancer par abstraction, d'une façon presque spectrale, je me rendais compte que le cinéma Américain était de moins en moins formaliste, que plus le temps passait, plus il s'appuyait sur une sorte de mémoire collective du cinéma, qu'il fonctionnait de plus en plus par signes, qu'un geste/mouvement chez lui devenait alors comme une abstraction, il ne se donnait plus la peine de souligner, il n'avait plus besoin, ( nous étions là), je veux dire aussi, il n'avait plus besoin de certaines images, il savait que nous les possédions), pas très loin de "Capitaine Sky", d'une certaine façon c'était moins bien, mais ce n'était pas certain, c'était différent. A la fin du film je m'étais dit, "c'est aussi beau qu'un lieu commun, c'est toute l'histoire du cinéma, c'est le cinéma des drives-in et des petites culottes, des chewing-gum et des canettes de bières, des premiers préservatifs, c'est un saut dans le temps, c'est un retour vers l'innocence, et des premières branlettes", je m'étais aussi dit, "le cinéma c'est beau quand c'est rien aussi", ( quoique le Cédric Kahn était laid et rien), je m'étais dit, "c'est un rien Langien", certains n'y voient pas de mise en scène, alors que c'est Lang qui la dirige, ( évidemment c'est pas lui puisqu'il est mort), ensite j'ai pensé, "guili guili guili", je saurai pas vous dire pourquoi, je veux dire, le film c'était ça, vraiment innocent, presque idiot, je veux dire, presque associal à force de pas [vouloir] être adulte, presque Gombrowiczien, ( là j'exagère), très loin du sérieux TimBurtonnien, je me disais, le film c'est presque une grimace, enfin c'est de ce niveau, je veux dire, il fallait le juger à cette haune, c'est-à-dire, le juger pour ce qu'il est, un poème un peu régressif, un moment une séquence était aussi belle que le Stan Brakkhage d'hier, j'avais beaucoup aimé aussi le moment où le héros devenait tout mou, où il fondait presque, j'avais pensé à Jerry Lewis, à ses grimaces, je savais que cela n'avait rien n'a voir, n'empêche,
- il y avait des séquences très belles, celle où sa femme le rejoint en nuisette, et en pleine rue, sur le pont où elle lui rend son alliance, qu'il n'arrive pas à ramasser, le moment où l'autre prend feu pour la première fois, le moment où elle se déshabille sur le pont, (puisqu'elle a le "don" d'invisibilité), puis subitement redevient visible, le moment où il entre dans un bar, qu'il s'assied, et tombe, le tabouret ne supportant pas son poids, que les types présents s'exclaffent, j'avais beaucoup aimé que les types soient des beaux gosses, que la fille soit une barbie-pétasse, qu'un moment le film l'affuble d'une paire de lunette pour faire genre, et que cela ne convainc absolument pas, je m'étais dit, oui voilà, nous sommes en plein dans l'histoire du cinéma, la plus belle, je m'étais dit, je me sens aimé par ce film,
- "Les 4 fantastiques", de Tim Story.
juillet 24, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.07.23
V, (brouillon)
- Pour le Mekas, "Notes on the circus", je pensais au mot chiffon, ( comme Ponge avait pensé au savon), je pensais aussi à ce mot, froissé, ou froissement, mais le mot chiffonner était plus exact, mais chifonner dans le sens paradoxalement de froisser,
- chiffonner : attrister, bouchonner, caresser, chagriner, chipoter, choquer, contrarier, défriser, désoler, embêter, ennuyer, fâcher, faire de la peine, friper, froisser, heurter, intriguer, manier, meurtrir, offenser, peloter, piquer, plisser, préoccuper, remuer, taquiner, tourmenter, tracasser, tripoter.
- Antonymes : déchiffonner, défroisser, déplisser, repasser
- froisser : affliger, aigrir, aplatir, astiquer, bigorner, blesser, bouchonner, broyer, chiffonner, choquer, claquer, comprimer, contusionner, dépiter, déplaire, désobliger, écrabouiller, écraser, égratigner, émouvoir, être incorrect, fâcher, flétrir, fouler, friper, frotter, heurter, indisposer, meurtrir, mortifier, offenser, offusquer, piétiner, piquer, plisser, poindre, presser, serrer, toucher au vif, ulcérer, vexer.
- Antonymes : complaire, contenter, déchiffonner, défriper, défroisser, flatter, ménager, réjouir, repasser, satisfaire, tirer, toucher
- froissement : accrochage, blessure, bruissement, bruit, chiffonnement, claquage, claquement, conflit, frémissement, friction, friselis, frisson, froissis, frôlement, frou-frou, heurt, mortification, offense, plissement, ulcération, vexation.
- Antonymes : entente, harmonie, satisfaction
- J'avais pensé à ce mot ensuite, "rayé",
- Pour le Kubelka, "Arnulf Rainer", /.../ .
- Lemaitre, je l'avais jamais pris au sérieux, de l'expérimental pour bacheliers, de l'expérimental laborieux, pénible et vide, pff, le problème de Lemaitre, m'étais-je dit, est qu'il veut séduire, il veut être aimé,
- Le Stan Brakahage, "Fire of waters", j'avais noté, fascinant et doux, fascinant, c'est mon voisin qui avait prononcé ce mot, et c'était ça, pour une fois, on sentait que le silence n'était pas un apprêt, d'ailleurs je m'étais dit, ce n'était pas du silence, d'ailleurs le film n'était pas vraiment silencieux, c'était l'image(s) qui donnai(en)t cette impression,
- "T,O,U,C,H,I,N,G", ( de Paul Sharits pourtant), j'avais pas aimé, "IN/CONTRO/LUCE", de Giovanna Puggioni, beaucoup, il aurait pu s'appeller "à travers la forêt", et c'était l'impression que j'attendais l'autre soir du Civeyrac, je m'étais dit, l'état transitoire de l'image est la lumière,
- "Puce moment", de Kenneth Anger, je m'étais dit que cela aurait pu être des photos, c'était filmé pareil en tout cas, j'avais pensé à ce mot, "décompression",
juillet 23, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.07.22
V, ( Isabelle says), Potel
- "La guerre des mondes" ressemble à un départ en préretraite...
