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07/11/2005
V, (c'est vous qui brûlez nos voitures?), brouillon
- Pour le Garrel, c'est peu de dire que j'y allais à reculons, (surtout lorsque sa matière même devenait un argument réactionnaire, (aux mains de vieux réacs), au sein d'un texte d'un poujadisme et d'une stupidité, (d'une bêtise surtout), digne d'un Jean-Pierre Pernault, là, ("Force donc est de constater que ce jeune homme révolté et avec lui de nombreux autres croyaient et respectaient la puissance des mots appris et lus", ou encore, mais pour souligner la pauvreté de l'argumentation," Alors que dire lorsqu'on apprend que les écoles maternelles de Clichy, de Sevran ont fait l'objet de saccages et d'incendie ? Que dans ces nuits de novembre des mots destinés à des enfants avaient brulés. Que dire ?"), (sous-entendus, certains ne savent pas), {parce que bon, le tout, n'est pas ne n'être point d'accord, (ça c'est excusable), le tout est de raisonner, et d'avoir des arguments, (autre que ceux du 13h00 de tf1), (pour certains, certains ont le droit de brûler des voitures, d'autres pas, il suffit d'être blancs, bourgeois, et de savoir réciter du Musset, alors la révolte est autorisée, mais si vous êtres pauvre, alors là, non, là, dans ce cas, si vous n'avez pas assez de culture, de bagage culturel, vous êtes un délinquant)}, mais, revenant au film (sans l'avoir quitté vraiment), (il faut dire ici, pour commencer, que je n'ai pas aimé "Les amants réguliers", qui est à mon sens est un échec), le film de Garrel, m'étais-je dis, est la version longue et sur-scénarisé de son court film "Rue fontaine", une version grasse, une version inutile, cinémathographiquement complaisante, (comme l'était déjà le navet "Elle a passé tant d'heures sous les sunlights"),
- Je me méfiais de l'étrange unanimisme à propos de ce film, je m'étais dit, qu'est-ce qui fait qu'un film de Garrel plaise tant, sa radicalité? Non, ce qui était aimé dans le film était son romantisme cucul, cette déclamation de vers en chambre, cette fumerie d'opium à domicile, cette révolte sans risque, et accueilli au petit matin par un bol de café bien chaud, ( avec un bain), cette affirmation tranquille et honteuse que les ouvriers avaient trahis, chez Garrel m'étais-je dis, on se prend en photo, c'est le seul risque, on noud son foulard, et on change de pièces, on pourrait dire mais Garrel sait très bien cela, il met en scène la futilité existentielle de ses personnages, mais c'est pas vrai, c'est pas vrai, à aucun moment il ne met en scène une quelconque futilité absurde de ses personnages, (comme pouvait le fair Godard à l'aide du théâtre dans "La chinoise"), Garrel les suit pas-à-pas, il n'emet aucune distance, distanciation, ils récitent des vers, et Garrel trouve ça trés beau, ( se demander ce que faisait la bande à Debord à la même époque, puisqu'il avaient le même âge), les garçons de Garrel, puisque dans le film les filles ne servent à rien, sont plus proches de la ringardise que de l'avant-garde, ils sont dans le romantisme, dans la contemplation, (ce dont Garrel n'est pas encore sorti), mais ils n'avancent pas, (la fille pour ses scultures ringardes, elle pouvait rester en france, (c'était pas la peine d'aller saloper les USA)),
- Au début c'était très beau, ces balbutiements, ils bougeaient les lèvres*,(et ne parlaient pas tout de suite, ils attendaient comme la suite), et sembaient réfléchir, comme s'ils songeaient, ils étaient dans une sorte d'hésitation(s), de limbes, mais garrel me semblait n'en faisait rien, le seul mouvement du film, (curieusement je pensais "le seul moment du film), était le poster, le devenir poster, (le spectacle donc), l'imagerie, c'est-à-dire pas le sens, pas le plan,
