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25/08/2005
V, ( brouillon)
- Je n'arrive pas à prendre du temps, pensais-je, et surtout il passe; je suis toujours pressé, les films en ce moment, c'est à celui en fonction de ça, je veux dire, ce qu'il faut, idéalement, c'est accepter la perte, que tout ne soit pas comme on le désirerai, et justement pensais-je, le film c'était ça, exactement ça, un sentiment de perte, une colère, une impatience qui monte face à ce qui n'a plus eu lieu, ( presque comme face au déjà moment de notre mort), le film, le premier plan était magnifique, inattendu, assez vite on se disait que c'était ça à elle, le temps, que le "départ" de son mari lui signifiait non sa mort prochaine, mais une mort à venir, je m'étais dit, et le film est, et sera ça, l'apprentissage du temps présent, ( et peut-être aussi du temps restant, l'apprentissage de la mort), je n'aimais pas la lumière argenté du film, je m'étais dit, c'est pour faire riche, ils ont un peu honte de leur film, j'aimais bien un moment le dilemme moral de la femme, dans le rayon alcool, deux bouteilles ? Non, finalement trois, je m'étais dit, le film prend parti comme il faut, un temps d'attente et une troisième bouteille, j'aimais bien aussi le traffic métaphysique des balles de base-ball auquel se livrait le type, et j'aimais bien l'absence totale de dramaturgie du film, aucun rebondissement sérieux ou factice, j'aimais bien la façon toute Atabekianesque de ranger les affaires de son mari, c'est-à-dire être de se multiplier dans la dépression, ( alternative, se multiplier dépressivement), parce qu'au fond, me disais-je, et Atabekian l'a bien montré, dans la dépression on est toujours plusieurs, (alternative: plusieurs soi-même), on est partout à la fois, pensais-je, et un peu trop, ( de nous-même), je me disais, le film, c'était comme se débarasser des méduses, ( copyright Alain Resnais), c'était un truc de courant continu avais-je d'abord pensé, ( avant de penser aux méduses), ce n'est que du mouvement interne, avais-je pensé, ( le film ne fonctionne que par la mise-en-scène, c'est presque une question de tempo), je me disais, au fond, le vide laissé par le mari avait affolé et la femme et le film, je me disais, elle devait apprendre à retrouver sa respiration, je me disais, la disparition était la fiction, je me disais, le type justement, était comme qui dirait, sous son nez, sous elle, je me disais, au fond, le film finissait lorsqu'elle arrivait à articuler quelque chose,
août 25, 2005 in Spectre 01 | Permalink