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28/10/2005

V, (brouillon)

- Non, il n'y a plus ni jour ni nuit avais-je pensé, (comme on dit, ni oui, ni non). Aujourd'hui je m'étais trompé de jour, hier était avant hier, ( ou l'inverse, je ne savais plus justement, je devais faire un effort, essayer de visualiser les choses, c'était difficile), les jours passaient, je devenais, j'étais comme transparent*, (c'était le mot), je n'avais plus de consistance, les jours passaient, je ne bougeais plus, il me semblait chaque jours être toujours au même endroit, je bougeais évidemment, mais partout, en tous lieux, j'étais toujours au même endroit, (alternative: chaque jour, en tous lieux, j'étais déjà passé par là), il n'y a que ce qui m'environnait qui différait légèrement, mais cela me traversait, disons, je me dispersais, je me divisais plutôt, sur plusieurs jours, je me partageais, je n'étais jamais entièrement présent, (en totalité présent) dans une journée, (le footing quotidien étant au fond une tentative de me rassembler entièrement, (moi et tous les autres)), la photo servait à ça aussi, à garder du poids, avoir une preuve, j'étais bien là, en face, on pouvait presque faire une marque,

- Le film de Hawks c'était [presque] l'inverse je crois, il s'agissait de ne pas se laisser submerger, (je n'ai pas lu le roman de Virginia Woolf, j'avais pensé néanmoins, par rapport au ballet des avions, c'était comme des vagues, (au début j'avais noté écume), on pourrait aussi parler à ce sujet des livres de Nathalie Sarraute), le type cherchait à rester un, pour lui, "un" voulait dire seul, le film c'était ça, apprendre à articuler, (à penser un peu, à voir plus loin que le bout de son nez, (ou que la queue d'un avion)),

- *L'envoyé spécial représentait l'empereur, mais à la manière d'une allusion, (ou d'un symbole); in "Le peu civil maître de cérémonies Kotsuké No Suké", (Borges, Histoire universelle de l'infamie/Histoire de l'éternité).

- Note: Beau texte sur Hawks, (par Shiguéhiko Hasumi) dans cinéma 03.

- "Seuls les anges ont des ailes", d'Howard Haks.

octobre 28, 2005 in Spectre 01 | Permalink