- (Stéphane Bouquet avait déjà dit un truc comme ça il y a dix ans à propos d'Oliveira),
juillet 22, 2005 in Spectre 02, (patakès et amerturme) | Permalink
V,
- Je n'aime [décidemment] pas "Minority report", ( il m'empêche [de penser]).
- On pourrait dire aussi, chez Spielberg, il y a toujours des espaces vides, (absents ?). Lorsque la précog découvre /ouvre le placard/les jouets de l'enfant. Je crois que la dernière image vient de chez Tarkovski, ( du "Sacrifice" et de "Solaris"),
juillet 22, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.07.20
V, (brouillon)
- Pour "Macao" j'ai pensé "Trois fois le chant du coq", je me suis dit que le film serait non de déjouer la tentation, mais d'aller contre ça, d'avoir pensé ça, c'est-à-dire en quelque sorte, un film contre le spectateur, puis je me suis dit, "le film ne nous induit même pas en erreur, méfiance, il nous fait croire que nous sommes les plus malins, méfiance"...
- Cela dit, je n'ai pas aimé du tout, "Macao", trop Wellesien, je veux dire, vraiment mauvais, alternative, "je veux dire, c'est vraiment trop [baroquement] mauvais", en fait, il m'indiffère,
- Pour "Les chaussons rouges", pff, suis c'était le seul film de Powell que je n'avais pas vu, suis parti lorsqu'il se lève en pleine nuit pour écrire son grand oeuvre, finalement, la qualité française, c'était pas si mal, ( non je plaisante), là on dirait un film de Chales Walters et consorts, je me demande qu'elle serait ma réaction à une nouvelle vision de "Colonel Blimp", "Le narcisse noir" et deux ou trois autres, ça fout le jetons un films pareil...
- Sur le retour je me suis dis que j'aimerai qu'il se prenne un tabassage en règle, Cédric Kahn, que c'est tout ce qu'il mérite, (avis à toute(s) personne(s) de bonne volonté), je ne sais/me demande s'il y a déjà eu des cas de reniemment aussi radical, ( puisqu'on ne peut même pas parler d'accadémisme, on pouvait le faire pour ses deux précédents),
- Regarde le tout début de "Fahrenheit 9/11", de Michael Moore, toujours cette fameuse séquence révélatrice au sénat qui me touche tant, et cette séquence, là, qui est la preuve, et de l'Amérique, et de la france,
juillet 20, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.07.19
V, (notes)
- Chez Lubitsch, c'est l'excès de détails, une sorte de pointillisme, on pourrait dire, c'est le détail en plus, c'est presque sans fin, le comique vient de là...
juillet 19, 2005 in Spectre 01 | Permalink
V, ( à venir)
- Et puis j'ai pensé, "des oiseaux petits et grands", c'est de ça dont parlait le film, en tout point de vue, je m'étais dit, et cela concerne évidemment aussi la mise en scène, c'est bien d'une étrangeté enfantine dont il s'agit, d'une étrangeté presque punk même, c'est-à-dire, le film prend réellement le parti de l'enfant, le film est l'enfant, c'est-à-dire, fait de son point de vue à lui, c'est en cela qu'il est punk presque, ( c'est-à-dire associal, tout au moins en sa première partie), c'est à prendre ou à laisser, ( puis le film semblait être encombré de lui-même, effrayé presque), la première partie, il s'agissait tout-de-même d'apparitions réelles, (filmées comme telles disons), et d'un devenir du film presque Bill Douglassien, apparemment, le réalisateur avait pas eu le culot suffisant, tout le machin avec le frère, pff, c'était juste un manque d'imagination, ou un truc de lâcheté, normalisateur,
- "Millions", de
juillet 19, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.07.16
V, (...),
- ( film hypocrite, et, esthétique de la meute)...
- "My summer of love", de Pawel Pawlikowski.
juillet 16, 2005 in Spectre 01 | Permalink
V, ( à venir)
- "L'année dernière à Marienbad"/"Shangaï gesture"/"2046"/ "Caught",
- Le film de Resnais, ce pourrait être comme un prélèvement, et comme une analyse aussi, ce serait comme la caméra analytique des Gianikians,
- La séquence du "dîner" dans "Shangaï gesture", comme au fond un brouillard, les types déjà figés comme chez Resnais, chacun étant comme son propre souvenir, comme des échos, chez Resnais comme chez Sternberg, les types on pouvait dire ça, qu'ils étaient des échos,
juillet 16, 2005 in Spectre 01 | Permalink
V,
- Pour mémoire, "L'occident", (Abendland), de Fred Kelemen.
