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30/11/2005

V, (brouillon),

- Hier vu "Palais royal", pas une réussite, (voix de Catherine B), tout a été dit, pensais-je, c'est-à-dire, personne n'a pu en dire autre chose que ça "pas une réussite", le seul fait notable, concernant ce film, est la différence [hystérique] de traitement, entre ce dernier et ce chef-d'oeuvre inconnu donc, "40 ans, toujours puceau", des tonnes de papiers, (surtout dans la presse dite sérieuse), pour le navet français, rien pour le chef-d'oeuvre inconnu, le film "40 ans, toujours puceau", c'est le seul fait notable, concernant le film de Lemercier, personne que j'aime assez, je crois d'ailleurs qu'elle sait pas quoi en faire, Lemercier, de tout cet amour qu'on lui porte, elle ose pas s'en dégager, (s'en libérer), un autre fait notable, concernant ce film, ce navet, aux Etats-Unis, ce pays magnifique, (ce pays absolument grandiose, ce peuple inimaginable), un tel film ne serait pas possible, ils ne le supporteraient pas, ils auraient honte, c'est bien simple, le film ne se ferait pas, (ou alors on virerait (avec raison) le réalisateur, qu'il soit à l'origine du scénario ou pas, (aux Etats-Unis, le scénario ne compte pas, ils s'en foutent, ils savent bien que ce n'est pas important, que c'est le réalisateur qui compte, (en france non, ils ne savent rien, ils croient au scénario)), pour "The weather man", le premier plan, la première image, je m'étais dit, on peut pas faire plus dépressif, en deux mots, pour le scénario, que le mec soit nul et dépressif, ça leur suffisait pas, ils l'avaient affublé d'une fille moche, grosse et stupide, (empotée), limite mongol, le fils était pas vraiment mieux, les Américains, pensais-je, montrent plus volontiers le corps qu'on ne l'imagine, je me disais, en france, cette petite sous-prefecture intellectuelle, on ne montre jamais des corps laids, on cache le peuple, (au fond), en france, m'étais-je fais la remarque, si l'on ne passe pas à la TV, on ne fait pas de cinéma, en france, m'étais-je dis, si l'on n'est pas un fils célèbre, si l'on ne vient pas d'une riche famille, si l'on n'a pas de fortune, on n'existe pas, on ne fait pas de cinéma, le corps, m'étais-je dis, est essentiellement bourgeois dans notre petite principauté pétainiste de merde, (un exemple qui m'avait frappé à l'époque, les films de Jean-Pierre Limousin, des corps beaux, des familles riches, point, même celui qui ressemblait le plus apparemment à un prolo était issu d'une "grande famille", c'est ainsi les films de gauche en france, m'étais-je dit à l'époque, c'est la politique ds h/auteurs à la française), je me souviens, concernant l'Amérique, de ce film de l'année dernière, avec ce gosse aussi, genre gros porc, et qui finissait au fond d'une rivière, un lynchage radical, concernant "The weather man", (vu dans une VF catastrophique), ce qui n'allait pas, au fond, était cette sorte de respect aveugle envers le scénario, le type, le réalisateur comprenait bien de quoi il s'agissait, mais sans plus, d'un côté il en faisait plus qu'il ne fallait, d'un autre côté, justement parce qu'il en faisait [un peu] plus, ce plus devenait [alors] comme pas assez, il en faisait trop, (d'une certaine manière), (pour que ça soit dès lors satisfaisant), (du coup, on lui en demandait plus), et jamais il n'allait trop loin, le film était beau, mais pas assez, dépressif, mais pas assez, juste un peu au-delà des limites de l'acceptable meanstream, le mec ne débordait pas assez se disait-on, on pourrait dire aussi, s'agissant du corps, aux Etats-Unis, le corps est un objet de fiction, (en france non, en france il sert de réclame à la bourgeoisie), (en france, m'étais-je dis, on peut être gros si l'on est la fille de Balasko ou [le fils de] Jacques Demy, sinon non),  (comme on dit fils de pute),

- A part ça, Scorsese est un âne, et un très mauvais cinéaste, il a fait "Les affranchis", et puis c'est tout, le reste c'est rien, j'aime bien vaguement son film avec l'ambulance et Nicolas cage, et celui aussi avec le billard, en parlant de Nicolas Cage, je suis allé voir son film aujourd'hui, au Gaumont Aquaboulevard, ce merveilleux cinéma, (ah oui j'en ai parlé plus haut),

- Ah oui, à la cinémathèque il y a un distributeur de boisson chaude maintenant, (c'est pas grand chose, mais bon, on connait cette phrase de Carver), parce que, après le film au Gaumont Aquaboulevard, je suis allé voir ces courts-métrages de Douglas Sirk, (et me suis rendu compte que j'avais loupé ce film de Renoir "Helena et les hommes", toujours pas vu au cinéma donc), les films étaient mauvais, j'avais quand même compris deux ou trois trucs malgré tout, ( et surtout malgré Sirk), au début je m'étais planté, j'avais pensé, (et noté) que l'on devine dès la première image, réellement la première image si le film serait bon ou pas, tout en ayant raison sur ce point, j'avais eu tort de le noter pour ces films de Douglas Sirk, (et même bien évidemment de le penser), parce qu'après la première image du premier film, tout allait en empirant, tout était, (pour aller vite), du niveau de l'illustration, (de l'illustration sonore presque, au sens illumination), le film, les trois, n'étaient que performance scénaristique, (déjà machin Tennesse, c'était foutu d'avance), je m'étais dit, lors du premier, ça enregistre le jeu des acteurs, ça le porte peut-être à la perfection, (mais on s'en fout dans ce cas précis), et c'est tout, pour le second je crois, je m'étais dit, le problème du film, de Sirk aussi, est lorsqu'il veut l'inviter à danser, et qu'elle dit non, on s'en doute depuis longtemps, c'est-à-dire, elle ne peut aucunement dire oui, à cause du film même, de la mise en scène même, je veux dire, on entend effectivement des rires de la musique du brouhaha, mais c'est juste qu'on entend le play-back, il n'y a pas le hors-champs réel, il n'y a qu'un hors-champs en toc, SFP, le film, les films essaient de nous faire oublier cela, par son esthétique, je pensais à l'instant toc et de nouveau riche, ils essaient qu'on y pense pas, mais lui-même y pense constamment, et lui-même pour qu'on y pense pas, nous rajoute encore du playback, qui a pour résultat de nous y faire penser encore plus, tout est trop apprêté m'étais dit, trop beau pour être honnête, m'étais-je dit, c'est là néanmoins où j'avais pensé, à cause de ce décor unique, de cette impossibilité, que chez Sirk, justement, on ne vivait jamais directement de ce quoi on parlait, chez Sirk, m'étais-je dit, ça se passe toujours ailleurs, ou avant, je veux dire, au sens, déjà pasé, trop tard du terme, avant même que parfois cela puisse peut-être même arriver, chez Sirk, m'étais-je dit, on est déjà bloqué quelque part, (comme dans cette pièce de Sartre),

novembre 30, 2005 in Spectre 01 | Permalink