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2006.02.27

V, (brouillon).

- Vu deux films aujourd'hui, "Braqueurs amateurs" et "Down in the valley", ce dernier étant un film sublime, je n'avais rien lu à son sujet, (l'esprit critique en france, c'est en rapport avec le budget publicitaire), et j'aurai pu passer à côté, j'y suis allé par hasard et par désespoir, (vu trop de merdes),  en sortant, un sourire idiot au visage, je m'etais dit que je mettrai bien un cierge à Saint Christophe (Colomb) pour avoir découvert l'Amérique, je me suis dit que le vrai patron du cinéma, le premier Saint, c'était lui, et ce, pour avoir découvert l'Amérique, (et indirectement [avoir permis] le cinéma), (on remarquera d'ailleurs qu'Amérique commence par un A et cinéma se termine par un A, c'est un signe), (rires), mais bon, les églises étaient fermées, d'ailleurs les églises ferment tôt à Paris, (ailleurs aussi)...

- Le film, je ne sais pas si on peut parler de modernité à son propos, il l'est pas ouvertement, il n'est pas d'avant-garde, (et encore moins baptiste ou adventiste, comme dirait Sokourov), moi je dis que si, mais je crois que le terme est difficilement recevable, n'est pas approprié, disons que pourtant il l'est, il l'est par la pensée, (absolument pas par l'intention), son intention d'ailleurs, est de faire un film de "divertissement", un film "familal", mais évidemment ça, c'est faux, c'est exactement un film d'avant-garde, le début, tout de suite on sait que le film sera beau, sa façon de filmer les pylônes, un érotisme paysager incroyable, on voudrait presque habiter dessous, et puis la fille sort de chez elle, filmée en plongée, on se dit tiens, c'est presque une entrée à la Guitry, deux pas, et le film débute, la simplicité même, on se dit oui, le cinéma Américain c'est ça, une fille fait deux pas, et hop, c'est déjà du cinéma. Le film, assez vite on se dit que c'est pour voir jusque où c'est possible, jusque où aller, c'est pas très loin de l'imagerie se dit-on d'abord, des photos publicitaires, c'est pas très loin du polaroïde, des photos de vacances se dit-on encore, il y a l'idée de l'image, de ce qui se passe si on prend une caméra plutôt qu'un appareil photo, se dire de voir ce qui se passe si on fait pas une pub, si on réunit les mêmes conditions et pour la pub, et pour la photo, que pour un polaroïd de vacance, le film, idéalement, c'est ça, idéalement, parce que sur le papier, le type s'est probablement posé ces questions là, il s'est posé la question du cinéma, de ce qu'est la fiction, de ce qu'est un récit, ensuite on se dit, il s'est posé cette question, "c'est qui l'autre", surtout l'autre quand il est idiot? J'aime bien cette question du film, on en fait quoi [maintenant] de l'autre? Surtout, j'aime bien sa façon au film d'être lourd par rapport à ça, d'en faire un peu trop, de rien laisser de côté, le film est parfait de son imperfection même, parfois, peut-on se dire, effectivement, des scènes, des séquences entières ne vont pas, sont en trop, on se dit qu'elles ne devraient pas y être, je pense à la scène avec la logeuse, la scène de cambriolage chez son père, et deux ou trois autres, mais au fond, c'est moi qui dit ça, et ça pourrait être un autre, même, c'est presque pour faire plaisir, il y a une sorte de pureté du film, d'innocence ou de naïveté à ne pas nous cacher ses moments faibles, à ne pas même les éviter, (presque de ne point s'en préoccuper), une sorte de naïveté Eustachienne, (tout doit être dit), 

- Je repense au film, je me dis "tout était filmé comme déjà une image", (le moment par exemple où il l'aperçoit à travers le pare-brise), (le type, son problème, on se dit qu'il voit les gens en deux dimensions), peut-être presque comme déjà de la fiction, mais je ne suis pas sûr, c'est certain que ça part de là, (reste à définir le ça comme dirait l'autre), de quelque chose de déjà fictionnalisé, de quelque chose qui a déjà commencé, j'aime bien l'idée sans cadre, comme on dirait sans fard, de l'image, le mec ne cherche jamais à cadrer, un peu comme le Rossellini de Descartes, d'ailleurs j'avais pensé un moment que c'était le premier film réussi de Rossellini, (et sans pipeau catholik),

  - Le film, on pourrait dire qu'il enregistre d'abord les choses, il ne les cadre pas, il est dans l'enregistrement des choses et pas dans le cinéma***,

- Le film un moment, ce sont des images de deuil, le type ne revient pas seulement sur ces pas, les images, celles-ci prennent pour ainsi dire le deuil, c'est comme des ruines avais-je noté, il revient sur les lieux, il crée de la mélancolie, dit autrement, ce sont les mêmes images, mais comme mortes, teintées, nimbées de deuil, (ou du deuil), au passé,

- La fin du film, la séquence dans le brouillard, la séquence dans les décors de ce film, puis dans ce quartier en construction, plus rien n'est réel, dans le sens où même le réel ne l'est plus, ou plutôt il rejoint enfin ce pays en deux dimensions, (c'est pour ça qu'il doit mourir),


- ***(au sens Assayas du terme), on peut dire d'ailleurs, Assayas (et consorts) est/sont dans la cinéphilie****, alors que le cinéma Américain dans la mémoire**, la forme, la réminiscence,

- *Larrieux, Jacquot, Lifchitz, etc, (c'est à dire presque les 100%du cinéma français), (et d'h/auteur), (copyright Skorecki),

- **Comme on dit la moindre des choses.

- **** Hum.

- **** Cinéphilie, au sens notariale du terme, (distinction***** Bourdieusienne du terme).

- ***** Il s'agit de montrer qu'on connait ses classiques, (comme de sortir l'argenterie), (une sorte de cinéphilie 15ème arrondissement, (pour ne pas dire balladurienne).