juillet 16, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.07.14
- V, ( Dominique et moi), brouillon
- Le cinéma ce pourrait être ça, me donner des lieux. ( là, et là, ou là). Dominique Gonzales-Foerster a fait plusieurs films, Riyo, Central, Plages, etc, au Japon, à Hong-Kong, en Amérique du Sud, (...), hier donc nous sommes allés voir ce film de Tim Burton, "Charlie et la chocolaterie", il y a peu à en dire, Deep est vraiment extraordinaire, le film plutôt ennuyeux, absolument sans intérêt, et ne m'intéresse en aucune manière, hier nous sommes allés pique-niquer aussi, (...),
- Il n'y a pas de fiction, pensais-je, dans les film de Dominique Gonzales-Foerster, pas au sens où on l'entend, plutôt, il n'y a pas de récit, il y a évidemment fiction,une fiction qui serait le flux et le reflux d'un lieu, le passage, la traversée de ce lieu, la fiction serait le temps de pose plutôt, ce qui imprimerait la pellicule durant ce laps de temps, le flux d'une foule, et son reflux, des ombres, des voix, la fiction chez DGF serait la vie elle-même, la réalité elle-même, ( le merveilleux), ( alternative: une sorte de devenir merveilleux), il se passe peu de choses dans ses films, d'une certaine façon il ne se passe rien, c'est-à-dire il n'y a pas dramaturgie du réel, il y a fiction, c'est-à-dire, le réel s'enroule sur lui-même, (une sorte d'auto-érotisme),
- L'année dernière, je traversais la Seine par le pont ..., la vue m'était comme familière, je n'étais jamais venu à cet endroit, mais le lieu m'était familier, ce n'était pas simplement familier, j'avais le sentiment bien réel d'avoir déjà vécu ce moment, d'être déjà venu dans exactement les mêmes conditions, j'avais compris que ce sentiment me venait de la vision des films de DGF, les façons de la foule, l'endroit où j'étais, je m'étais dit, ce que je vois actuellement, ce que je regarde, est comme un cadrage de DGF, je m'étais dit, je comprends cette phrase "impression d'art", une fois déjà, je l'avais compris, je la comprends à nouveau, c'est comme une réminiscence, cela vient des pupilles, c'est presque comme de l'ordre de la projection, me disais-je, comme une pluie, je me disais, c'est comme la terre mouillée après la pluie, c'est-à-dire, je suis là et avant j'étais ailleurs, les films de DGF c'était ça, d'un seul coup je vivais ici,
- Note : Là,
juillet 14, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.07.13
V, ( mauvaise langue)
- Dans "Trafic" je lisais un texte sur Kubelka, que je connais assez mal, ( on trouve des films de lui sur emule), il y était écrit qu'il avait été co-directeur de la cinémathèque Autrichienne, je me souviens d'une fois où j'avais dit que pour la france, la seule comparaison possible était l'Autriche, en fait, finalement c'est inexact, en france, ce n'est pas Kubelka qui dirigeait la cinémathèque, mais à la même époque Tacchella, puis est venu Berri, ( en ce moment même), avec Assayas, Chéreau, Garcia, Corneau etc pour le conseil d'administration, voilà, en fait nous sommes pire que l'Autriche, ( même plus de l'ordre du sous-pays), ne pas oublier qu'il y a encore pas si longtemps Godard, Rohmer et Resnais voulaient acheter un cinéma, ils en furent empêchés, et que je sache, cela ne fit jamais scandale...
juillet 13, 2005 in Spectre 02, (patakès et amerturme) | Permalink
V, ( à venir)
- Je tourne, je tourne, je ne sais pas, pensais-je, ce n'est pas le tableau, même s'il faut autant parler de tableau que de plan, et ce n'est pas la façon d'en jaillir. Chez Griffith me souvenais-je, il s'agit de ne le laisser jamais vide, de ne jamais laisser vide un plan, de le recomposer sans cesse, chez De Mille, il n'y a pas la perte, de peur du vide, ( ce qui ne veut point dire que cette peur est présente chez Griffith), un extrait vidéo, là,
- Chez De Mille ce sont des forces contraires qui se font face, des forces contraires en elles-mêmes, des forces presque paradoxales, ce qui est dans le cadre n'y est pas, et vice versa, Loxi > Jack, Druzilla > Dan
- La personnalité absolument complexe du type, ( Tolliver), il n'est pas le héros, disons, il n'est pas désigné par le scénario comme le héros, mais l'est cinématographiquement, il l'est parce que son comportement est inattendu, qu'il est celui qui maîtrise la situation, ( alors qu'il ne la maîtrise pas par le scénario), c'est-à-dire la dramaturgie n'a pas de prise sur lui, il va contre le film, il défie le film
- En fait j'ai rarement vu film plus malhonnête, rarement vu aussi réactionnaire, une sorte hagiographie Sarkoziste, ( le type ressemble en tout point à cette merde),
- J'avais donc noté, "il défie le film", on pourrait ajouter, il était dans le film, dans le cadre, et ne l'était pas, il n'était qu'un élément du scénario, mais
-
juillet 13, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.07.11
V,
- Toujours la même chose me disais-je, pensant aux "dix petits nègres". L'autre fois, (presque comme d'hab), c'était le premier mort qui était l'assassin, c'était le cadavre en décomposition au milieu de la pièce, ( il se relevait à la fin du film, pas mort du tout), bon, le premier du film c'était un peu difficile, ( vu qu'il était en morceau), je penchais pour le mec en fauteuil roulant, mais c'était trop facile, ou le black, mais c'était pas possible, je m'ennuyais, je me disais que ce genre de film, quand même, il faudrait arrêter, c'était trop du snobisme, que d'un film l'autre c'était les mêmes passages, le mec qui flippait, celui qui se confessait, etc etc, et dans chaque film on avait droit à la séquence de sorties des flingues, etc etc, bon finalement on avait droit à la surprise scénaristique, c'était pas lui mais l'autre, bon, le duel dans l'eau était magnifique, d'anthologie presque, il renouvellait le genre presque, disons, ils avaient trouvé un nouveau truc, une nouvelle séquence calque...
- "Profession profiler", de Renny Harlin.
juillet 11, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.07.10
V, (brouillon)
- Sentiment que "Le secret magnifique", de John M Stahl ne fonctionne que lorsqu'elle devient aveugle, on sent alors une sensualité à l'oeuvre, ce n'est plus seulement nous qui regardons, mais lui aussi, qu'il y a quelque chose d'érotique dans son invisibilité à lui, comme s'il pénétrait dans sa chambre, ( son intimité grandissant du fait de son état), avant le film s'épuisait laborieusement dans la comédie mondaine, il devient aussi comme un homme neuf, et plus sans cesse une figure d'horreur, la cause, même indirecte de tous ses malheurs, il y a ce très beau moment où elle va vers la fenêtre, on se sait si elle revoit, ( tout au moins un peu, tout au moins une source lumineuse), ou si c'est pour se suicider, on dirait quelque tate le vide, l'air, le soupèse, en fait non, elle recueille de la pluie, puis il arrive, il y a un instant de silence, elle demande qui est là, on devine qu'elle l'a reconnue, qu'elle a devinée sa véritable identité, ce qui est dommage est que le film n'exploite aucune des bonnes idées du scénario, comme par exemple toute cette séquence, ce moment vraiment presque indécent, où il l'observe en train de lire,
juillet 10, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.07.09
V, ( brouillon)
- Un moment j'ai pensé que c'était d'un retour à l'envoyeur dont il s'agissait, de toute façon, me disais-je, Antonioni, ses images ont toujours été à la limite de la préciosité, là, il dépasse simplement un peu les bornes, il est simplement de mauvais goût, un peu vulgaire, c'est sûr, ça choque, ( le choeur: "c'est sûr, ça choque"). Oui, c'est sûr, ça choque, il nous avait laissé près d'une église, et maintenant son actrice se branle plein cadre, comme dans un vulgaire film de Brisseau, il serait presque aussi magnifiquement vulgaire, avais-je pensé. Je m'étais dit, c'est son film le plus rageur, le plus belliqueux, ce n'est pas son meilleur, mais il y a une liberté, une légèreté plus que réjouissante, pensais-je, on dirait presque un film porno dans sa manière de nous vendre tout ce clinquant, ce toc, cet érotisme chic. Au fond, pensais-je, il nous éjacule en pleine figure, ( pour ne pas dire, il nous pisse à la raie)...
