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25/10/2005
V,
- Ca sera probablement une histoire de passage, me dis-je, les choses se décideront d'un claquement de doigt, ce sera un pari je crois pouvoir dire, (mais un pari nécessaire).
- Je m'étais dit, ce que refuse DeMille, c'est la picture, le glacé, chez lui la picture n'est toujours que passagère, (comme un sentiment), elle n'est toujours que de passage, comme en attente, comme une ponctuation; chez lui seuls les morts, (tout-au-moins les blessés) sont immobiles, mais aussi les amoureux ou/et les prisonniers, (Luc Moullet ajouterait les femmes), chez lui, m'étais-je dit, l'immobilité est [source de] porosité, (aux flèches aux balles aux indiens aux sentiments), à la fin, d'ailleurs, le héros sera mort, (et amoureux), (et la femme le tiendra dans ses bras, ajouterait Luc Moullet)...
- Mais le passage dont je parlais au début ? Je ne sais plus, (Wong Kar Waï, Griffith), chez eux c'est d'arriver sain et sauf à la fin du film, les images chez DeMille, comme chez Wong Kar Waï, ( Griffith cela se passe d'une autre façon), s'enchassent comme on bat des cartes, (les images chez Demille passent, s'enchassent, s'entassent, se posent sur une autre; l'une chasse l'autre, l'une oublie l'autre), d'ailleurs, à la fin du film, c'est bien en jouant aux cartes qu'il meurt le héros, en étant assis, amoureux, (et jouant aux cartes); c'est bien la preuve que j'ai raison...
- (Ensuite tout le monde s'éparpille, les cartes volent, c'est la panique)...
- On pourrait dire aussi, chez lui l'immobilité est un temps mort...
- Dans le film, c'est une recomposition incessante qui est à l'oeuvre, (chez Griffith c'était le vide qui était refusé), on vient aux nouvelles, on vient humer l'image, la recomposer, lui apporter une touche, la sienne,
- On pourrait parler aussi de nappe, de brouillard, de contamination, toutes les images se fondent et renaissent, ( se fondent en elle-mêmes peut-être),
- Ce très beau petit film vu cette année au Jeu de Paume, à la suite des films de Delprat, ( ou avant)...
- "Les soviets plus l'électricité", de Nicolas Rey et "Halvimar", de Laetitia Benat en seraient les lointains descendants, (hypothèse invérifianble pour l'heure), sans parler de tout le cinéma "expérimental*" pédé, (Sokurov, Warhol)...
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- *Copyright les neus-neus, (là), du "Collectif Jeune
Brenezcinéma", (pour le mot "expérimental").
- Une phrase: "Le film préfigure [ce qui sera/deviendra une possibilité du] [le] cinéma moderne"...
- Luc Moulet dirait (un peu trop rapidemment comme d'habitude, (et un peu trop facilement)): "Et la séquence où il se jette d'une h/auteur sur un indien? Dans une sorte de ravine"? "Ne se jette-il pas dans ses bras, entre ses cuisses"? Il continuerait: "Le film est plein de ravines, de plissures, de lèvres, d'embranchements, etc"...
- Mot: Obscurité, le film est traversé d'ombres, d'ondes, de légères bourrasques, (les images sont traversées d'ombre, d'ondes, de légères bourrasques"), d'inquiétude(s), presque(s) fardé(es)...
- "Une aventure de Buffalo Bill", de Cécil B DeMille.
- Sinon là, (JacquesRoubaud).
octobre 25, 2005 in Spectre 01 | Permalink