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27/12/2005

V, ( ne discutez pas de ces choses, contentez-vous d'être libre, (notes)),

- Ce premier plan, les femmes marchant en cercle dans la cour de la prison, filmée de haut, je cherche un film de Ford, je crois que c'est Flesh, pour un mouvement d'appareil qui m'avait beaucoup impressionné, un mouvement que je n'avais retrouvé que chez Carax ou Ange Leccia, cette séquence dans la taverne qui e fait penser à ce film "Les nains aussi ont commencés petits", la caisse surdimenssionnée, l'hystérie, la façon qu'ils ont d'entrer hystériquement dans les plans, ou d'y être, la "baignoire" du type, un énorme tonneau surdimmensionné, tout est trop grand dans ce film, tout est trop, sa choppe aussi, d'un côté je me dis, il s'interesse plus à l'ambiance, mais c'est quoi cette folie, cette bêtise cette idiotie presque, il est de quand le film, des années 30, l'époque sérieuse pourtant de Ford? (Je me dis à l'instant, mais à l'époque ça se faisait aussi beaucoup ce genre de chose, ah oui?), donc ah oui? Oi le sentimentalisme oui, l'idiotie oui peut-être chez Chaplin oui, mais l'hystérie réelle des acteurs de leur jeu?  Je suis pas certain, (de ça), (de l'hystérie des acteurs, de leur jeu, (chez les autres, qu'on le trouvait ailleurs si souvent)), ce que j'aime du film c'est qu'il est en avance sur le scénario, ou plutot, il prend fréquemment de l'avance, Ford réduit le scénario à un état proche du squelette, j'ai toujours eu peur de ce film, trop proche à mon sens du film de Renoir "La chienne", je n'aime pas les films où le malheur, la poisse semble inscrit, du film de Renoir je ne connais pas la fin, (mais on me l'a raconté), et celui là non plus je n'en connais pas la fin, un moment il se rend pas compte, il lui demande de lui toucher les fesses, (parce qu'avant il lui avait demandé de lui toucher les abdos, elle en revenait pas d'ailleurs, de la dureté du corps du type, lui si gentil, ça contrastait mystérieusement trop avec sa bonté, au type, sa dureté musculaire, elle ne comprenait pas, la dureté physique et la douceur humaine, son regard disait ça en gros), finalement me disais-je je comprenais l'importance effective que cela se passait dans un pays disons Germanique, Ford jouait avec les mots, les mots devenants eux-mêmes comme une explication, c'est-à-dire il prenait toujours le temps de nous expliquer par le geste les phrases dites par l'acteur, il redoublait son jeu, le rendait muet en même temps, tout-au-moins expressif, disons il s'en servait, tout était vu me disais-je, (au mment où il sortait la robe de nuit), et regardé surtout, il y avait quelque chose de presque pédagogique, d'innocent dans cette façon de faire, "de surprise en surprise", disait-elle d'ailleurs, et Ford prenant soin alors de filmer cette instant de deux façons différentes, elle disant cela, et elle, que nous voyons juste après avoir dit cela, je veux dire, comme si au fond il ne se faisait aucune illusion, comme une fatalité humaine, c'est-à-dire, elle dit ça et elle n'y pense plus, puis, lorsqu'il passe à travers la porte, (il s'est enfermé sans s'en aprecevoir), je me dis, il a un regard extatique, ce n'est pas un regard idiot, il est juste heureux, (donc idiot si l'on veut), la porte chez Ford, au fond, envisagé comme un hymen, je revois plusieurs fois la scène, (de la porte et de son explication matinale), et je me dis, oui, chez Nicolas Rey, dans "Schuss", c'était pareil, le sens des images, revoyant la séquence à  nouveau je me dis, "avant et après", je veux dire, au fond dans "Schuss",il y a un effet magnétoscope, pas rembobinage comme dans le dernier Spielberg, non magnétoscope,  ce que je veux dire, mais ce n'est pas ça que je voulais dire par effet magnétoscope, c'est que ce film, on est obligé d'avoir la télécommande à la main, vraiment obligé, (à moins d'être con), je me rends compte, cette fille, elle arrête pas de dire comment elle s'appelle, (Laura Nash), lorsqu'il casse l'oeuf, je me dis "tout est question de mise en scène", puisje me disais, après la séance de lecture, Polakaï, il a pas conscience d'être, il est, mais en a pas conscience, il a pas, comme dit l'autre un moment une nature romanesque, la séquence avec le chat, comme si on ne savait pas qu'il dormait là avant, le chat, je veux dire aussi, il prépare déjà le lit, Polakaï, ce qui le sauve, c'est sa faculté d'oubli, retrouvé le mouvement de caméra cherché, (là, mais à venir), non un mouvement comme chez Carax ou chez Leccia, ni un mouvement comme dans "La prisonnière du désert", mais un mouvement léger, qui accompagne, un mouvement aussi que ne sert rien presque, juste attentif, presque caressant, tendre, je veux dire, il les suit du regard, le reste du film, c'est plus un combat pour la fille, un truc assez catho, assez Bressonien, ou Rosselinien, pas une rédemption, je veux dire, elle a conscience de tout, dès le début, juste, elle le refuse presque même pas, d'un côté ou d'un autre, elle ne choisit pas tout implement, une question d'habitude, c'est peu à peu qu'elle fauit comme une espèce de choix, c'est-à-dire, elle se rend compte, dsons, pour elle, c'est trop évident, elle ne l'envisage pas, c'est presque trop simple, la mise en scène se fait plu paresseuse je trouve, passé les deux premiers tiers, arrivé en Amérique,

décembre 27, 2005 in Spectre 01 | Permalink