- Le Wong Kar Waï était beau, simple, simpliste parfois, ( les ralentis comme un cheveux sur la soupe), Gong Li était magnifique, il y avait ce plan, pour le coup réellement digne de Sternberg où elle remettait sa mèche d'aplomb, un peu comme un boxeur reprenant ses esprits après un coup trop fort, ce n'était pas qu'il y avait quelque chose d'élastique en elle, non, c'était comme une explication de texte, une biffure, je veux dire, elle était comme une explication de texte, et le film était [comme] une biffure,
- Gon Li me faisait penser à Barbara Stanwwyck dans "Clash by night", à Dietrich dans "Rancho Notorius", à Joan Crawford" dans "Johnny guitar", à ce film de Dwan "Deux rouquines dans la bagarre", à une actrice du film plutôt, et à cette phrase d'un autre film de Dwan, "Du rouge à lèvres permanent, de la poudre qui ne craint pas les larmes, une voix rauque, et un grand "bonjour !",
juillet 9, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.07.08
V, ( brouillon)
- J'aimais bien comment il filmait Cruise au tout début, je repensais à ce qu'avait écrit Lefort, il y a longtemps, à propos de Deneuve dans le film de Garrel, qu'elle montait des escaliers en temps que Catherine D et que les redescendant, elle était devenu le personnage, chez Spielberg c'était pareil, en trois plans Cruise devenait ce docker AntonyMannien,
- Je m'étais dit, "c'est très étrange, cette femme enceinte, c'est curieux ça, qu'il habite la périphérie et si près d'un pont, c'est vraiment très étrange". Je repensais à ce texte dans les "Cahiers", il y a longtemps, qui parlait d'anus, il s'agissait encore de ça. Puis j'avais noté, "quand ça a commencé, c'était plutôt l'image", ensuite je me disais, ce qui est terrible c'est qu'ils peuvent pas s'empêcher de regarder, ça les tue,
- Cruise revenait, elle lui demandait, "c'est quoi le truc sur toi" ? Il se secouait, on comprenait que c'était de la cendre (humaine),
- Lorsqu'il conduisait, je me disais, "ils font le chemin inverse, ils font le chemin inverse", ( merci TB). En fait je me disais, c'est une histoire de peau, ou de gant, et l'image est retournée, déchirée, c'est tout. Puis c'est le noir, il n'y a plus d'image, quelqu'un dit "on est encore vivants ?", je me disais, ils sont passés de l'autre côté du pont maintenant, c'était pour ça qu'ils habitaient si près,
- "Tu vas vouloir regarder, mais tu ne le feras pas, gardes les yeux sur moi", et cet autre dialogue lorsqu'elle va faire pipi en pleine campagne, puis le cadavre qui flotte sur la rivière, et tous les autres ensuite, et lorsqu'ils croisent la colonne de réfugiés, on se dit oui, il s'agit bien d'un retour en arrière, comme il le faisait déjà dans "AI", la fille n'a plus de regard, pensais-je aussi, plutôt, elle n'a plus rien à regarder, ( qui ne serait peut-être que la fille de son film "Schindler list", quoique que cela me paraisse un peu facile, ( de penser cela)),
- Le train en feu !
- Lorsque le bateau coule, que la caméra les suit sous l'eau, je me disais, le film c'est ça, passer d'un endroit à un autre, d'un état à un autre, plus tard je me dirai, les extraterrestres, ce qui les a tués, c'est cet impossibilité d'appréhender le fond des choses, ils ne voyaient que la surface, (d'ailleurs le commentaire final ne dit pas autre chose), lorsqu'ils se réfugiaient dans la cave, c'était ça, c'était à ce moment là qu'on se disait qu'ils avaient perdus les "Martiens", parce qu'ils ne comprenaient pas l'image, ils ne comprenaient pas cet histoire d'espace, ils comprenaient pas que même une pièce carré pouvait être ronde, que c'était une question de volonté, je me disais, c'est ça, pour les extraterrestres, le monde est en deux dimensions,
- Il y avait un moment très beau aussi, juste avant la cave, lorsque le fils partait, parce qu'il voulait voir, on se disait que c'était comme le passage de témoin, pas d'un héros l'autre, parce que justement, Cruise n'était absolument pas un héros, il était juste celui qui faisait le lien, le héros c'était le fils, mais c'était hors-champs, ( plutôt cela le serait), Cruise ne faisait rien, il n'était à l'origine de rien, même à la fin il n'était à l'origine de rien, il faisait voir, (un peu comme Ed Cercueuil), il n'exprimait rien,
- C'était peut-être à ce moment là que le film se scindait réellement, que le film devenait double, ce que l'on voyait, et le reste, qui existait tout autant, ( au fond la femme enceinte ce pourrait être aussi nous, le spectateur), cet effet de voilage se serait là qu'il prendrait sa source, à ce moment là, ( lorsque le fils se sépare du père), je me disais aussi, Spielberg parie sur le spectateur, il met en scène un film invisible qui ne fonctionnera que sur la mémoire du spectateur, (hum)
- Un moment la fille se faisait enlever, sentiment que cela avait à voir, était une référence au film de Laughton, (le décor ?),
- La fin, j'avais lu qu'elle était "familiale", ( retrouver qui a dit cela, (Gilles Renault*)), alors qu'elle était simplement Fordienne, (La prisonnière du désert), que c'était quasimment les mêmes cadrages,et qu'elle nous éclairait sur quelques détails, ( le fait que son ex femme soit enceinte), qui était une manière de dire que les choses, au fond, depuis le western avaient un peu changées, qu'une femme ne se contentait plus d'attendre un type pendant dix ans, au fond le film reconnaissait un hors-champs, ( Ford aussi d'ailleurs), c'est-à-dire, que le héros ne l'était plus entièrement, que le monde continuait, qu'il n'en était qu'une partie, et curieusement je me disais, le foetus, c'est Cruise lui-même,
- Je me disais aussi, le fils, c'est le mouvement du film, d'une certaine façon c'est Spielberg aussi, c'est la transition, c'est comme une virgule presque,
- *"Ponctuée par un
dénouement terrassant de mièvrerie, l'antienne sur le respect et la
sauvegarde des valeurs familiales est assénée avec une lourdeur
comparable à la motilité des monstrueux tripodes qui anéantissent tout
sur leur passage", (là).