 

février 27, 2006 in Spectre 01 | Permalink

V, (brouillon)

- La définition la plus simple pour "Caught", était le terme, film hanté, mais peut-être que c'était lui-même, qui hantait, (peut-être même qu'il se hantait lui-même); "Caught", c'est 1949, "L'année dernière à Marienbad", c'est 1961, Les films d'Ophüls, "Madame de", "Caught", "Libelei", etc, sont comme des fantômes, quelque chose de spectral, le film de Resnais, "L'année dernière à Marienbad", en quelque sorte fixe les choses, les cristalise, on pourrait peut-être dire, s'en fait l'écho,

- D'un seul coup je me dis, mais qu'est-ce qui changerait pour ou dans "Caught", et j'ai cette réponse magnifique et sublime à moi-même, Ophüls, pour ce film, cherche la permanence* de l'image, c'est ce qui est terrifiant dans le film, plutôt, ce qui se joue est de l'ordre de la glaciation, c'est un combat quasi intérieur pourrait-on dire, Griffithien même, l'héroïnne, au fond, a [la] charge du film**, curieusement je me dis, la permanence chez Ophüls, ce serait l'écroulement (la mort) de l'image, on imagine pas chez lui, toutes ces colonnes ne pas s'écrouler dans un tel cas, chez lui, seul le mouvement soutient et laisse debout l'image, chez lui pourrait-on dire, une pièce, un plan, ne restent debout que parce qu'on y passe, que parce qu'on les traverse, chez lui, me dis-je, la permanence est dans le mouvement, jamais dans le figé, "Caught" au fond, me disais-je, c'est le devenir tableau, la fille c'est à quoi elle aspire au début, ses cours c'est exactement ça, lui apprendre à faire partie du tableau, et Ophüls, son film, sera de détruire, (en quelque sorte) le tableau, de le construire, de le laisser se construire, et de le détruire, (un peu comme Arman avec son salon), de toute façon me dis-je, repensant à ce scènes de duels, chez Ophüls, les plans composés, apportent la mort, c'est ça, au fond, la signification de ces plans si beaux sous la neige, (dans "Libelei" et "Madame de" par exemple),

- Dans le film, on pourrait dire aussi du mec, qu'il règne, il donne des ordres, il organise le tableau, mais tout est toujours trop grand pour lui.

- * Il ne cherche pas la permanence, je ne sais s'il part de là, disons, il va jusqu'à la lisière, ce serait presque comme une médidation, disons il tente de faire tenir, de faire durer un peu,

-** J'avais écrit aussi "à la charge du film"

février 27, 2006 in Spectre 01 | Permalink

2006.02.25

V, je ne t'aime pas, je ne t'aime pas, je ne t'aime pas...

- "Je connais très bien votre mari, je l'ai vu souvent souvent dans les ambassades, la dernière fois c'était à Madrid***"...

- Chez Ophüls, me disais-je, au tout début de "Madame de", (ce remake postérieur/précoce, de "L'année dernière à Marienbad", où même le carrelage est le même), c'est incroyable le nombre d'escaliers*, non? Ils montent, ils descendent, ils n'arrêtent jamais, (les acteurs). Il y a ces mots dans "Le cousins Pons",  de Balzac, "ce héros de l"histoire promise", je me dis, le film c'est ça, constamment une histoire promise, non une promesse, mais une histoire promise, "Madame de", me disais-je, c'est se rapprocher du bord du cadre, (j'avais noté "des bords du cadres"), d'épuiser quelque chose, l'image, de la vider, (comme à Trafic ils disaient "sauver l'image"), d'ailleurs me dis-je, un moment, même les acteurs, les personnages sont épuisés, (étrangement je pense au mot raturé en écrivant cela), j'avais noté aussi, de la vider...

- Je pense au mot "annoncé" aussi, relisant ce terme "histoire promise", on pourrait aussi dire du film "une histoire annoncée",

- Chez Ophüls, chaque film tend à une chose, à une image, une seule, une image tendue, déplié. Tout l'effort des films d'Ophüls ne tendent qu'à cela****, un dépli absolu, presque un claquement, d'ailleurs écrivant "claquement", il est curieux de retrouver et dans "Libelei", et dans "Madame de", cette phrase de la petite-amie assistant aux duels, et s'étonnant de n'entendre qu'un coup de feu, comprenant que tout est fini... Le coup de feu, le duel comme un écho, comme le son lointain, différé, à distance, du plan qu'Ophüls aura mis tout le film à chercher, (il faudrait plutôt dire "construire"), j'avais pensé un moment, à l'instant au mot "lisser", mais ce n'est absolument pas ça, Ophüls ne lisse pas, l'image chez lui un moment, se tend, et rompt, (je ne crois pas que ce soit le terme exact),

- Les points communs avec "Libelei" étant d'ailleurs plus que nombreux...

- *Ophüls en r-ajoute** d'ailleurs, le bijoutier, sa boutique dans laquelle il faut dabord descendre (et de son fiacre, et dans une sorte de sous-sol), pour aussitôt remonter un escalier étroit, (pour accéder au bureau du bijoutier), (parcours presque Lacanien), (disons rapidemment "chambre Lacanienne"),

- Chez Ophüls, dans ce film, il y a toujours des figurants, des seconds rôles pour commentyer l'image, "l'action", ainsi des musiciens du bal, (et il y a toujours un personnage un peu plus revêche), "Ces deux là sont toujours les derniers. Qui est-ce? C'est le baron ... C'est madame de...Oui eh ben baron ou pas baron, moi j'en ai assez, j'm'en vais"... Ils y a les soldats de garde qui interviennent par deux fois je crois, ("encore des fayots, y en a assez"), une autre fois aiu début je crois, un soldats qui dit en gros "il va se passer quelque chose", ou "il se passe quelque chose",

- ** En r-ajoute, (r), puisqu'Ophüls, pour ce film (tout-au-moins), joue sur la saturation, (musicale par exemple), sur la saturation sinon la répétition.

- ***Ou à Marienbad?

- ****Un principe que l'on retrouve partiellement à l'oeuvre, (mais avec moins de talent, (le génie en moins), chez Melville. Melville, c'est la réalisation d'un but, d'un casse...

- La femme du film, s'évanouit à chaques contrariétés, comme pour "Caught", ( où là, ça sera le type),

- La façon de parler du type, cette scanssion si proche du film de Resnais,

- Chez Ophüls, ("Libelei", "Madame de"), tout image, un moment a son explication, (j'avais écrit à son explication, ce qui est peut-être finalement le terme exact "à son explication, et la phrase serait alors "toute image à son explication"), c'est à dire on doit rendre compte, rendre gorge comme on dit aussi, (la scène du fumoir dans "Madame de"),

- "Les dames du bois de boulogne", est de 1944, "Le journal d'un curé de campagne", de 1950, "Madame de", de 1953...

février 25, 2006 in Spectre 01 | Permalink

2006.02.24

V, (note pour moi-même),

- "Le monde se répète en toute chose partout, même en spéculation". Balzac, in Le cousin Pons.

