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25/11/2005
V, (brouillon)
- Je recommence avais-je pensé, pensant justement à Jean-Luc Godard, je reprends depuis le début, (mais d'abord je prends le tramway), pour le film "Convergence", je comprends pas avais-je pensé, l'écran en deux et en diagonale, bof, c'est dommage, avais-je pensé, et pourtant tous ces fragments, mais ce pseudo avant-gardisme, ce machin réchauffé, bof, tout s'annule avais-je noté, petit-à-petit, néanmoins, vais-je noté, on dissocie cela, mais avais-je noté, on ne l'oublie pas, ce qu'il faut m'étais-je dit, lorsque commençait le second film, "Couvreurs de toit", l'écran était alors à nouveau partagé, mais dans le sens vertical, c'est regarder clairement ce qu'on fait, fixement ce qu'on fait, (j'avais noté ce qu'on filme), étrangement, m'étais-je dit un peu plus tard, lorsque l'écran n'était plus séparé, les choses sont beaucoup plus abstraites, beaucoup plus mystérieuses, je m'étais dit, finalement, le cinéma, c'est comme un plat de nouilles, il vaut mieux être seul, (j'avais noté "pour le manger"), j'avais noté, j'aime bien qu'il filme les rideaux, je m'étais dit, c'est comme s'il filmait ses pieds, son piétinement, il marque sa position, il recadre les choses m'étais-je dit, il se situe, surtout m'étais-je dit, il filme comme son propre ennui, ses aller-retours, (on pensait aussi, putain, il a passé tout ce temps debout?), puis je me disais, c'est au fond, toujours la même image qui revient, (ce qui était assez normal, puisqu'ils ne faisaient qu'une unique chose les mecs d'en face, ceux qu'ils filmaient, couvrir un toit), je me disais, au fil des minutes du film, on voit juste que leur tâche avance, un moment c'était très beau, on les voyait manger, on se disait, il a fallu combien de jours derrière son rideau pour chopper cette image là, cette image très simple et très belle, (comme une image de bivouac), je m'étais dit, putain, il a dû se faire chier pour avoir cette image là, plus que nous, (sauf que nous, c'était pas chiant, pas vraiment), je m'étais dit, lorsqu'ils reprirent le travail, le temps, si l'on y prends garde, c'est l'enfer, un moment il ouvrait et fermait sa fenêtre, filmait un mur, ça devenait comme un western, c'était magnifique, la fiction naissait on ne savait d'où, et ça concernait un bout de ciment, quelque chose naissait réellement d'un mur avais-je noté, repensant à ce que disait Daney des personnages, (dans un entretien avec lui, Toubiana et Godard je crois), je m'étais dit, chez Castel, un bout de ciment, à force, devient Sirkien, un autre moment, on sentait que c'était le matin, et qu'il venait probablement de se lever, on sentait que c'était fini, ( étrangement j'avais pensé à la neige, on avait l'impression que la neige tombait), le chalumeau, il le filmait, était encore ouvert, mais c'était fini, (en fait non), ils mesuraient quelque chose, lui, il avait comme filmé comme du temps passé, (...), petit-à-petit surtout, on se disait, à force, ils sont comme isolés, (...), à force, il y a comme une déréalisation, et m'étais-je dit, à force, ont pourrait dire, ils s'en vont...
- Sinon là.
novembre 25, 2005 in Spectre 01 | Permalink