juillet 8, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.07.07
V, (zapping)
- "Les désaxés", ( de John Huston) / "Une étoile est née", ( de William Wellman), il ne peut rien arriver dans le Huston, tout est écrit, tout est en froncements de sourcils, tout est en ligne droite, question, qu'est-ce qui fait que dans le Wellman, tout est possible, toute semble possible ? Chez Wellman, l'espace du plan est présent, et non signifié ou signifiant, il y a comme du champ libre, chez Huston tout est sur(en)-cadré, tout est histoire de sourcils, tout est resséré, tout est indiqué, une sorte de raréfaction est à l'oeuvre, tout est écrit à l'avance,tout est déjà au passé, tout a déjà eu lieu, chez Wellman, le corps, l'acteur, chez Huston, l'image de l'acteur, chez Wellman, c'est l'inverse et son contraire, tout est possiblité formelle,
juillet 7, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.07.05
V, ( empreintes de pinceau n°50 répétées à intervalles réguliers)
- Lorsqu'apparut l'image du mont Fuji, je repensais à la première séquence du film, celle où l'on voyait plusieurs personnes s'en retournant tranquillement chez elles, (probablement de retour du travail), et me dit que ce serait quelque chose à voir avec la certitude, j'avais pensé un peu plus tard, "c'est comme un glissement", un moment le père annonçait au fils qu'il ne vivrait pas encore ensemble dans l'immédiat, le fils pleurait, puis l'on voyait son visage, le père non, ne le voyait pas, je m'étais dit, "Ozu choisit précisément sa mise-en-scène", vers la fin, lorsqu'il revoit ses anciens élèves, je m'étais dit que ce n'était pas obligatoirement une question de temps, le film, mais de formes qui sont encore là, (?), que le film n'était que l'histoire d'une forme par rapport à une autre, que cela n'aurait pu être que des traits et des taches ( des formes diverses), je m'étais dit, chez Ozu, d'un film à l'autre, c'est toujours les mêmes plans qui reviennent, un peu comme Toroni au fond, il y a peu de différences, c'est toujours un contraste ( une sorte de face à face) d'une forme identique par rapport à une autre forme identique, je m'étais dit, au fond, le temps c'est ça, je m'étais dit, chez Ozu ce ,'est qu'une suite de formes identiques, et le temps d'une certaine façon c'est ça, et la fiction c'est l'irruption d'une forme hétérogène/différente et son parcours parmi les autres formes...
- "Il était un père", Ozu.
juillet 5, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.07.04
V, ( mail)
- Vu la bande-annonce du prochain Cédric Kahn, vous ne me croirez pas si je vous racontais, ( une sorte de film en Vf genre le dernier Christophe Lambert, genre "Maman j'ai raté l'avion", une sorte de film de Noël), bande-annonce, ( là), heureusement j'ai aussi vu le film "Douches froides", c'est pas un grand film, mais j'ai beaucoup aimé, je l'ai trouvé très juste, il ne parle pas du tout de sexe comme on pouvait le croire, plutôt une analyse assez fine des rapports de classes, de la vampirisation, oui c'est ça, c'était un film de vampires, le synopsis disait ça "A 17 ans, Mickael est capitaine de l'équipe de judo et prépare le bac. Tout irait bien si sa famille n'avait pas des problèmes d'argent chroniques. Et surtout s'il n'était pas étrangement tenté de partager sa petite amie, Vanessa, avec Clément, nouvellement débarqué, dont le père est devenu le sponsor de l'équipe". C'était en partie inexact, il n'était pas tenté de partager sa petite amie, cela arrivait, mais le film ce n'était pas ça, ça c'était l'ultime conséquence, pour ne pas dire un aboutissement, le film c'était déjà la voix off, on se disait " ce sera un récit", comme on dit parfois, "ce sera un homme", la séquence suivante avec la mère, étit quelque chose de rare, vraiment rare, quelque chose de vraiment touchant, de très beau, ( ce sera en fait une des seules et plus belles séquences du film), quelque chose de Fordien, de beaucoup plus du côté de Ford que Pialat, ( heureusement), ( chez Pialat je suis pas certain, qu'il y ait hiératisation, ( au sens dignité formelle, ( héroïsation)), d'un personnage), (ne serait-ce que par l'humour, pensais-je encore), je me disais, ce qu'il cherche c'est inventer une histoire, leur donner une histoire, je me disais, ce sera une histoire d'équilibre, il s'agira de rester debout le plus longtemps possible, un peu plus tard, je me disais, "ce film, c'est surtout une pensée qui se cherche, plus une pensée qu'une forme, c'est déjà beaucoup, même si c'est dommage que la forme soit si peu présente", un moment je me disais, " ce qui lui manque, au film, c'est un peu d'hystérie", ( après que le père perde son emploi), il y avait un moment très beau, où les deux garçons étaient sous la douche, et ce moment tout de suite après où l'on voyait la fille seule, dans le gymnase, debout, puis lorsqu'elle allait aux toilettes s'essuyer, ensuite je me rendais