- J'aime bien ces histoires de plis, de machins mécaniques, de décompression, etc, chez Walsh, c'est la déconstruction (je cherche un autre mot), (la décomposition), du mouvement, chez Fuller, la conscience qu'il a déjà eu lieu*,  (en gros), (je rechangerai certaines choses), une sorte de décollement, chez Cécile Paris, dans "The doorman", ce n'est pas seulement le film, c'est le monde même, qui se plie...

- *Pas très loin du dernier film de Dieutre d'ailleurs, (Ecoute Françoise). Pour Fuller, on pourrait presque parler, pour reprendre une expression célèbre, de chanson de geste(s).

- "Oui, Tout esprit de picturalisme doit être pourchassé". Guy Debord, in Correspondance, (volume 1).

février 24, 2006 in Spectre 01 | Permalink

2006.02.23

V, ( k.o)

- Une cinéphilie de dégénéré, c'est tout ce qui me venait à l'esprit, m'enfuyant. Au dernier moment, j'avais mal choisi, j'avais voulu aller à Point Ligne Plan, et puis non, j'avais mal choisi, j'étais allé à "L'entrepôt, je croyais y voir un film dans le genre de celui de Sophie Calle, j'avais du mal lire, je pensais au film de Sophie Calle, je m'étais dit qu'il serait même encore plus comme ça, m'enfuyant je pensais à ce film dont j'avais vu des bouts lorsqu'il était passé sur Canal, le réalisateur c'était Couvelar, ou un nom comme ça, je pensais à ces films genre MTV M6 etc, ces nullités, et finalement totalement, complètement Fordiens comparés, à côté de ce "film", "Bandidas", un film, l'image qui me venait à l'esprit, c'était un bouton purulent sur le nez, un bouton qu'on perçait en gros plan, une sorte de pus esthétique, c'était même pas les poubelles, c'était une sorte de liquide, le pire de ça, c'est l'entrepôt, avec leur image soit disant "art et essai" pointue, et qui en douce te balance je ne sais même pas comment ça se nomme ça, un film qui est au-delà du navet, (un navet, ça se comprend), disons, j'aurais croisé le programmateur, il se serait pris une baffe, ou un crachat, il y a des gens, ils ont honte de rien, moi je dis qu'il doit me rembourser mon billet le mec de l'entrepôt, putain 7 euros! Escroc! Voleur!

février 23, 2006 in Spectre 01 | Permalink

2006.02.22

V, (brouillon)

- Au moment même où je nommais le dossier j'ai pensé, "c'est comme une addiction", (je sais plus de quel film il s'agit, (rajout)), à oui du film "Lord of war", moi j'ai bien aimé le film, il est un peu insignifiant, mais j'ai bien aimé, c'est pas très important parfois le cinéma, je veux dire, que le film soit un grand film ou pas, parfois c'est pas très important, il est bien quand même, au sens où on dit "il est bon que", (le doigt levé), les choses passent quand même pourrait-on dire, il y a au moins l'idée de l'effort, pourrait-on dire, de l'effort commun, de faire un film qui se regarde sans honte et sans ennui, j'aimais bien le plan où elle regardait le médaillon avec à l'intérieur, la photo de ses parents, j'aimais bien l'idée que le film se terminait quand même assez mal, que le mec pouvait pas s'empêcher, et que le film avait ce courage là, j'aimais bien la honte invisible du père, la plan aussi où les parents, vers la fin, apercevant la limousine de leur fils, ont comme un haut le coeur, je sais plus de qui est le film, c'est pas bien grave.

- Mais sinon, pour Pascal Sevran, (un moraliste selon [la pub dans] libé), j'ai feuilleté son livre, mon dieu, on le compare à Chateaubriand il me semble, j'ai envie de dire, "j'ai eu honte", mais en fait non, j'ai ri,  puis après je me suis dit, un mec se plaint d'un paneau de signalisation, (p 165), et on dit de lui qu'il est un moraliste, le reste du livre est pareil hein, bon, en fait, il faut le lire son livre, c'est même plus de la détente, il faut le lire par méchanceté, ou l'offrir, (rires), demain je posterai l'extrait de la page , et les machins de la pub. Page 165 donc, extrait: "Il y a deux feux rouges sur l'ancienne nationale 20 qui traverse Morterolles (...), cette affaire est gravement préoccupante"... Tout le livre est comme ça hein, même pas insignifiant, pire, (on doit bien trouver une expression, un mot pour qualifier cette chose).

- La france étant ce qu'elle est, (et on le voit  encore avec les Césars ce quelle est, où l'on "couronne" ceux qui cassent du nègre et du pauvre, (ou des fictions policières), (Nathalie Baye comme d'hab), les journalistes ce qu'ils sont:

- "L'envergure des écrivains qui nous regardent de loin pour mieux nous comprendre et nous expliquer",  Patrick Besson, Midi libre.

- "J'appelle cela de la littérature", Yann Moix, Elle.

- "Dans la lignée de ses idoles littéraires, Berl, Jouhandeau, Chardonne, Léautaud", Hugo Marsan, Le monde. Tous des écrivains collabos, (c'est moi qui souligne comme on dit).

- "Un de nos grands mémorialistes contemporains", Nicolas d'estiennes d'Orves, Le figaro.

février 22, 2006 in Spectre 01 | Permalink

2006.02.21

V, (note pour moi-même),

- Non mais en fait je regarde  pas "Les cavaliers", mais sinon, pour Ford, pour l'autre film, "Sur la piste des Mohawks", Mohawks en majuscule, parce qu'il y a que les français en minuscule, ce peuple d'opérette, (ce pays), c'est une question d'épiderme, le couple du film, évidemment, Ford, c'est une querstion de surface, toujours, "'Les cavaliers", c'est une question de surface, "Sur la piste des Mohawks" aussi, en tout point de vue, et ce qui lie le couple, c'est le sexe, rien d'autre, enfin faut pas exagérer, beaucoup d'autres choses, pour les films de Ford j'aime bien ces histoires de poussière qu'on retrouve souvent, dans "Les 2 cavaliers" aussi par exemple,

