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22/08/2005

V, ( brouillon)

- Ça commencerait ainsi, "The island", quoiqu'il fût, je l'aimerai déjà, que j'en parte ou non avant la fin, pensais-je, je l'aimerai déjà, ( et je l'aimerai [extrêmement bien] plus que le navet à venir des salopes Larrieux, et qui sera à nouveau et sans aucun doute à avoir là-dessus, un film pétaino-régionaliste comme on [les] aime tant dans ce pays, ( et comme en Allemagne existât à une certaine époque, les films dits de montagne)), je pensais, c'est intéressant de lire ce qu'écrivent les crevures parfois, pour Ozu, me disais-je, c'est très instructif, ils n'aiment que "Bonjour", ce serait son chef-d'oeuvre d'après la merde De-Baecque, on peut regarder partout, ils n'aiment que "Bonjour", non pour sa perfection formelle, pensais-je, (c'est quelque chose qui leur échappe), mais pour le côté 400 coups, le côté 40 ans en arrière, le côté progéniture, Toktok, le côté jeune public,  je me disais, ce qu'ils retiennent d'Ozu, c'est le côté "cinéma à l'école", c'est le côté, "l'après-midi des enfants", (qu'Ozu, au fond, ne se sente absolument pas concerné par les enfants, ne leur viendrait même pas à l'esprit), ( extrait de l'interview d'Ozu à propos de "Bonjour": Mais professionnellement, comme je pensais à faire de l'argent j'ai rendu l'histoire plus humoristique, je me disais, Ozu et Larrieux, au sujet de "The island", comment ils sont reçus, est quelque chose d'important, je me disais, un texte sur Ozu, un texte sur les frères Larrieux, est ce qui construit "The island", qui est un film absolument mauvais, mais juste un film, je veux dire, c'est juste un très mauvais film, pas un film de ce Michael Bay dont on nous parle si souvent, je veux dire, il est de lui, mais ça n'a aucune importance, j'avais lu, vaguement, pour les pubs qui interféraient, c'était faux, c'était même pas gênant un peu, était gênant ces couleurs photoshop, pas la pub, ( beaucoup moins intrusive que dans la "série 24h00", tout-au-moins la 4ème saison, la fin surtout), je pensais un moment, c'est assez inquiétant, ça, qu'il ne lui arrive rien au type, après sa bouffée émotive/interpellation, c'est vachement inquiétant qu'il ne lui arrive rien, puis passant pour ainsi dire du coq à l'âne, je pensais, c'est marrant, les "critiques de cinéma" ont été plus sympa avec ce film qu'avec le Spielberg, le Spielberg, faut se souvenir de ce qu'il a eu droit, par exemple dans Libé, me disais-je,  un  moment lorsqu'il trouvait un criquet, j'avais pensé, pour le transporter, il l'enferme dans une boite d'allumette, une boite pleine, il la vide, et surtout par terre, j'avais pensé, c'est pas possible ça, c'est quelqu'un qui est habitué à respecter l'ordre, la logique voudrait qu'il pose les allumettes sur la table ou les mette dans sa poche, mais certainement pas qu'il les laisse tomber, il est habitué à obéir, je me disais, ce plan, c'est juste pour faire beau, c'est la première preuve indiscutable de la bêtise du réalisateur, puis beaucoup plus tard, je pensais, ce qui est fou, c'est qu'on y croit quand même, malgré, c'est la force du cinéma Américain, malgré un film nul, et qu'on sache qu'il ne leur arrivera rien, on y croit, on a peur, j'aimais bien un moment, le type courrait, ce qui était beau est qu'il savait pas courir, après je me disais, tiens un bar de bikers, encore un, c'est toujours des bars de bikers qu'on rencontre dans le désert, dans les films Américains,  puis il y avait cet instant pour moi magnifique, de trouble, lorsqu'elle "se voyait" dans cette pub, ensuite je pensais que les images étaient comme déconnectées, n'avaient plus de sens, je veux dire, un moment le réalisateur ne faisait même plus le film, ça n'avait plus aucun lien, il tournait réellement une pub, ( une pub pour son propre film), je me disais, la dernière fois que j'ai ressenti cela, d'être réellement dans une pub, c'était pour ce film, "L'odeur de la papaye verte", de Tran Han Hung, sa pub "Tahiti douche", je me disais, oui, c'était la première fois que j'avais ressenti cela, mais aussi la dernière, j'avais toujours réussi à éviter depuis,  je me disais, l'échec du film vient de là,  pas d'autre chose comme le pensent les crevures, ça vient du sentiment de solitude qui prend tout la salle, qui tombe brusquement dessus, ça vient pas des pubs ou autres conneries pas gênantes du tout, vers la fin il y avait cette belle poursuite, avec les essieux, à un autre moment, ce trouble lorsqu'elle lui prenait la main, j'aimais bien dans le film, ces gestes qu'ils faisaient pour la première fois, ce trouble face à quelque chose qui venait de loin, on pourrait dire cette naissance de l'humanité quand même, ou malgré tout, non ce n'était pas ça, ( faisant moi-même un geste pour comprendre), ils faisaient un geste unique/simple pour la seconde/première fois ? ( y revenir),

- "The island", de Michael Bay.

août 22, 2005 in Spectre 01 | Permalink