compte d'un truc, ils ne combattaient plus pour eux, ils avaient été achetés, ils ne s'en étaient pas encore rendu compte, je m'étais dit, qu'ils couchent ensuite ensemble, les deux mecs et la fille en découle, il s'agit pour la bourgeoisie de ne rien laisser, puis je comprenais autre chose encore, le type, c'était le seul à qui il était demandé un effort, qu'ils couchent ensemble, à trois, c'était ça, il fallait aussi qu'il partage sa copine, il s'agissait d'être compréhensif, il y avait un autre moment, on voyait le père et le films à travers la vitre du balcon, c'était très beau, et très triste, ils étaient comme en exil de chez eux, en dehors d'eux-mêmes, je me disais ensuite, ça n'a rien à voir avec une histoire de sexe, c'est une histoire de possession, la séquence de l'hotel c'était ça, il commençait à comprendre, il se rendait compte qu'il n'était plus maître, ni des choses, ni de sa vie, on payait à sa place, on avait acheté/loué une partie de sa vie, il s'en rendait compte là, en même temps, je me disais qu'il découvrait le monde, il perdait le monde, mais en découvrait son existence, la découverte était au prix de la perte, ( tout au moins temporaire), de la dépossession plutôt. Lorsqu'il reçoit le photos, je me disais, c'est pour le narguer presque, lui faire comprendre qu'ils l'ont eu, que c'est fini pour lui, qu'il n'a plus rien, que tout a été acheté,et qu'ils veulent lui prendre même sa souffrance, qu'ils ne veulent lui rien laisser, même hors-champs, même le hors-champs, c'est pour ça la séquence juste après, où il vide ses poumons, il n'a plus d'âme, de vie à lui, elle s'échappe, plutôt, elle est aussi aspirée, je veux dire, même l'air ne lui appartenait plus, puisque trop lourd, (pour la compétition), (sponsorisée/vampirisée/achetée par le père), le père a acheté un droit de regard au fond, en fait, je me disais, repensant à la proposition médicamenteuse du début, la bourgeoisie n'est pas intéressée par l'expérience, mais par les résultats, elle n'est pas interéssée par le jeu, mais par le profit, je me disais, pour la bourgoisie il n'y a pas de parcours, il n'y a pas de temps, celui-ci n'existe pas, ( il s'achète), d'une certaine façon, l'entraînement du type, son régime forcé, c'est tout de même du temps à lui, puis, losqu'il la frappait, je me disais, c'était l'autre qu'il aurait dû frapper, l'autre, s'il ne le faisait pas, c'était justement une histoire de classe, les prolos ne comprennent jamais jusqu'où on les entube, je me disais, il commence à comprendre, mais pas assez, le père, le sponsor, j'avais bien aimé, qu'il ne puisse point voir à ce moment, je m'étais dit, c'est logique qu'il soit en chaise roulante, c'est pour que les gens baissent les yeux, c'est une logique scénaristique très belle, ils baissent les yeux, lui baisent presque la main, c'est pour ça que c'était beau ce moment, lorsque les corps valides lui bouchaient la vue, j'avais noté, le vrai titre aurait pu être, "Violence des échanges en milieu tempéré", il y avait ce moment très beau aussi, où l'on se rendait compte qu'il connaissait Vanessa de puis sa petite enfance, on comprenait la perte, puis, vers la fin, on comprenait, lorsqu'il demandait à l'autre justement, où elle habitait dorénavant, et que l'autre lui répondait n'en savoir rien, puis, que sa nouvelle petite amie, le "trahisse" pendant une absence pipi, ( ou pour payer les consommations), on se rendait compte alors que oui, complot il y avait eu, tout au moins dépossession volontaire, acte volontaire, ( ne jamais oublier que la bourgeoisie n'a jamais cessé sa guerre de classe), puis, lorsque se faisant jeter et qu'il pleure, on se dit voilà, il commence à comprendre, et son attitude, et surtout le fond des choses, la fin était très belle, la famille réunie dans une sorte de camping sauvage, fin Straubienne, ou pré Straubienne, on ajoutait mentalement "mortiers, faucilles et marteaux, canons, canons, dynamite" ...
- Je pensais à ce film de Michael Haneke, "Funny games" je crois, je me dsais que c'était ça finalement, c'est la nouvelle petite amie de la crevure qui m'y faisait penser, je me disais qu'il avait dû la piquer à un type, que d'un coup elle avait compris, ( avec la rencontre du héros), elle avait ompris en fait qu'elle n'était que victime, et pas une petite amie, (même si elle se mariait éventuellement avec), elle avait compris que son mec n'était qu'un prédateur, que son père l'encourageait le protégeait, qu'au fond il ne suivait que les traces du père, que c'était génétique, je me disais la bourgeoisie c'est ça, ils ne lâchent jamais, ils ont tout, ça leur suffit pas, ils veulent encore, la crevure c'était ça, la bourgeoisie c'est même pas s'enrichir, me disais-je, il leur faut le sang avec, ( c'est pour ça que la droite n'existe pas, qu'il n'y a que l'extrême-droite, que leur vraie nature est là, tout à droite), boum !
- Ps: Là.
