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31/01/2006

V, (brouillon),

- (Assez déçu par Munich), j'aurai préféré un truc 100% shooting, une film radicalement de série b comme pouvait l'être "War of the world"*, (un des films les plus sublimes de l'histoire du cinéma), là, ça me semble complaisant dans l'humanisme, rien à foutre des états d'âme du type, du coup, Spielberg, à force de s'excuser, il passe à côté du film, il le rate, il s'excuse, mais il est surtout paresseux, en même temps, effaçant un passage consacré aux Palestiniens, je me dis que c'est impossible un tel film, parce qu'il faudrait justement aussi filmer les Palestiniens, la prise d'otage selon leur point de vue, Spielberg on voit qu'il a essayé, que leurs regards terrifiés c'était ça, c'était vouloir aller vers ce film là, et que c'était impossible, (que ça lui est impossible à lui, déjà avec ce qui reste du film, les réactions outragées, on se dit que quelque chose de plus radical, formellement, aux yeux des journalistes, n'aurait jamais été accepté), il fallait que ce film soit réellement une bataille à mort, (comme War of the world), là c'est plus un film pour l'opinion public, (c'est-à-dire que Spielberg a eu peur de son film),

- Spielberg, (ses scénaristes), sont/est passé(s) pas loin du film, c'est-à-dire la fabrique d'image pour remplacer les morts, (Israel, étant quand même la seule nation de fantômes, (à base de morts pourrait-on dire)), c'est une nation dont la plupart manquent, et le film c'était ça, disons ça aurait du l'être, et ça ne le fût pas, par respect presque, (alors que le respect, je suis pas certain qu'on le trouve dans le remord), (au sens états d'âme), le film aurait du être un film de guerre, juste cela, et c'est comme si Spielberg n'avait pas trouvé le cinéma assez digne, et qu'il fallait plaquer un discours, (pas assez monumental, au sens monument aux morts, (alors que le cinéma ne peut être cela, un monument aux morts) l'accompagner d'un discours, comme s'il avait eu honte, alors que je suis pas certain que la honte était de ce côté là, je me dis, la seule piste acceptable, humaniste du film, était la manipulation, je  veux dire, lorsque vers la toute fin son chef lui dit qu'en gros un tel ou un tel, n'était peut-être pas directement impliqué, mais coupable autrement, on pourrait dire, jamais le film ne met en scène quoique ce soit, jamais cela ne dépasse l'intention scénaristique, tout est lourd, appuyé, jamais cette saturation scénaristique ne débouche sur quoique ce soit de plastique, comme cela pouvait arriver dans ce film "Notre pain quotidien", (de King Vidor),

- Le film on se rendait compte quand même, dès le générique, dès la musique, que ce serait sur ce qui manque, les trous en quelque sorte, et que le film, serait cela, aller à la rencontre de fantômes presque, et leur donner soit un nom, soit un visage, et le film c'était ça, ne parler que de cela, du comment y arriver, et c'était aussi son échec, et c'était aussi pourquoi, le pourquoi de la dernière séquence, et c'était aussi ne parler que de son échec, presque de son échec prévisible, on pourrait dire ou hasarder, la réussite du film est son échec, programmé, à venir, la réussite du film est qu'il ne parle(rait) que de cela,

- Un moment, lors de la séquence avec la petite fille, (et la bombe), (une séquence au fond pas si loin de l'horrible scène ratée de la chambre à gaz de "Schindler's list"), je me suis dit, il y a trop d'images, c'est réussi presque justement par rapport à ça, ce trop, le film (y) trouve sa logique, il déborde, mais (y) trouve sa logique,

- C'est laborieux hein? (le post)

- * Et ce, jusque dans ses références cinéphiliques, s'en servant non comme matériel référenciel, mais bien comme matière même,

 

janvier 31, 2006 in Spectre 01 | Permalink