février 21, 2006 in Spectre 01 | Permalink

2006.02.20

V, (brouillon),

- Pour le film de Ford, "La piste des mohawks", je pensais tout le temps au film d'Ange Leccia*, "Ruins of love", pour ses images traumatiques, (pour leurs images traumatiques à tous deux, et le fait qu'ils y reviennent sans cesse), je me souvenais plus du tout du film, je savais juste que je l'avais vu il y a longtemps. Dès les premières images on se disais qu'il y avait des choses à voir avec "Les raisins de la colère", que ce film en faisait partie d'une façon ou d'une autre, ce film surtout, m'étais-je dis, c'est l'histoire d'un secret, c'est l'histoire de ce qui lie un homme et une femme, ça a voir avec le mystère, (on est pas très loin du couple de la crèche de Noël), peut-être pas seulement, mais le reste ne m'intéresse pas vraiment, c'est drôle je me disais, c'est un des premiers films modernes de Ford, pas forcément très bon, mais chez Ford, (et dans le cinéma Américain), cette notion ne veut pas dire grand chose, (ça dépend comme on dit, de quel pied on se lève le matin), mais c'est "un des premiers films" "post-moderne" de l'histoire du cinéma, c'est le film qui invente Ange Leccia, me disais-je, (ou/et qui rend pertinent [certains films vus] Point Ligne Plan), je me disais, c'est drôle, ce film invente le cinéma français de notre époque, (au sens maritime du terme), sans lui, on n'y comprend goutte(s),

- *(le plus Fordien des cinéastes actuels),

- (Pour Pipiloti Rist, c'était complet, imcompréhensiblement complet, je savais pas que c'était une telle star, elle, (une demi-heure avant c'était déjà complet), bon),

- (Suis allé à l'expo Roger Ballen, rue Mazarine, assez déçu, ses photos rendent mieux en livre, passé le choc de la découverte, on s'en fout, c'est lourd même, la vidéo par contre est plutôt pas mal)...

février 20, 2006 in Spectre 01 | Permalink

2006.02.19

V, (note pour moi-même)

- "Les trois lumières" de Lang, je me suis fait chier, j'ai même dormi quelques instants, le cinéma, ça m'arrache la gueule de dire ça, a débuté avec le naturalisme, avant c'était de la vignette, (après par chez nous, ça a pas beaucoup changé cela dit), heureusement il y avait Griffith, alors finalement, je reprends, le cinéma, a débuté avec les Américains, eux, ils ont pas inventés le naturalisme, ça, cette chose, c'est nous, enfin les gens comme Pialat, les pastilles Vichy, non, les Américains, c'est le cinéma, nous c'est rien, hum, eux, les Américains, ils ont inventés la pensée, évidemment, je suis un peu de mauvaise foi, mais l'idée est là, et puis je me dis, les Américains ont inventés le monde, "le nouveau monde", c'est cela me disais-je, cette chose curieuse,

février 19, 2006 in Spectre 01 | Permalink

2006.02.18

V, (note)

- Pour le film de Fuller, ("The naked kiss"), on se dit que c'est comme une lacération, la façon dont il va agir le flic, (ou qu'il agit), et Fuller on se dit, sa façon à lui de filmer, c'est à la façon des opérateurs, c'est pour ça qu'il y a même plus de montage, (au sens logique du terme*), parce que ce n'est plus de ça dont il s'agit, on n'en est plus là, et je me dis alors, c'est là l'échec de Rivette, il est trop poli pour être honnête,

- *Disons il n'a même plus le bon gôut élémentaire, il est presque insortable,

- Toute la séquence à partir de la robe de mariée, que la robe soit sur un portant, comme Martin, qu'ensuite, sortant, c'est un travelling arrière, qu'il y a deux gamines qui jouent à la corde, comme lorsqu'elle est arrivée, qu'elle découvre que son futur mari est un pédophile, le coup qu'elle lui fout sur la gueule, non parce qu'il est pédophile, (disons pas obligatoirement, pas entièrement), mais surtout parce qu'il dit que leur mariage sera idylique/magnifique parce qu'ils sont tous les deux anormaux, et ça, pour elle non, ce qu'elle cherche est la norme, pas l'esthétique, (elle refuse d'être aimé pour la forme*), le voile sur le visage du type assommé, comme une tache de sang, comment elle re-range sa robe dans le carton, (je pense alors au gateau du livre de Dickens), (et à Martin),

- D'ailleurs juste après elle parlera de ça, elle appelera ça "naked kiss"...

- Qu'il y ait ce retournement scénaristique plus tard, c'est dans la logique du film pourrait-on dire, puisque le film n'en a pas, puisque le film  est juste pas un navet dans sa forme, puisqu'il est presque idiot, formellement idiot, je me dit, d'ailleurs le jeu des acteurs, c'est les coutures du film, il fallait que ça soit comme ça, il fallait que ça soit "mauvais", que ça soit autant expressif, de toute façon, Fuller, tout ça, ça l'indiffère, (le ridicule), cette sorte d'indifférence, (ce ridicule), que l'on retrouve chez Vidor, Sokurov, Rossellini, (dans au moins son court-métrage dont je me souviens pas du titre),

- Tout dans le film semble être de l'ordre de la reprise, elle refait sa vie, elle refait des scènes, (la séquence du commissariat avec la petite fille), elle refait les mêmes trajets, (pour les autres personnages du film, cela est aussi de cette ordre), le fait que cela soit "mal joué" participe aussi, d'une certaine façon de la reprise, (on pourrait dire qu'il en rajoute une couche), le travail qu'elle trouve, (soigner c'est donner une seconde chance, d'une certaine manière),  ce qui est beau est qu'on peut se dire lorsqu'elle "avoue" qu'elle ne peut avoir d'enfant, que l'esthétique du film vient de là,  comme une question de "retournement",

février 18, 2006 in Spectre 01 | Permalink

V, (note pour moi-même)

- Qu'est-ce qui est à l'oeuvre, au fond, dans le dernier Eastwood, sinon le révisionnisme, me disais-je, il suffit de se souvenir du film de John Ford, "Les raisins de la colère" et des photos de Dorothea Lange, (),  (et de deux ou trois autres), et là on se dit qu'Eastwood, l'important pour lui, c'était de reprendre le même motif, mais du côté inverse, (ou opposé), (du côté patronal), du côté réactionnaire, (une sorte d'escamotage historique, un rapt d'images), ce qui était altérité, [chez lui] devient répulsif, chez lui il n'y a pas de bons pauvres, il y a des cafards, chez lui, les seuls bons pauvres, sont ceux qui amusent, qui divertissent, c'est bien en cela, qu'il est d'extrême droite, m'étais-je dis ce matin, par cette volonté d'atteinte à ce qu'on peut appeler notre intimité, (une mémoire collective étant aussi, de fait, de l'intimité),