juillet 4, 2005 in Spectre 01 | Permalink
V, ( caro diaro), brouillon
- Cher journal, samedi soir je suis allé voir le dernier film de Jean-Paul Civeyrac, je t'en ai déjà parlé, l'après-midi j'ai acheté "Caught", de Max Ophuls, Skorecki en avait peu parlé, et suffisamment pour me donner envie, ( je l'avais d'abord téléchargé sur emule, tu t'en souviens, mais n'avais point trouvé les sous-titres), en le visionnant un peu j'avais été marqué par ces mouvements de caméra que j'appellerai mouvements pré-Marienbad, d'ailleurs, j'ai aussi acheté le DVD du film de Resnais, puisque je ne l'avais qu'en cassette, Carole elle, a acheté "La planète fantôme", nous nous sommes aperçus ensuite que nous l'avions déjà, que nous l'avions mal rangé, cela nous apprendra, cher journal, hier j'ai voulu aller à Bessancourt, mais la ligne était coupée, il y avait bien une navette de remplacement mais il faisait vraiment trop chaud, j'ai préféré rentrer, j'ai regardé "la planète fantôme", j'avais vu la fin sur ciné- FX, mais en VF, elle était très belle, les acteurs étaient sublimes , trés pédés, finalement j'ai été assez déçu, seul le monstre est réellement réussi, le soir j'ai enfin regardé ce film de Rudolph Maté, "Passion sous les tropiques", l'image est sublime, il y a quelques séquences assez extraordinaires, le tueur avouant son amour, la séquence dansée sur le "rocher", ensuite je ne sais pas, je me suis endormi, j'ai été intrigué par certaines choses, la sécheresse des acteurs, la très grande classe du tueur, machin était très beau, et je le répète, les couleurs sont sublimes, les images très cartes postales, visuellement c'est grandiose, mais je ne sais pas si je le regarderai entièrement, j'ai toujours du mal à reprendre un film interrompu en cours, et il faut bien l'avouer, ce n'est pas un grand film, il est juste un peu intrigant, et réserve quelques surprises, je verrai, mais j'ai envie de voir ce film de Bill Douglas, "Camarades", je crois que pour le Maté, puisque je n'en pense pas grand chose, ni n'éprouve un très grand plaisir, je passerai en avance rapide, cher journal, cela n'a rien à voir, mais je me demande ce que devient Philippe Faucon, depuis son dernier film (absolument grandiose), "Les étrangers", il semble avoir disparu, peut-être devrais-je consulter google, ou un site spécialisé, j'essairai d'en savoir plus ce soir, je dois partir maintenant,
- ( Ah oui, c'est vrai, il avait fait Samia ensuite),
juillet 4, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.07.03
V, ( zelig), brouillon
- Un temps, il fût le plus grand cinéaste au monde, (pour son film, "Le doux amour des hommes"), cela ne dura pas, mais ne pouvait s'oublier. Ses films, ce fût, comme des sortes de crachats, ( des sortes d'attentats à la pudeur, presque). L'année dernière, pour son navet balibarien et païnesque, je m'étais dit, bon, que c'était raté, et tant pis, qu'il avait juste tenté autre chose et que ça n'avait pas marché, et tant pis. Pour son film, là, " A travers la forêt", je m'étais dit encore juste avant qu'il ne débutte que les choses allaient reprendre un cour normal, le premier plan on se disait oui oui, et ça se gâtait tout-de-suite, la fille était laide, le truc avec les cheveux, c'était beau, énervant, mais ça n'allait déjà plus, la fille était vraiment laide, insignifiante, plus exactement elle était fade, on se disait assez vite, ça m'étonnerait pas que ça soit une élève d'une école quelconque, elle joue mal, de toutes façons ils jouent tous mal, il y a quelque chose de pas fait dans ce film, je pensais, je le hais déjà, d'ailleurs, ce film, ça n'a rien à voir avec le cinéma, c'est un truc de bon ton, de professeur d'école de cinéma, le problème des cinéastes français est qu'ils veulent justement tous être profs, ils passent leur temps dans les jurys, les commissions, c'est pour ainsi dire leur gagne-pain, pas le cinéma en tant que tel, les films, ils n'en font plus que pour continuer à enseigner, pour le statut qu'ils apportent, et le salaire mensuel, ils ne veulent surtout pas faire de vagues, de toute façon, me disais-je, ils n'en ont plus le droit, ils se doivent d'être corrects, je me disais, je ne sais même pas s'ils ont encore le droit de faire du cinéma, ( questions de respect pour leurs collègues), je me disais, il faut rassurer les parents, il se doit d'être décent, je me disais, ce qui compte maintenant, c'est les grands sujets, les grands sentiments, c'est le discours, le pouêt pouêt minable, je me disais, malgrés tout, j'irai voir le prochain, et le suivant, mais je crains que pour lui aussi, ce ne soit la fin, que sa carrière soit fini, son film, là, était réellement déplaisant, cette manière d'élire un personnage contre les autres, était réellement déplaisante, et ces lunettes noires, vraiment non, je me disais, et puis ça va, on a compris qu'elle souffre, c'est pas la peine d'en rajouter, c'était pas la peine, juste tous ces regards charbonneux, c'était déjà suffisant. Il fallait se rendre à l'évidence, il n'y croyait plus, ce n'était même pas/plus un ratage, c'était exactement le résultat souhaité, une mise-en-scène inexistante, juste un découpage technique, je me disais, c'est misérable, qu'elle honte, je me disais, les cinéastes français sont tous profs maintenant, les seuls gens qu'ils rencontrent, ce sont leurs étudiants, leurs acteurs ils les recrutent dans les examens d'entrée aux écoles de comédie, ( ou alors ce sont les enfants des autres cinéastes, ( Garrel, etc)), je me disais, le monde pour eux, pour Civeyrac, est quelque chose d'abstrait, en tant que tel, il n'existe plus, ils en parlent parfois pendant les cours, je me disais, de toute façon il n'a plus le temps, trop de boulot, les examens, les concours, les commissions, les entretiens avec les élèves, les cours magistraux, les recrutements, je me disais, au fond, son film, c'est un truc d'autorité, c'est pour asseoir son autorité face à ses élèves, mais ça n'a plus rien à voir avec le cinéma, c'est pas parce qu'il a écrit le scénario qu'il a fait un film, ( mais lui pense que si), je me disais, c'est ça son problème, il est devenu plus scénariste que cinéaste, et même, il est devenu plus technicien que cinéaste, je me disais, elle a bon dos l'indépendance, c'est un peu trop facile, je me disais, ils n'ont pas d'ambition, ils n'ont que ce mot à la bouche, l'indépendance, je me disais, en fait ce sont des escrocs, je pensais un moment à l'esthétique relationnelle, ( copyright Nicolas Bourriaud), je me disais, en art il existe une esthétique dite relationnelle, pour