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26/07/2005
V, (brouillon)
- "La fille à la valise" est un mauvais film, pensais-je, un attrape-nigaud, dix fois j'ai failli sortir, et la fin était interminable et elle n'en finissait pas, il ne savait pas finir son film, je m'étais dit, il filme son scénario jusqu'à l'écoeurement, l'exaspération, le moindre pli de leur âme ne nous est pas épargné, l'image n'est que pli, m'étais-je dis, c'est écoeurant, elle s'étale, se vautre, je pensais, "c'est écoeurant toute cette douceur", ( copyright Valéria Bruni-Tedeschhi), le type est pas mieux que son frère, il est plus doux, c'est tout, mais il est pire, il paye, je veux dire, il ne drague même pas, il se contente d'être là, d'acheter sa présence, et d'être là, collant, gluant d'hypocrisie, je m'étais dit, c'est comme une limace, il colle avec son fric, plutôt il bave, j'avais pensé, il fuit, au sens fuite du terme, je veux dire, le réel, rien ne l'atteint, c'est là l'explication de sa douceur, il fuit, je m'étais dit, c'est pour ça qu'il ne comprend pas avec la robe, la fille, elle est encore vivante, et il ne comprends pas, c'est comme un énorme choc, il se sent volé, ( pour la bourgeoisie ce qui ne s'achète pas est forcément impur), floué, il est là, dans le jardin de l'hôtel, figé, la réalité ne s'achète pas, il découvre enfin le monde, c'est-à-dire, le monde ne lui obéit pas, la fin du film était terrible pour lui, il n'avait rien compris, et, voulant humilier, il s'humiliait lui-même, sa bêtise était de l'ordre du suicide, c'était pas très loin du film de Téchiné, "J'embrasse pas", le même genre de fin, on savait qu'il allait réapparaitre, mais en facho, je m'étais dit, au fond c'est un personnage pré Tarkovskien, la grâce à moindre frais, une innocence achetée, ou sanglante, c'était très interessant comment le film était mauvais, par comparaison à un film de Lubitsch, Lubitsch je ne sais pas si c'est un excès de réalité, c'est comme un grossiment, un gonflement, pour "La fille à la valise", c'était comme un excès du scénario, mais pas du monde, chez Lubitsch il y a comme un excès de débordement, chez Zurlini des intentions, mais chez lui, pensant au Chaplin visionné récemment, ça ne craque pas, il n'y a pas crise, ça ne joue pas, cela aurait pû être un autre, il y aurait eu peu de différences, chez Zurlini, il n'y a pas d'enjeux, en ça le film n'est même pas raté, c'est pour ça qu'il n'en fini pas, parce qu'il a trop à dire, il veut trop dire, Biette dirait que c'est un auteur, pas un cinéaste, ou un cinéaste par moment, par inadvertance, on pourrait dire aussi, il voulait avoir le dernier mot,
juillet 26, 2005 in Spectre 01 | Permalink