- Imagine-t-on un film s'en prenant au Front Populaire? C'est pourtant ce que fait Eastwood dans l'absolu, c'est s'attaquer au mythe, il fallait que ça soit ces pauvres là, idéologiquement il le fallait pour lui, parce que ce sont eux qui sont porteurs de la mémoire collective aux Etats-Unis, et que c'est à ça que s'attaque Eastwood, (comme tout bon facho qui se respecte pourrait-on ajouter),

février 18, 2006 in Spectre 01 | Permalink

2006.02.17

V, ( brrr)

- "Les deux cavaliers", je l'ai jamais aimé, pas très rigoureux comme film, on dirait d'ailleurs plutôt un de ses téléfilms, (sauf que je préfèrerai toujours ses téléfilms à celui-là), un de ses plus mauvais films, je n'en retiens rien, plus le temps passe, plus je le vois, moins j'en retiens, j'en envie de dire, "ce n'est pas suffisant, ce n'est pas suffisant", à chaque fois que je pense à telle ou telle séquence j'ai envie de dire cela,

- En même temps, écrivant cela, je me dis, justement, le film, sa principale qualité, est d'être quasiment honteux, sa principale qualité est que cela devait être douloureux pour Ford, un souvenir honteux et douloureux,

février 17, 2006 in Spectre 01 | Permalink

V, (brouillon)

-  Aujourd'hui, pour commencer, je sentais sous les bras, c'est-à-dire, je puais, je m'en suis pas rendu compte tout-de-suite, c'est en m'asseyant, que je m'en suis rtendu compte, ma vopisine aussi d'ailleurs, enfin ça, je l'imagine, du coup, j'évitais les grands mouvements, le film sinon, c'était "Voyage en Italie", un navet encore, le dernier tiers du film, la seconde partie, lorsqu'on y croyait plus, devenait magnifique, au sens, assez belle, mais le film, hein, c'était pas beaucoup mieux que "Aeon flux", c'était pas mieux du tout, et plus chiant, au moins, "Aeon flux", un moment on s'y perdait, chez Rossellini, on se faisait chier, c'est différent, évidemment, chez Rossellini, il y avait le pipeau en plus, et, d'une certaine façon c'est ce qui sauvait le film, sa prétention, (et le fait qu'on avait vu les films de Wong Kar Waï), mais sinon, c'était une sorte de remake de Stromboli aussi, à moins que ce soit l'inverse, que Stromboli soit le remake  de celui-ci*, disons, c'était pas un remake, il y avait des trucs communs, le guide, (et les vieux de Stromboli), les ruines, (balh blah blah), sur le moment, j'aimais pas toutes ces portes qu'il ouvrait, qu'ils ouvraient les acteurs, un pas, hop, ils ouvraient une porte, c'était comme un pinaillement, on se disait, il est mesquin Rossellini, (on se disait, c'est comme ralonger une soupe avec de l'eau), après je me suis dit, c'est comme un effet décompressif, déceptif, il s'agit de faire baisser la température, alors je sais pas, j'aime pas beaucoup Rossellini de toute façon, il y a quelque chose de désagréable chez lui, de hautain, de méchant même, on se dit, c'est quelqu'un qui n'aime pas beaucoup le monde, et surtout pas nous, il ne nous aime pas, on se dit, il aime personne, ça se sent, ça sent le vinaigre chez lui, pas l'amour de l'homme, chez lui on se dit, ça sent le vieux, le rance, on se dit, c'est un sale type, chez Rossellini, on peut se dire, le réel, c'est un réel hallucinatoire, et/mais c'est aussi un réel de classe, au sens, pas de notre monde, mais sinon bon, la fin, hein, oui, c'est tout de même une des plus belles scènes du cinéma, comme quoi, en écrivant ça je pense à la fin de "Pickpocket", quel chemin il a fallu,  voilà, tout ce chemin, on se dit, (on se dit aussi), c'est quelque chose de craillonné, mais bon, à choisir, chez Ford, ils jouissent dans les couples, ça sent la foufoune, chez Rossellini, l'eau bénite,

- *C'est bien un "remake" de Stromboli.

février 17, 2006 in Spectre 01 | Permalink

2006.02.16

V, (note pour moi-même),

- Dans le Spielberg, toujours le même, ("War of the world"), c'est l'image même qui lutte contre sa déperdition, contre son effacemment, au début j'avais pensé au mot souffle, je ne sais pas, ou plutôt, je suis pas certain, (que l'on puisse parler, utiliser ce mot "souffle"), l'année dernière, je disais que c'était un effet de rembobinement, le film, et aujourd'hui je me dis que non, ou alors pas entièrement, le mec, on se dit, il fuit devant une sorte d'oubli, je sais pas pourquoi je pense ça, à cette fuite, que le mec veut rester à l'écran, que c'est d'abord aussi une course narcissique presque,

février 16, 2006 in Spectre 01 | Permalink

2006.02.14

V, (brouillon)

- Je pourrai commencer comme ça "I love America", je pourrai évidemment commencer de façon tout à fait normale, j'ai vu deux films aujourd'hui aussi, "Aeon flux" et "the king", du premier on peut dire, il est tellement "carricatural", (le terme est impropre), les acteurs sont tellements beaux gosses, il pompe tellement, n'a tellement aucune idée à lui, que ça en devient du cinéma, il est tellement désespéré, que ça en devient du cinéma, on a envie de dire, ça en devient pathétique, la beauté du film, sa réussite paradoxale, c'est se glisser justement dans des habits trop grands pour lui, le cinéma, plus particulièrement le cinéma moderne, c'est aussi se glisser quelque part, c'est aussi se glisser dans des habits très grands, la beauté du cinéma Américain, même le plus indigne, c'est aussi se glisser avec grâce dans des habits trop grands pour lui, "Aeon flux", c'est ça, un navet, ou un navet magnifique, quelque chose de fier, de farouche, (au sens, "oui et alors?"), et c'est cette fierté, là-dedans, qu'on y trouve le cinéma, c'est là que Fuller était, (et pas mal d'autres), c'est de là qu'est surgi autrefois la modernité, on se dit, la modernité n'y est plus, on ne la trouverait plus là, on se dit, c'est autre chose, on se dit, il y a au moins, encore autre chose, (dans le cinéma français il y a rien), (la modernité tout au moins dans le sens décomposition du geste, dépliement), (...),

- Pour "The king", oui, je pense comme tout le monde, mais je suis parti vers la fin, pas le courage, j'aime pas les fins malheureuses, bel article de Chauvin, , pour me moquer un peu des "cahiers f", ça aurait pu être un film subtil, faut être con quand même, passer à côté du chef-d'oeuvre par peur d'ennuyer, par peur du producteur, comment il s'appelait déjà ce film de Victor Nunez? "Ruby in paradise"? ().