- On pourrait rétorquer, ils ont rêvé la révolution, après tout ils étaient exactement comme ça à l'époque, (un peu fleur bleu), mais non mais non, Garrel est obstinément pas de ce côté là, il a réellement cru faire la révolution, (je parle aussi de ses personnages), quoique Garrel dise quelque part qu'au fond il n'a rien fait, qu'il n'était pas vraiment là, (je retrouverai le passage exact), alors qu'en fait, ses personnages n'ont mêmes pas voulu la faire cette révolution, (de peur de se salir les mains), ils n'ont pas voulu tuer "d'innocents", (alors qu'on ne fait pas une omelette sans casser des oeufs), un moment le copain du héros reçoit une lettre (glissée sous la porte), et c'est bien ça que le lui reproche le mec, le point de vue de Garrel est tout dans la réaction des héros, ils s'en foutent, ça les navre, (en sous-texte, on s'en fout on a un grand appart et des parents géniaux, on peint on est des poètes), au fond ils ne comprennent pas pourquoi leur ami s'obstine, ils sont dans le fantasme [de la révolution], mais méprisent ceux qui l'a font, ou plutôt, (d'un haussement d'épaule), les ignorent, (et puis eux récitent des vers, du Musset), ils passent aussitôt à autre chose, le film alors,on 'en rend compte peu à peu, ne capitalise rien, il n'est que dans le discours,
- Chez Renoir, il y a toujours des trésors cachés; dans "Journal d'une femme de chambre", l'héroïne et saisie dans son individualisme, un tremblement des traits, un tremblement d'avant, une sorte d'avant la parole, (dans "Le Carosse d'or" aussi), est toujours saisie dans sa révolte face au monde, c'et-à-dire l'existence d'autrui, et qu'il faille bien en tenir compte, une sorte de combat intérieur qui affleure, (et se transforme d'abord en rage), et par exemple encore ans "Journal dune femme de chambre", il y a toujours éclatement, (et partage du trésor), il y a toujours un aboutissement physique du film, chez Garrel le film est terminé bien avant, il s'est effondré la première heure, les deux suivantes il se regarde, il ne fait que ça, mais n'a rien à dire, il traîne, (c'est-à-dire il se complait), mais il ne se passe rien, on les voit danser et fumer, et réciter des vers, on assiste à ça plutôt, (et on doit dire merci), un moment, ce moment scénaristik où elle lui demande pour coucher avec un autre type, juste pour faire genre, ensuite elle trahira à nouveau),
- Sa copine lui annonçant son mariage, une séquence quasi phobique,
- Lorsqu'ils se font contrôler, c'est presque indécent de la part de Garrel, je veux dire, ils n'ont qu'une petite vie minable, Garrel fait un film Hollywodien sur un groupe de minables, plutôt, il croit faire un film Hollywoodien, il croit réellement que sa petite bande minable est révolutionnaire,
- (Pendant la guerre d'Algérie, pendant la résistance, les femmes étaient là, pour Garrel, Mai 68, c'est une histoire d'hommes, les femmes font pots de fleurs),
- La séquence du début, l'émeute, le lieu de l'émeute, (dans un sens presque Lacanien), un lieu/mémoire, (ou lieu-mémoire?), était très belle, (à venir), on se dit d'ailleurs, certains blogs ressemblent à de tels lieux, des lieux d'émeutes, ( ex: , ex: ), il ne cherche pas la reconstitution, on voit bien que c'est filmé dans une sorte de grand terrain vague, un lieu fantasmatique,
- Chez Renoir, le film se termine, à la condition du partage, (voix de Badiou),
- Pour le Garrel, on pourrait dire, il est passé à côté de son sujet, (autrement dit il a loupé son film), il a Larrieuliser son cinéma, l'a frodonniser, (puisque tout le cinéma français est frodonnisé, Antoine de Baequisé, cramé, Ségurisé, etc, c'est-à-dire, bien pensant, gentil, ne faisant pas de vague, un cinéma du troisième âge, d'ailleurs c'était le public du film de Garrel lorsque j'y suis allé, celui des maisons de retraite), celui du cinéma français, rappelons, ces deux dernières années, il n'y a eu qu'un film français réellement Associal, celui des Villovitch, "Bye Bye Tigger", le reste, cochonneries, cochonneries..; (je parle des films sortis commercialements),
- * C'est comme des bulles avais-je pensé un moment.