le cinéma français, il existe une esthétique institutionnelle, ( au sens industriel du terme, comme il existe des films industriels, toute à la gloire d'une entreprise quelconque), vers la fin, il y a toute cette séquence, au bord d'une vague forêt, j'ai pensé, tiens, il a dû probablement avoir une aide de la région machin, je me disais, maintenant ils en sont là, les cinéastes français, ils ne filment les paysages qu'en fonction du montant de la subvention, sinon non, ils s'en foutent, ce qu'ils veulent c'est 50 ctms de plus de budget, ils sont prêts à y passer 6 mois, je me disais, ce qui comptent pour eux c'est ça, la subvention, remplir des dossiers, pas le cinéma, ils n'envisagent plus d'en vivre, ils ne savent pas comment faire, à la femis, dans les écoles, on leur apprend ça surtout, aux étudiants cinéastes futurs cinéastes d'h/auteur insignifiants, les dossiers, les subventions et les institutions, les places où s'asseoir, je me disais, le cinéma français est une esthétique de bâton de chaise, de toute façon, me disais-je, dès le début, on les prévient, ne pas faire ça, ça déplairait, ni ça, ça déplairait aussi, ne pas faire de politique, ça déplairait, c'est une question de subvention, à la limite, me disais-je effrayé, maintenant on leur dit, et ne sifflotez plus l'internationalle, non seulement cela déplait, mais cela est très cher, cela a un côut, l'internationnale est la propriété d'une entreprise respectable, il y a des royalties à verser à la famille, etc, ce n'est pas libre de droit, il y a aussi un copyright, ( je me demandais, mais ont-ils pensé à réclamer des arriérés, à l'Union Soviétique, vont-il un jour, aller en justice ?), je repensais à Civeyrac, je me disais, on dirait maintenant qu'il ne fait plus de films que dans l'unique but d'avoir une légion d'honneur, ou d'entrer à l'académie des beaux-arts, je me disais, Civeyrac, c'est un peu maintenant comme ce film avec Tom Hanks, ou le film de Woody hallen, "Zelig", Civeyrac c'est le type maintenant dont on dit tant de bien dans les soirées, le type, là, sur scène, voilà c'était ça, c'était la place désirée, sur la scène, sous le louanges, béat, souriant bêtement, satisfait, repu, minable,
juillet 3, 2005 in Spectre 01 | Permalink
2005.07.01
V, ( notes)
- Dans "Tokyo décadence", on voit ce type donner des ordres à la fille, des indications, ( de mises en scène du fantasme, re-création, sinon création, il lui demander d'incarner son fantasme, ( elle doit se trémousser contre la vitre, ( ils sont en haut d'une tour), bouger "comme une secrétaire en rut", elle doit le faire jusqu'à ce qu'elle mouille, ( puis le soir tombe), un moment il lui dit "non", et je pense tout-de-suite à "Je vous salue marie", de Godard, mais ce n'est pas seulement que le soir tombe, puis, il y a ce plan de l'extérieur du building, un plan d'elle évidemment, et on pense à "Passion", de Godrd, ou au film de Pasolini, ( on pense aussi à Kiarostami, sauf que les dates correspondent moins), et on se dit, ce n'est plus le fantasme du mec, enfin si justement, il y a "incarnation", elle est la secrétaire en rut, elle est la "passion", ( évidemment, la caméra est à nouveau, dans l'appartement), je veux dire, ce sont les images d'une secrétaire en rut, comme il dit le type, il lui demande d'ailleurs de la dire, ce qu'elle fait, mais à cet instant, de toute façon, elle est cette secrétaire, ( peut-être parce qu'il n'y a pas de contrechamps),
étrange cette phrase, ( qui me fait penser à un titre de livre de Martin Parr), "Mais mon plaisir c'est de t'humilier", c'est-à-dire, au fond, l'image...
juillet 1, 2005 in Spectre 01 | Permalink
V, ( à venir)
- Pour le film de Dieutre, c'était comme si c'était un film Hollywoodien, avais-je pensé, une série b, ou un western, (parce que c'était exactement ça, un western), et c'était, ( d'après-moi), son meilleur film, puisque libéré de sa sorte de déterminisme culturel un peu lourdingue, ( c'est-à-dire, peut-être ou-bien, même pas assez), ne restait que sa monomanie, ( pour ce film Noémie Kawase elle-même), alternative : qu'une de ses obsessions, ( puisqu'au fond ce qui manque dans les films de Dieutre, c'est lui-même), (disons qu'il n'y est pas beaucoup, ou pas assez, disons insuffisamment), je me disais, il avait enfin exagéré, ( que le cinéma parfois ça pouvait être ça, exagérer, ( même un peu)), un moment, vers la fin du film, j'avais compris que c'était sur Fritz Lang, son film, disons, c'était une explication de texte Langienne, qu'on n'était plus très loin de "Rancho notorious", mais qu'il donnait quelques explications, je veux dire, chez Fritz Lang, cs histoires de mains dans le dos qu'on retrouve au moins par trois fois, ( M le maudit, Clash by night, et un autre), c'était au fond, Fritz lang qui se touchait, ( je est un autre), c'était l'altérité, Moi le maudit, le film de Dieutre, c'était ça, un type et une fille face à la caméra, c'était très étrange ce truc en plus que triangle, je te touche, quoiqu'en en fait je te touche pas, (puisque le geste s'adresse à la caméra), ( comme presque chez Fritz Lang), non, c'est pas ça, c'était très troublant, très déstabilisant, c'était presque Hawksiens, ( ou Premingerien),
- Le film suivant, celui de Kawase, justement, c'était certainement son plus violent, son plus punk même, c'est-à-dire, dans son cas, Begmanien, ( mais Bergman n'a jamais été punk, mais nul), son film c'était comme une reprise, au sens musical du terme, une retake, il y avait eu la prise 1, ( la rencontre), la 2, le film, et la 3, ce film, un moment on l'a voyait dans le champs, plus tard, je me suis dit, que ce n'était pas simplement dans la sorte de logique du film, c'était sa grand-mère, c'était aussi sa grand-mère, elle l'incarnait, elle se mettait à l'endroit où souvent dans ses films on l'apercevait, ( en gros), je m'étais dit, c'est drôle, d'une certaine façon, elle prend la mesure de l'univers,
- Pour le film de Franssou Prenant, c'était toujours aussi magnifique, il y avait plus la surprise, mais je me disais, chaque plan, c'est comme la face d'un diamant, pas moins, le dernier film, "Les messieurs", de Patric Chiha, je pensais, c'est incroyable comme c'est super bien cadré, mais je me lassais vite, il y aavait comme quelque chose de programmatif, il ne se passerait rien, j'étais épuisé, et je savais qu'il ne se passerait rien, je voulais qu'une chose, mon lit, mon livre, rien de plus, je voulais rester, c'était plus possible, je me disais, je vais le regretter, tant pis, peut-être...
juillet 1, 2005 in Spectre 01 | Permalink