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24/07/2005

V, ( brouillon)

- "Il n'y a pas grand chose à penser, m'étais-je dit, mais c'est suffisant"...

- En fait, je me trompais, "Les 4 fantastiques" était un des films les plus extraordinaires de l'année, et un des plus intelligent, ( cette façon d'avancer par abstraction, d'une façon presque spectrale, je me rendais compte que le cinéma Américain était de moins en moins formaliste, que plus le temps passait, plus il s'appuyait sur une sorte de mémoire collective du cinéma, qu'il fonctionnait de plus en plus par signes, qu'un geste/mouvement chez lui devenait alors comme une abstraction, il ne se donnait plus la peine de souligner, il n'avait plus besoin, ( nous étions là), je veux dire aussi, il n'avait plus besoin de certaines images, il savait que nous les possédions), pas très loin de "Capitaine Sky", d'une certaine façon c'était moins bien, mais ce n'était pas certain, c'était différent. A la fin du film je m'étais dit, "c'est aussi beau qu'un lieu commun, c'est toute l'histoire du cinéma, c'est le cinéma des drives-in et des petites culottes, des chewing-gum et des canettes de bières, des premiers préservatifs, c'est un saut dans le temps, c'est un retour vers l'innocence, et des premières branlettes",  je m'étais aussi dit, "le cinéma c'est beau quand c'est rien aussi", ( quoique le Cédric Kahn était laid et rien), je m'étais dit, "c'est un rien Langien", certains n'y voient pas de mise en scène, alors que c'est Lang qui la dirige, ( évidemment c'est pas lui puisqu'il est mort), ensite j'ai pensé, "guili guili guili", je saurai pas vous dire pourquoi, je veux dire, le film c'était ça, vraiment innocent, presque idiot, je veux dire, presque associal à force de pas [vouloir] être adulte, presque Gombrowiczien, ( là j'exagère), très loin du sérieux TimBurtonnien, je me disais, le film c'est presque une grimace, enfin c'est de ce niveau, je veux dire, il fallait le juger à cette haune, c'est-à-dire, le juger pour ce qu'il est, un poème un peu régressif, un moment une séquence était aussi belle que le Stan Brakkhage d'hier, j'avais beaucoup aimé aussi le moment où le héros devenait tout mou, où il fondait presque, j'avais pensé à Jerry Lewis, à ses grimaces, je savais que cela n'avait rien n'a voir, n'empêche,

- il y avait des séquences très belles, celle où sa femme le rejoint en nuisette, et en pleine rue, sur le pont où elle lui rend son alliance, qu'il n'arrive pas à ramasser, le moment où l'autre prend feu pour la première fois, le moment où elle se déshabille sur le pont, (puisqu'elle a le "don" d'invisibilité), puis subitement redevient visible, le moment où il entre dans un bar, qu'il s'assied, et tombe, le tabouret ne supportant pas son poids, que les types présents s'exclaffent, j'avais beaucoup aimé que les types soient des beaux gosses, que la fille soit une barbie-pétasse, qu'un moment le film l'affuble d'une paire de lunette pour faire genre, et que cela ne convainc absolument pas, je m'étais dit, oui voilà, nous sommes en plein dans l'histoire du cinéma, la plus belle, je m'étais dit, je me sens aimé par ce film,

- "Les 4 fantastiques", de Tim Story.

juillet 24, 2005 in Spectre 01 | Permalink