- Correspondance:
- * Je viens de lire votre note sur Garrel, je ne suis pas d'accord avec vous, par exemple, lorsque le type reçoit le mot sous sa porte, pour moi il y a une vraie douleur chez le type, il ne s'en fout pas du tout, mais il fait semblant, c'est d'ailleurs un personnage qui fait toujours semblant, qui glisse sur les choses mais fait comme si, parce qu'il me semble que c'est cela l'idéologie bourgeoise, faire semblant, et Garrel n'est pas dupe là dessus; de la même manière, le gros plan sur les chausures boueuses attrapées par la mère, ce plan là, qui insiste, est sans ambiguité sur ce que pense Garrel, sur le fait que ce garçon finalement se comporte comme un bourgeois sans s'en rendre compte, en acceptant le confort avec lequel il est né (et d'ailleurs après ou avant Garrel filme longtemps la mère qui repasse ou passe l'aspirateur, là aussi c'est très clair). Justement ce qui est beau dans ce film, c'est que c'est un film sur l"échec, l'échec est partout, chez les uns et chez les autres, c'est un film sur l'impossibilité du groupe, sur l'utopie massacrée...
- **Mais justement, j'y crois pas que Garrel ne soit pas dupe, il fait semblant, mais il est dans ce romantisme là, de se dire tout au moins que c'est pas grave, pas grave passons, les scènes ménagères aussi il nous a fait le coup, ( "La naissance de l'amour"), c'est de la bonne conscience, je pense sincèrement qu'il y a une misogynie chez Garrel de toute façon, qu'il pense comme les réacs de droite qu'il n'y a que les hommes pour créer, qu'il faut des couilles, et que de toute façon les femmes trahissent,le type je crois pas qu'il y ait de douleur pour le billet, d'ailleurs le film jamais ne revient dessus, c'est étrangement film sans mémoire à l'oeuvre,
- *Garrel peut très bien ne pas être dupe et en même temps dans le romantisme dont vous parlez, je ne vois pas en quoi il y a contradiction, c'est justement cette subtilité que j'aime dans le film...
- Quant à la misogynie, on retrouve la même chez Godard (si tant est que ça en soi) et pourtant ça ne vous viendrais pas à l'esprit de le traiter de réac de droite...et puis de toute façon, précisément, c'est elle qui crée, qui fait fructifier son acte de créatiion, elle part à NY pour sculpter, pas pour faire la potiche, tandis que lui est dans une sorte d'incapacité; justement il y a cette très belle scène où elle parle de son père, on sent qu'elle ne veut pas être dans la reproduction de ce qui a miné son père, que c'ets presque pour rendre une dignité à son père qu'elle cherche à s'en sortir, c'est très beau je trouve, et en même temps Garrel montre combien ça se fait au détriment de l'autre, je n'y vois rien de misogyne, c'est au contraire un constat désespéré que le monde ayant évolué de telle sorte, il ne reste plus que sa propre défense individuelle, le groupe n'existe plus (et ce que montre le mot sous la porte, en passant, c'est qu'il n'a jamais vraiment existé, qu'il était lui-même une sorte d'illusion)
- Et sur la mémoire je ne suis vraiment pas d'accord avec vous, au contraire, les choses se sédimentent, la pregnance de la temporalité fait que les choses se sédimentent et restent en mémoire justement, personnellement je n'ai rien oublié des plans et des mots que j'ai reçu comme des coups de poignards, c'est vraiment d'une grande lucidité sur notre époque, sur comment tout un chacun se comporte en barbare vis à vis de l'autre pour survivre...
- **Pour Godard réac de droite si j'y pensais justement, (je pensais même déjà l'avoir écrit récmment, ça devait être dans un mail), oui pour sculpter, mais elle trahit, les mecs chez Garrel ne sont jamais dans la trahison, (les héros), la misogynie chez Garrel est que les filles ne font rien, elles sont
là, elles sont belles avec de longues jupes, mais elles ne font rien, elles vont mêmes pas sur les barricades, rien, (de la façon dont vous parlez du film, on dirait du Haneke, (c'était trop tentant de vous sortir ça)), il filme pas son incapacité, juste il sait pas quoi en faire de son héros, Bresson les filmait dans leur incapacité, Il y a un beau plan dans "La vie est à nous", de Renoir, un mec qui distribue des tracts, comme à perte, et le mec qui erre, chez Garrel rien de tout ça, il ne filme pas la perte, il filme le romantisme, (le romantisme de la perte à la limite), je vais essayer de revoir 5 minutes ce soir,
- En attendant, on peut lire ça, ( à titre informatif évidemment)...
novembre 7, 2005 in Spectre 01 | Permalink