février 14, 2006 in Spectre 01 | Permalink

V, (Insomnie, ou trop tôt, trop tard),

- Je lis un texte de Jacques Rancière, consacré au film de Fritz Lang, "La cinquième victime", (While the city sleep), un moment il écrit, à propos d'ailleurs d'un autre film de Lang, ("M le maudit"), "Avant que le scénario ne sauve le personnage, ne lui laisse une chance, de survie, la mise en scène lui donne sa chance d'humanité. Pas simplement sa chance de malade à protéger, mais sa chance de flâneur heureux dans la foule, sa chance d'être une image calme à travers une vitrine, sa chance photogénique en entendant le mot au sens de Jean Epstein". Je me dis, pensant tout de suite à Eastwood, à son dernier film, (et à Tsai Ming Liang, son dernier film aussi), c'est exactement ce qu'il n'y a pas dans leurs films, dans le film à Eastwood, il ne leur laisse aucune chance photogénique, rien, le film les rejette totalement, les éxécute même, chez Tsai Ming Liang pareil avec la fille, mais il est vrai, dans une moindre mesure, le film effectivement la rejette, d'une façon beaucoup plus ignoble que chez Eastwood, mais différemment, disons, puisqu'il faut le dire ainsi, il s'en sert, de son humanité, il ne l'éxécute pas, pas tout de suite, à la fin il l'éxécute, (à coup de pine dans la gueule cette salope, (cette sale pute, cette chienne, (chienne en chaleur)), chez Spielberg, j'ai lu un peu partout qu'il ne donnait une grande "visibilité" aux terroristes ou aux divers Palestiniens rencontrés, la mort d'Ali, pourtant, par exemple, est filmé réellement comme un crime, (le film lui même pleure cette mort, esthétiquement il la pleure ), pas comme un assassinat, mais comme un crime, et peu de temps avant, on a pu l'entendre on va dire, clamer ses raisons, il possède un imaginaire, il y a dans le film de Spielberg, un passé chez chaque personne croisée/rencontrée, et chaque mort n'est pas anodine, jamais, chaque mort est filmé comme un crime, chaque mort est un assassinat, chez Eastwwod, chez Tsai Ming Liang, nul besoin de mourir, on n'existe pas au préalable, préalablement, chaque seconde crie sa haine, (en ce qui les concerne), Spielberg, il y a l'idée d'aller à la rencontre, malgrès tout, chez eux jamais, jamais il n'y a cette idée de rencontre, d'altérité, d'altérité photogénique, de leur laisser du temps ( à eux) comme le faisait Fritz Lang,

février 14, 2006 in Spectre 01 | Permalink

2006.02.11

V, (brouillon),

- Stromboli, c'est quand même pas loin du navet quand même, me disais-je, sur le chemin, la fin est réellement ridicule, je m'en souvenais pas du tout comme ça, du film, déjà, à l'époque, j'en avais pas gardé un grand souvenir, son Descartes, vu il y a peu, ça c'est autre chose me disais-je, ça c'est bien plus intéressant, bien plus beau, (il me hante même), Stromboli, c'est rien, et j'ai vérifié que c'était rien, (et plutôt deux fois qu'une pour parler vulgairement), je doutais un peu de moi, alors, arrivé à la maison, je l'ai regardé à nouveau, (certaines séquences, je les ai, me les suis repassées plusieurs fois), (je voulais être certain), ça avait pas changé, c'était toujours aussi rien, (aussi vide de sens), toujours aussi ridicule, son Descartes, lui est réellement fascinant, Bergman, dans le film, elle est aussi caricaturale qu'elle-même, c'est dire, elle garde son maquillage, sa coiffure, à chaque plan on se dit que toute l'équipe était pas loin, le maquilleur le coiffeur la scripte l'assistante, l'assistante de l'assistante, et le second assistant, et le stagiaire, Rossellini m'étais-je dis, c'est surtout un escroc, au sens emballage du terme, c'esty-à-dire, en fait, il y a même pas la surface, à la limite, il y a la preuve qu'il était bien à Stromboli, mais pas plus, et juste ça, c'est pas grand chose à cette époque là, c'est du blah blah, il met en scène, l'ile c'est un décor, c'est du carton pâte, c'est pas plus, et puis la fin, comme on dit, c'est la meilleure, rien à faire, j'aime pas Rossellini cinéaste, et lui-même d'ailleurs ne s'aime pas en cinéaste, et c'est ça qui va pas, pour lui le cinéma, c'est pas quelque chose de bien, c'est pas respectable, ça sent trop le pipi, pour un peu, il aurait dit, "c'est un truc de tarlouze le cinéma",  en ça, Pasolini, rien qu'en ça, c'est supérieur, en ça, rien qu'en ça, Visconti est aussi supérieur, on voit bien qu'à l'époque, Rossellini veut être partout mais ailleurs, qu'il ne désire qu'une chose pour le film, que celui-ci soit fait, (au sens presque fromager du terme), il veut du tout cuit Rossellini, on se dit, c'est comme le lièvre et la tortue, et que Rossellini, il court trop vite, encore pire que le lapin, alors après ça donne ça, rien n'existe, ça en est dégoûtant, de toute façon, lorsqu'on nous vend un film pour sa performance, pour les conditions extrêmes du tournage, généralement, le film, ne vaut rien, son film à Rossellini, pas un plan dont je peux parler plus de 10 secondes, il y a rien à en dire, les films de Ray, par exemple la trilogie d'Apu, on peut en parler pendant des heures, dire ça, ça, et ça, ou dire autre chose, Rossellini non, rien, et toujours rien, on peut se creuser, il y a rien à en dire, Ray, il y a autant à en dire qu'un film de Dreyer, c'est dire, Rossellini non,

février 11, 2006 in Spectre 01 | Permalink

V, (liens)

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- aussi,

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février 11, 2006 in Spectre 02, (patakès et amerturme) | Permalink

V, (note pour moi-même),

- Apu, après la mort de sa femme, (qui elle est morte en accouchant*), lorsqu'il est dans la forêt, on se dit, il se dissout, plutôt, c'est comme si les parcelles des femmes mortes, (sa soeur, sa mère, sa femme), le traversaient, plutôt, lui traversait, [ou] comme si la terre gardait en mémoire quelque chose d'elles,

