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20/08/2005

V, (brouillon)

- Aujourd'hui était une journée particulière, avais-je pensé, certaines choses se précisaient, et j'en comprenais d'autre, Ozu, son côté feuilletonesque. J'avais remarqué la rupture presque radicale pour ce film, j'exagérais un peu, mais il s'agissait bien de rupture, c'est drôle m'étais-je entendu penser, avant je n'aimais pas ce film, c'était le premier film d'Ozu qui m'avait déçu m'étais-je dit, et maintenant je le vois comme un acte radical, en rupture totale, peut-être son film le plus radical, son film le plus risqué, oui, je me disais, les autres films n'avaient jamais été en rupture, celui-là si. Je pensais, celui-là, c'est vraiment une rupture esthétique totale, les choses semblent identiques, mais tout a changé, je me disais, il montre les coutures, il les montrait avant, mais on ne s'en rendait pas compte, je veux dire, maintenant il est presque dans la déconstruction de lui-même, ( terme provisoire), avant il montrait les coutures, ( les couloirs, les pylônes, les rues, les cheminées), je pensais, maintenant même ça n'échappe pas à la déconstruction,( ), on voit bien dans l'extrait, pensais-je, que la fille respecte une marque, on voit bien qu'il s'agit pour ainsi dire d'une amorce, d'un défilé presque, ( terme provisoire), je me disais, Ozu délimite toujours ses images, je dirai pour l'instant, il en montre la superstructure, les frondaisons, (je ne trouve pas, là non plus, les termes adéquats), on pourrait dire aussi, l'envers de l'image, son à-côté, (il ne s'agissait pas, bien évidemment, de son hors-champs), on pourrait dire aussi, les coulisses de l'image, ( ses coulisses), je pensais, il montre réellement les décors, je me disais, ses films, c'est comme plusieurs cercles, avec un mouvement vers le centre, mais là, je n'étais vraiment pas certain, c'était vrai, mais ça pouvait ne pas l'être. Je remarquais que plusieurs fois les personnages reprenaient leur souffle/ou pleuraient,( ) , un moment je pensais, c'est incroyable le travail qu'il fait sur les couleurs, c'est presque pop, cela en devient presque abstrait même, ou vulgaire, ( je me comprends), disons, c'était criard, pensais-je plus tard, je me disais, c'est presque du music-hall, je pensais, oui, Takashi Miike et Kitano sont vraiment dans la droite file d'Ozu, puis j'avais pensé, même si cela faisait un peu lieu commun, "l'idée du bonheur chez Ozu est de l'ordre du bonus, de la bonification, ce n'est pas quelque chose de primordial", ( je n'aime pas les mots employés), puis je me disais, pensant à la séquence de la chanteuse faisant ses gammes, au fond, ce que cherche Ozu, c'est la dissonance, je pensais aux personnages masculins du film, je me disais, oui, vraiment, ce sont des cousins de Jean de Dieu, ou plutôt les oncles, je me disais, Monteiro vient directement de là, de chez Ozu, et lorsqu'on y réfléchit, ce n'est pas si bête, pensais-je encore, je me souviens que pendant le film j'avais pensé à ce mot, lubrique, lubricité, de toute façon, m'étas-je dit, j'avais déjà pensé au Japon,pour Monteiro, par rapport à un livre, assez mauvais du reste, un moment, pour tout autre chose, j'avais noté ceci, "ce sont des plans générés presque", et aussi, qu'un film d'Ozu est tours la somme des autres, chaque film d'ozu est toujours la somme de tous ses films précédents, et la somme d'un autre, ( sinon parfois son remake), il en est parfois de certaines séquences/plans, une séquence est tournée dans un film, selon un point de vue, on va dire, "géographique", et dans un autre, par un autre point de vue "géographique", ( l'adieu aux mariés),

août 20, 2005 in Spectre 01 | Permalink