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27/07/2005
V, ( cher journal, Caro Diaro),
- Cher journal, aujourd'hui, plus exactement hier, je me sentais l'esprit contradictoire, me venait à l'esprit des vers de TS Elliot, ( ce qui est toujours chez moi le présage d'une indécision certaine, et d'un vagabondage à venir), "j'étais prêt". Cher journal, ce matin, ( donc hier), je me suis levé fatigué, c'était comme si j'avais bu la veille, ce qui était le cas mais peu, j'avais la gueule de bois, j'étais sans force, et épuisé, j'ai beaucoup de films en retard, et chaque jour qui passe paradoxalement ajoute à ce retard, ( parce que chaque jour me rapproche du mercredi), cher journal, chaque matin je me demande si si j'irai voir le film de Guiraudie, " Voici le temps", mais je suis tellement certain de la déception que je ne sais si j'irai le voir, je me dis à l'instant que si tous les crevures de la critique française n'avaient pas criés au chef-d'oeuvre pour le précédent, je n'en serai pas là, je ne me perdrai pas dans des altermoiments, il y aurait désir, ou pas, cher journal, là il n'y a rien, ni l'un, ni l'autre, la seule certitude des critique est leur détestation du cinéma Américain, leur inculture absolue, leur haine au fond de tout ce qui n'est pas français, ( ou bourgeois), cher journal, j'ai lu ce matin, donc hier l'article hillarant de Gilles Renaud à propos du film je le sais magnifique "Mr and Mme Smith", dans lequel il reprochait au film le traitement que lui-même lui infligeait, on aurait dit du Séguret, l'article était confus, transparaissait surtout la haine, le ressentiment presque national, cher journal, depuis presque une emaine j'ai entamé le dernier carton de cassettes non recensées, j'ai retrouvé,Carole m'affirmait que nous l'avions, le film d'Ophuls, "Caught", le film de Paradjanov, "Rapsodie Ukrainienne", plus un autre de lui, "Le premier gars", et pas mal d'autres, c'est surprenant, j'ai retrouvé aussi un film de Lang, "Le retour de Frank James", cher journal, je tourne beaucoup autour de Robbe-Grillet en ce moment, pas autour de ses films, mais de ses livres, je feuillette, je ne sais lequel acheter ( et lire) en premier, ( je connais évidemment ses plus célèbres), cher journal, j'ai ouvert un des ses livre, au Virgin Champs- Elysés, "Le voyeur", la première phrase était celle-ci, "C'était comme si personne n'avait entendu", cher journal, je suis allé au cinéma aussi, aujourd'hui hier, j'ai vu ce film "Shaun of the dead", une sorte de film de potes, le générique était magnifique, mais trop court, la séquence avec les disques dans le jardin était bien, la mère aussi, mais ce n'était pas vraiment nécessaire, c'était même assez navrant, cher journal, un film navrant est toujours magnifique en quelque sorte, cher journal, les films Américains, les pires, sont les plus beaux, c'est ce qu'ils ne comprenent pas les crevures de la critique française, que chaque film merdique Américain est d'abord de l'ordre du spirituel, de l'ordre de l'expérience intérieure, cher journal, aujourd'hui ajourd'hui, et contre toute attente je suis allé voir le film de Guiraudie, parce que je savais que je n'irai pas un autre jour, je m'en suis débarrassé sans remords, et suis ressorti au bout de vingt minutes, c'était un film inutile, morbide presque dans son inutilité, morbide et sans rage, sans pulsions, cher journal, tout film politique se doit d'appeler au soulèvement par les armes, que certains soient encore en vie, ( ou en liberté), prouve simplement que le film est raté, cher journal, chaque film politique se doit d'esquisser un futur même impossible, dans "Douches froides" c'était ainsi, cher journal, je crois que Guiraudie est le cinéaste qu'aurait dû être Judith Cahen, et ce qu'elle n'a pas eu le courage d'être, cher journal, je regrette vraiment de n'avoir jamais terminé mon post sur le film de De Mille, seulement, il me semble être devant le film le plus violent que je n'ai jamais vu, le plus sadien dans sa matière même, poursuivre le post me semble non impossible, juste impossible pour le moment, cher journal, ce film, je crois, c'est croire au mal, et il faut parfois du temps,
juillet 27, 2005 in Spectre 01 | Permalink