- La rencontre d'Apu avec son fils, après, juste après la pierre, la position des corps aux trois, le regard buté du fils, (lorsqu'il est dans son lit), butée de tristesse, ses larmes, (Kajal est par ailleurs, un des plus beaux gosses de l'histoire du cinéma), ce qui est beau est qu'on se dit à plusieurs reprises, c'est le portrait crachée de sa mère, il a le même regard,

- Ce que j'aime chez Ray, est qu'il évite d'être Tarkovskien, il ne se permet pas, (ça serait presque trop vulgaire), (parce que quand même Tarkovski, quelle vulgarité),

- * Elles meurent toutes par rapport au sexe, seule la troisième est dans une sorte d'accomplissement de l'acte, quoique la maternité ne soit pas un accomplissement mais plutôt une conséquence, (mais au moins il y a eu passage à l'acte), et dans son cas, elle n'en voit pas le fruit, (pas très beau comme expression), puisqu'elle en meurt...

février 11, 2006 in Spectre 01 | Permalink

2006.02.10

V, (brouillon),

- Leur culture cinémathographique, me disais-je sur le chemin, n'est qu'une sorte de cellophane, la seule altérité de leur films, me disais-je, est ce cellophane, la culture chez eux, la mémoire cinémathographique, l'altérité, n'est que de la phobie,

- Il y a une sorte de préformatage cinémathographique, le peu, remplace le cinéma, une esthétique cavalière pourrait-on dire, (au sens Alain Cavalier du terme), je veux dire, Cavalier, c'est quand même une sorte d'erzatz de Bresson, (et du cinéma en général), même pas un générique, (au sens produit pharmaceutique du terme), je me disais, eux, leur culture s'arrête là, ils ont vus deux ou trois films d'Alain Cavalier, surtout "Thérèse", ils ont vus un ou deux films de Bresson, (ils ont trouvés ça chiants), (et c'est pour ça qu'ils préfèrent Cavalier), et hop, on a le droit à  Nicolas Klotz, et au film Argentin Sangre, je me disais, les écoles de cinéma, ça a abouti à ça, à une esthétique cavalière, à des envois de CV*, les mecs, tant qu'il y a une image, (c'est à dire, selon eux, (pour eux), un truc avec quatre coins), qui bouge pas trop, qui est respectable, ça leur suffit, et ça suffit à tout le monde, à eux, et aux autres, on pourrait hasarder, une image de cinéma, c'est quelque chose qui donne à penser, et, par exemple me disais-je, dans le cinéma Américain, n'importe quelle image donne effectivement à penser, chez ces cinéastes là, (comme on dit chez ces gens là), non, ça ne pense pas, ça illustre à la rigueur, quoique le mot rigueur n'est pas un mot qu'il faut employer en ce qui les concerne, je pensais à Deleuze, je me disais, la mémoire, c'est quand même aussi des vibrations, des oscillations, chez eux, nul mémoire, rien ne vibre, rien n'oscille, nul effet labyrinthique, rien, ce qui est vu, chez eux, c'est tout, (au sens tout du terme), rien de plus, le film, l'incroyable, c'était l'acteur, mou mais mou, limite mongol, ce qui était clair, c'est qu'il ne comprenait pas, ni ça, (reste à définir ce ça), ni ce qu'il faisait là, une sorte d'escargot, et le film c'était ça, ça avait à voir avec ça, quelque chose de rampant, (comme on dit de Tennesee), une esthétique de la limace, la pensée pareil, (un film De Baecquien donc), (ou un film Libé),

- Question, qu'est-ce que la matière d'un film, d'un plan, la fabrication de cette matière, et son résultat, (a rose is a rose is a rose), la fabrication du plan, et son résultat, la matière est sa fabrication même, est son résultat même,

- *(Private joke),

- "Sangre", de

février 10, 2006 in Spectre 01 | Permalink

2006.02.09

V, (note pour moi-même),

- "Pather pantchalli", "L'invaincu", à chaque épisode de la trilogie, il meurt une femme, et toujours parce qu'elle est proche de ce qu'on pourrait appeler un désir sexuel, les femmes, chez Ray, meurent de désir, la première, on peut dire (rapidemment) parce qu'elle le combat, la seconde, parce qu'elle ne peut le satisfaire, (au-delà du fait que le seul désir qu'il lui reste, qu'il lui est possible, est d'ordre incestueux), je me disais quel intérêt à écrire cela, ce n'est que du scénario, mais chez Ray non, il n'y a pas une ligne qui décrive cela, pas une phrase, tout passe par la mise en scène, pour le coup je me dis, la littérature dans ce cas précis, ne pouvait rien, je n'arrive pas à m'imaginer que cela pu être écrit, la littérature aurait été obligé de décrire le geste [retenu] de la mère, et pour que cela soit aussi ambigu que dans le film, aurait du user de circonvolutions, aurait du être bavarde, et de toute façon, ne s'en serait point sorti, chez Ray, on peut ressentir la frustration, quelle en meure, parce qu'il y a possibilité de temps, (je voudrai dire possibilité temporelle mais je trouve que cela n'est pas très beau), (je pourrai dire aussi "bloc temporel", mais ça fait cliché, ça fait Cahiers, (ou Vincennes), (je veux dire, nous la voyons se consumer, s'ennuyer, la littérature ne pourrait que le dire), mais aussi, évidemment qu'en littérature, cela serait possible,

février 9, 2006 in Spectre 01 | Permalink

2006.02.08

V, (juste avant d'aller pissser),

- "Shunichi, réalisateur japonais autodidacte, 50 piges cette année",  (Libé Edward  Waintrop), mais Godard, dans ce cas là, et Rivette, Rohmer, Ozu, Dreyer, Hitchcock, etc, c'est des autodidactes aussi? 

- Ce qu'elle veut dire, la putain de Libé, c'est qu'il est juste autorisé à faire des films, le mec, qu'on consent effectivement à ce qu'il en fasse, et ce, malgrès qu'il n'est pas du même milieu malgrès qu'il a pas fait d'études de cinéma, etc, (John Ford aussi est autodidacte, selon ses critères alors?)

