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23/11/2005

V, (log book),

- Comme un long temps de pose avais-je pensé, plusieurs semaines, comme s'il lui fallait effectivement plusieurs semaines entre deux photos, (entre deux séries de photos), comme si ses photos avaient besoin de ce temps là, comme s'il y avait besoin de temps aussi pour la simplicité. Je m'étais dit ensuite, "apparaître est un processus lent"...

- , et .

- Je chantonnais Annie Annie sur le chemin, (...), c'était d'abord quelque chose de lointain, un mouvement, ou de la veille, ou d'un siècle passé, (...), le jeu un peu outrancier des acteurs, de l'actrice surtout, sa laideur magnifique, sa laideur culotée avais-je pensée, (terme provisoire), la croyance Oliveirienne de Walsh était là, avais-je pensé, dans la "laideur" de l'actrice, Walsh comme Oliveira avais-je pensé, c'est l'art de nous faire prendre des vessies pour des lanterne, Walsh me disait, tenait le film entier sur sa croyance absolue en la beauté de l'actrice, bien évidemment très laide, l'exercice était la corde raide avais-je pensé, il faudra nous faire croire en sa beauté jusqu'à la fin, m'étais-je dis, alors qu'on voit bien, qu'il ne nous le cache pas qu'elle est très laide, l'actrice, sa laideur comme artifice avais-je pensé, le jeu outrancier, m'étais-je dis, s'accorde très bien au décor en carton pâte, ce qui était très beau, m'étais-je dis, c'est l'ennui des personnages, l'ennui des acteurs, et le déhanchement de l'actrice, elle crâne m'étais-je dit, qu'elle crâneuse, m'étais-je dis, c'est étrange, m'étais-je dis ensuite, on dirait une course des acteurs/des personnages contre le scénario, ne pas se laisser rattraper, (même attraper tout court)...

- "Annie du Klondike", de Raoul Waslh.

- Pour "Domino", j'avais pensé pendant le générique que j'aimerai ce film, quiqu'il arrive, le problème est qu'il n'arriva rien, (sauf un ennui profond), j'aimais bien sa tentative MTV de pomper le cinéma expérimental, mais le problème était que colorier un scénario d'une autre couleur n'était pas vraiment suffisant, la solution, m'étais-je dit, n'est pas dans le coloriage, c'est pas parce qu'on secoue un film, des images dans tous les sens que ça fera [justement] sens, c'est dommage m'étais-je dit, j'espérais vraiment quelque chose de ce film, (et baste)...

- "Domino", de Tony Scott.

- Je remarquais une chose cependant, le cinéma Américain érotisme les paysages, la vie, (le cinéma français non, le cinéma français, les Larrieux, Civeyrac ne le filme qu'en fonction d'une subvention, sinon non, (et pour l'érotisme, la pensée de ce qui est filmé, le sentiment de ce qui est filmé, la subvention n'est j'imagine pas assez importante), (je sais je suis poujadiste), on pourrait dire du cinéma français, "il ne filme le monde qu'en fonction de la subvention [qu'il en retire], sinon non", (en gros)...

novembre 23, 2005 in Spectre 01 | Permalink