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29/10/2005

V, (brouillon)

- Je pouvais pas en voir beaucoup, la moitié même pas, je pourrai pas voir l'épisode de ce soir, demain je ne sais pas encore. J'aimais bien comment il commençait, il disait, je commence [par filmer] de chez moi, je filme ma femme et mes filles, je filme de ma fenêtre, voilà le premier plan et le second, ensuite force est de reconnaitre que c'est pas vraiment intéressant, en fait pas du tout intéressant, il passait à côté, il avait aucun point de vue, il cadrait pas. Il se plaignait souvent de la pellicule trop chère, on avait le sentiment que c'était ça son problème, il était radin, il voulait faire un film, mais pas trop cher, et il filmait si peu se disait-on, qu'il n'avait pas de matériau, il pouvait pas monter quoi que ce soit, il avait rien, il avait pas le choix, ni choix, ni choix, (je veux dire aucun choix d'aucune sorte), ça m'embêtte de dire radin, avais-je pensé plus tard, je devrais peut-être l'effacer avais-je même pensé, en même temps c'est ça. Il y avait les circonstances, m'étais-je dit, (le prix de la pellicule), mais quand même, on voyait bien que c'était pas très bon, je m'étais-dit, peut-être plus tard, en avançant dans le journal, ça s'améliorera, mais je savais que ça ne s'améliorerait pas beaucoup, ce n'est pas qu'il lui manquait la cruauté ou la colère, ou "le sentiment tragique de l'existence", mais quand même, si,

- "Diary 1", de David Perlov.

octobre 29, 2005 in Spectre 01 | Permalink