- Mais [qu'on]on le regarde de haut, (qu'on le surveille, qu'on le tient à l'oeil),c'est ça que ça veut dire, et surtout qu'il se tienne à carreaux, et que les autres n'essayent même pas, les autodidactes c'est fini selon Libé et la clique à De Baecque, (l'ordure terminale De Baecque devrait-on dire). C'est pas étonnant si après ils aiment que le dernier Suwa, (une des pires choses vu cette année), le Suwa c'est quoi? Ils le disent eux-mêmes les crevures, un machin hommage au cinéma français, et surtout un film se passant dans les bons endroits, hotels chics, restaurants chics, petite dispute amoureuse sans conséquence, branlette esthétique sans conséquence, (probablement aussi la prochaine couverture de feu "La lettre du cinéma"), (et le prochain entretien avec Dieutre, (si la couverture de feu "La lettre du cinéma", (cette revue désormais beaucoup moins bien que Télérama), est prise par Civeyrac)),  je sais pas ce que c'est le Suwa,  j'ai envie de dire, je n'y ai rien vu, (comme on  dit "tu n'as rien vu à Hiroshima"), c'est un cinéma satisfait de lui-même, un cinéma qui étant dans la citation mémorial, (au sens monument aux morts), se croit être du cinéma, les crevures, le film lui-même probablement, citent Rossellini, mais à la fin du Rossellini, ils découvrent l'éternité, à la fin du Suwa, ils découvrent quoi, on découvre quoi, l'adresse d'un bon resto? Le film de Suwa, c'est un film de légitimation, (au sens Louis machin ou Louis 18), ça n'a rien à voir avec le cinéma. Bon, c'est pas très intéressant d'y passer du temps là-dessus non plus, ils méritent rien, (pas une seconde, pas un souflle pas un, (copyright "Les trois lumières"))...

février 8, 2006 in Spectre 02, (patakès et amerturme) | Permalink

2006.02.06

V, (note pour moi-même)

- Chez Ray il y a plan, mais presque à contre-coeur, pas par inadvertance, presque parce qu'il faut en passer par là, (pour le premier de la trilogie),

février 6, 2006 in Spectre 01 | Permalink

2006.02.05

V, (notes pour moi-même),

- Chez Sayajit Ray, les revendications, (des commères le plus souvent), c'est au fond vouloir changer l'ordre des plans, ça a quelque chose à voir avec la mise en scène, c'est quelque chose de très clairement contre le metteur en scène, le film, (tel qu'il est), ne leur plait tout simplement pas,

- Le scénario chez lui, c'est d'abord un prétexte, une occasion, (comme on dit, l'occasion fait le larron),

- La scène où la mère tire la fille, (Durga), par les cheveux, et la met dehors, et s'écroule, désespérée, (la fille qui s'éloigne filmée au fond, comme si c'était la mère, son double, qui s'éloignait, (Ray profitant pour ce faire, d'un trou dans le mur lui permettant et de partager l'image, de la multiplier, de supprimer le hors-champs, cette image en plus permettant à la séquence une interprétation supplémentaire, (pas très belle expression)),

- La mère, (psychologie de bazard), qu'est-ce qu'elle lui reproche, au fond, à sa fille, si ce n'est d'être une partie d'elle même, une émanation, d'être ce qu'elle n'est pas, d'être séparée pourrait-on dire...

- Lorsqu'elle dit, Durga, surveille le lait, je comprends un truc alors, la mère passe son temps à éviter sa fille, à la frôler, à la croiser, à la regarder, mais avec douleur, ( ça reste à vérifier, qu'elle l'a regarde),

février 5, 2006 in Spectre 01 | Permalink

2006.02.04

V, (brouillon)

- Descartes, la parole, le sentiment que c'est quelque chose de photographique dans le film, qui a à voir avec l'enregistrement, dans le film, la vraie mise en scène, c'est la parole, je veux dire, il n'y a pas mise en scène, il y a des principes, des partis pris [surtout], il y a construction du film, mais il n'y a pas de mise en scène, enfin si, mais niée, en fait pas non plus niée, (je cherche mes mots),

- Dans le film, c'est quelque chose non de toujours en retard, mais de déjà fait, (ou jamais fait), Descartes, pour Rosselini, diffère, c'est quelque chose de tout le temps remis, c'est presque plus le comment de la chose qui importe*, un comment sans cesse presque inatteignable, (j'aimerai bien un autre mot),

- Dans le film, Rossellini n'est jamais là, (j'avais noté l'expression "sans lui"), je veux dire il filme des moments où le type, Descartes n'y est pas, des sortes de moments creux, ou en creux, il filme des moments lorsque le type Descartes dit qu'il n'y est pas,

- J'avais noté, le film c'est se tromper, et tempêter, puis "comme un incessant surplace",

- La phrase de Descartes, "J'y travaille jours et nuits"....

- *C'est pour ça que c'est la parole qui importe avant toute chose,

- Question, pourquoi dans le film, la perte du cadre a-t-elle à voir, curieusement, avec le tableau? Que la perte (du cadre), le retrouve instantanément, il y a plan/(cadre) parce qu'il n'y en a pas, on pourrait dire de l'ensemble du film, c'est une recherche de position, (en tout point de vue),

février 4, 2006 in Spectre 01 | Permalink

2006.02.03

V, (note pour moi-même)

- Chez Avi Mograbi, l'image, c'est d'abord une question religieuse, m'étais-je dit pendant le film, (en fait c'est faux*), je tourne, je l'ai au bout de la langue, évidemment le terme "question religieuse" disparaitra, j'ai pensé celà lorsqu'il filmait une maison devant l'université, et qu'un type s'est incrusté, le prenant à partie, dans les films de Mograbi, c'est toujours comme ça, chacun lui dit d'aller filmer ailleurs, personne n'est satisfait, il y a une séquence que j'ai touvé très belle, et qui m'a conforté dans la vision que j'ai du film de Spielberg, "Munich", cette séquence où tout le monde s'immobilise pour le jour du souvenir, qui me faisait pênser aux figurants de la séquence du bord de mer dans le film de Spielberg, filmés comme figurants, comme nombres, un plus un plus un, lorsqu'on voit plusieurs films de Mograbi, on se rend compte d'un truc, il ne filme on va dire, que des touristes, il ne filme que des gens en train d'assister à un évènement, (qui refusent systématiquement d'être filmés à leur tour),

- *Quoique le refus notifié sans cesse à Mograbi, et d'être filmé, et de sa présence doit doit avoir une sgnification primitivement religieuse, Mograbi étant aux yeux des quidams, (quel vilain mot), une sorte de blasphème sur pattes,

- Sinon .

février 3, 2006 in Spectre 01 | Permalink

2006.02.01

V, (note)

- "Je décidais de m'approcher", dit-il. Sokurov me dis-je, ne filme pas le monde, il le re-filme,

- note pour moi-même , retrouver cette sérigraphie de Warhol...

février 1, 2006 in Spectre 01 | Permalink