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08/07/2005
V, ( brouillon)
- J'aimais bien comment il filmait Cruise au tout début, je repensais à ce qu'avait écrit Lefort, il y a longtemps, à propos de Deneuve dans le film de Garrel, qu'elle montait des escaliers en temps que Catherine D et que les redescendant, elle était devenu le personnage, chez Spielberg c'était pareil, en trois plans Cruise devenait ce docker AntonyMannien,
- Je m'étais dit, "c'est très étrange, cette femme enceinte, c'est curieux ça, qu'il habite la périphérie et si près d'un pont, c'est vraiment très étrange". Je repensais à ce texte dans les "Cahiers", il y a longtemps, qui parlait d'anus, il s'agissait encore de ça. Puis j'avais noté, "quand ça a commencé, c'était plutôt l'image", ensuite je me disais, ce qui est terrible c'est qu'ils peuvent pas s'empêcher de regarder, ça les tue,
- Cruise revenait, elle lui demandait, "c'est quoi le truc sur toi" ? Il se secouait, on comprenait que c'était de la cendre (humaine),
- Lorsqu'il conduisait, je me disais, "ils font le chemin inverse, ils font le chemin inverse", ( merci TB). En fait je me disais, c'est une histoire de peau, ou de gant, et l'image est retournée, déchirée, c'est tout. Puis c'est le noir, il n'y a plus d'image, quelqu'un dit "on est encore vivants ?", je me disais, ils sont passés de l'autre côté du pont maintenant, c'était pour ça qu'ils habitaient si près,
- "Tu vas vouloir regarder, mais tu ne le feras pas, gardes les yeux sur moi", et cet autre dialogue lorsqu'elle va faire pipi en pleine campagne, puis le cadavre qui flotte sur la rivière, et tous les autres ensuite, et lorsqu'ils croisent la colonne de réfugiés, on se dit oui, il s'agit bien d'un retour en arrière, comme il le faisait déjà dans "AI", la fille n'a plus de regard, pensais-je aussi, plutôt, elle n'a plus rien à regarder, ( qui ne serait peut-être que la fille de son film "Schindler list", quoique que cela me paraisse un peu facile, ( de penser cela)),
- Le train en feu !
- Lorsque le bateau coule, que la caméra les suit sous l'eau, je me disais, le film c'est ça, passer d'un endroit à un autre, d'un état à un autre, plus tard je me dirai, les extraterrestres, ce qui les a tués, c'est cet impossibilité d'appréhender le fond des choses, ils ne voyaient que la surface, (d'ailleurs le commentaire final ne dit pas autre chose), lorsqu'ils se réfugiaient dans la cave, c'était ça, c'était à ce moment là qu'on se disait qu'ils avaient perdus les "Martiens", parce qu'ils ne comprenaient pas l'image, ils ne comprenaient pas cet histoire d'espace, ils comprenaient pas que même une pièce carré pouvait être ronde, que c'était une question de volonté, je me disais, c'est ça, pour les extraterrestres, le monde est en deux dimensions,
- Il y avait un moment très beau aussi, juste avant la cave, lorsque le fils partait, parce qu'il voulait voir, on se disait que c'était comme le passage de témoin, pas d'un héros l'autre, parce que justement, Cruise n'était absolument pas un héros, il était juste celui qui faisait le lien, le héros c'était le fils, mais c'était hors-champs, ( plutôt cela le serait), Cruise ne faisait rien, il n'était à l'origine de rien, même à la fin il n'était à l'origine de rien, il faisait voir, (un peu comme Ed Cercueuil), il n'exprimait rien,
- C'était peut-être à ce moment là que le film se scindait réellement, que le film devenait double, ce que l'on voyait, et le reste, qui existait tout autant, ( au fond la femme enceinte ce pourrait être aussi nous, le spectateur), cet effet de voilage se serait là qu'il prendrait sa source, à ce moment là, ( lorsque le fils se sépare du père), je me disais aussi, Spielberg parie sur le spectateur, il met en scène un film invisible qui ne fonctionnera que sur la mémoire du spectateur, (hum)
- Un moment la fille se faisait enlever, sentiment que cela avait à voir, était une référence au film de Laughton, (le décor ?),
- La fin, j'avais lu qu'elle était "familiale", ( retrouver qui a dit cela, (Gilles Renault*)), alors qu'elle était simplement Fordienne, (La prisonnière du désert), que c'était quasimment les mêmes cadrages,et qu'elle nous éclairait sur quelques détails, ( le fait que son ex femme soit enceinte), qui était une manière de dire que les choses, au fond, depuis le western avaient un peu changées, qu'une femme ne se contentait plus d'attendre un type pendant dix ans, au fond le film reconnaissait un hors-champs, ( Ford aussi d'ailleurs), c'est-à-dire, que le héros ne l'était plus entièrement, que le monde continuait, qu'il n'en était qu'une partie, et curieusement je me disais, le foetus, c'est Cruise lui-même,
- Je me disais aussi, le fils, c'est le mouvement du film, d'une certaine façon c'est Spielberg aussi, c'est la transition, c'est comme une virgule presque,
- *"Ponctuée par un
dénouement terrassant de mièvrerie, l'antienne sur le respect et la
sauvegarde des valeurs familiales est assénée avec une lourdeur
comparable à la motilité des monstrueux tripodes qui anéantissent tout
sur leur passage", (là).
juillet 8, 2005 in Spectre 01 | Permalink