« V, ( mauvaises pensées) | Accueil | V, ( à venir) »

14/09/2005

V, ( à venir), brouillon

- Me venait ce mot à l'esprit, pour le dernier Spielberg, "méditation", j'en cherchais un autre, je pressentais comme un manque de précision, ce mot n'était pas le bon, je m'étais dit, provisoirement il faudra bien s'en accommoder; le dernier Spielberg, c'était la supériorité absolu, enfin, du cinéma sur la littérature, (quoique ni le cinéma, ni la littérature n'est une chose supérieure à l'autre), je veux dire, pour une fois, une rare fois, le cinéma, avec ses propres armes démontrait sa supériorité artistique, c'était la mise en scène elle-même qui était la démonstration, rien de ce qui était dit n'était important, rien, la matière même du film était sa propre méditation, la mémoire qu'il mettait en oeuvre, je repensais sans cesse au train en flamme, et à sa femme enceinte d'un autre, finalement pour le train, visionnant "Le vent", ( de Sjoström), et pour une autre raison, j'avais compris, le train chez Sjoström importait de la fiction, chez Spielberg la cloturait, ( terme provisoire), chez Spielberg c'était une sorte de réminiscence de la phrase d'Adorno, ( blah blah blah), et le film n'était que ça, que la fuite de la fiction, c'est-à-dire, au fond, la fiction était toujours hors-champs, mais il ne se passait rien, on voyait simplement un type fuir, un type auquel il n'arrivait absolument rien, on le voyait juste courir, (auquel il n'arrivait rien en regard des standards de la fiction hollywoodienne), ce n'est pas que le train clôturait la fiction, c'était comme le négatif, Spielberg, pour ce film ne disait qu'une chose, que c'était fini, il signifiait par le film qu'il n'y aurait pas de fiction possible, ( comme Adorno avait "édicté" la "fin" de la poésie après la Shoah), le film serait autre chose, une déception, une déception inévitable, le film serait déceptif, ( je me disais, la fiction c'est avancer, c'est avancer vers quelque chose qui existe déjà mais n'est pas encore présent), les personnages de Spielberg n'avançaient pas, ils fuyaient, de toute façon pensais-je, l'écran est constamment déchiré, leur effroi vient de là, les cris de la fille sont le déchirement de la pellicule, le bruit qu'elle fait ( la pellicule) en se déchirant, je me disais, il y a toujours séparation, il y a toujours basculement, c'est pour ça pensais-je, tous ces ponts, c'est pour ça le Ferry, ( il n'atteint pas l'autre rive, il bascule), et c'est pour ça tous ces sous-sols, il y avait aussi cette séquence, eux et la voiture au milieu de la foule hostile, il y avait ce mec qui passait par le pare-brise, il agrandissait un trou, il voulait absolument passer, passer était bien le terme, il agrandissait le trou, et surtout, de ses mains ensanglantées,

- J'avais noté un moment, ( lorsqu'il dit au type, "monte ou tu mourras"), "Il n'y a plus d'images, elles sont toutes derrières", dans le sens que lorsqu'il regarde dans le rétroviseur, ce n'est que flamme, destruction, tout est détruit,l'image n'existe plus, au minimum, il n'y a plus/(pas) de profondeur de champs...

- A plusieurs reprises on se dit que c'est filmé comme un rêve, une songerie, il y a un moment par exemple, les éclairs, on les vois d'abord sur le visage de la fillette, en reflets,

- Je pensais au bruit des "Stukas" Allemands pendant la seconde guerre mondiale, j'avais lu une fois que leur sirène ne servait quà terrifier la population,

- Plusieurs fois on se rend compte qu'il 'a aucune prise sur la réalité, non seulement ses enfants le reprennent systématiquement, mais par deux fois u moins il échoue à sauver des persones rencontrées, ( le mécanicien du début "Montes ou tu mourras", puis la scène du ferry, sa voisine),

septembre 14, 2005 in Spectre 01 | Permalink