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27/02/2006
V, (brouillon).
- Vu deux films aujourd'hui, "Braqueurs amateurs" et "Down in the valley", ce dernier étant un film sublime, je n'avais rien lu à son sujet, (l'esprit critique en france, c'est en rapport avec le budget publicitaire), et j'aurai pu passer à côté, j'y suis allé par hasard et par désespoir, (vu trop de merdes), en sortant, un sourire idiot au visage, je m'etais dit que je mettrai bien un cierge à Saint Christophe (Colomb) pour avoir découvert l'Amérique, je me suis dit que le vrai patron du cinéma, le premier Saint, c'était lui, et ce, pour avoir découvert l'Amérique, (et indirectement [avoir permis] le cinéma), (on remarquera d'ailleurs qu'Amérique commence par un A et cinéma se termine par un A, c'est un signe), (rires), mais bon, les églises étaient fermées, d'ailleurs les églises ferment tôt à Paris, (ailleurs aussi)...
- Le film, je ne sais pas si on peut parler de modernité à son propos, il l'est pas ouvertement, il n'est pas d'avant-garde, (et encore moins baptiste ou adventiste, comme dirait Sokourov), moi je dis que si, mais je crois que le terme est difficilement recevable, n'est pas approprié, disons que pourtant il l'est, il l'est par la pensée, (absolument pas par l'intention), son intention d'ailleurs, est de faire un film de "divertissement", un film "familal", mais évidemment ça, c'est faux, c'est exactement un film d'avant-garde, le début, tout de suite on sait que le film sera beau, sa façon de filmer les pylônes, un érotisme paysager incroyable, on voudrait presque habiter dessous, et puis la fille sort de chez elle, filmée en plongée, on se dit tiens, c'est presque une entrée à la Guitry, deux pas, et le film débute, la simplicité même, on se dit oui, le cinéma Américain c'est ça, une fille fait deux pas, et hop, c'est déjà du cinéma. Le film, assez vite on se dit que c'est pour voir jusque où c'est possible, jusque où aller, c'est pas très loin de l'imagerie se dit-on d'abord, des photos publicitaires, c'est pas très loin du polaroïde, des photos de vacances se dit-on encore, il y a l'idée de l'image, de ce qui se passe si on prend une caméra plutôt qu'un appareil photo, se dire de voir ce qui se passe si on fait pas une pub, si on réunit les mêmes conditions et pour la pub, et pour la photo, que pour un polaroïd de vacance, le film, idéalement, c'est ça, idéalement, parce que sur le papier, le type s'est probablement posé ces questions là, il s'est posé la question du cinéma, de ce qu'est la fiction, de ce qu'est un récit, ensuite on se dit, il s'est posé cette question, "c'est qui l'autre", surtout l'autre quand il est idiot? J'aime bien cette question du film, on en fait quoi [maintenant] de l'autre? Surtout, j'aime bien sa façon au film d'être lourd par rapport à ça, d'en faire un peu trop, de rien laisser de côté, le film est parfait de son imperfection même, parfois, peut-on se dire, effectivement, des scènes, des séquences entières ne vont pas, sont en trop, on se dit qu'elles ne devraient pas y être, je pense à la scène avec la logeuse, la scène de cambriolage chez son père, et deux ou trois autres, mais au fond, c'est moi qui dit ça, et ça pourrait être un autre, même, c'est presque pour faire plaisir, il y a une sorte de pureté du film, d'innocence ou de naïveté à ne pas nous cacher ses moments faibles, à ne pas même les éviter, (presque de ne point s'en préoccuper), une sorte de naïveté Eustachienne, (tout doit être dit),
- Je repense au film, je me dis "tout était filmé comme déjà une image", (le moment par exemple où il l'aperçoit à travers le pare-brise), (le type, son problème, on se dit qu'il voit les gens en deux dimensions), peut-être presque comme déjà de la fiction, mais je ne suis pas sûr, c'est certain que ça part de là, (reste à définir le ça comme dirait l'autre), de quelque chose de déjà fictionnalisé, de quelque chose qui a déjà commencé, j'aime bien l'idée sans cadre, comme on dirait sans fard, de l'image, le mec ne cherche jamais à cadrer, un peu comme le Rossellini de Descartes, d'ailleurs j'avais pensé un moment que c'était le premier film réussi de Rossellini, (et sans pipeau catholik),
- Le film, on pourrait dire qu'il enregistre d'abord les choses, il ne les cadre pas, il est dans l'enregistrement des choses et pas dans le cinéma***,
- Le film un moment, ce sont des images de deuil, le type ne revient pas seulement sur ces pas, les images, celles-ci prennent pour ainsi dire le deuil, c'est comme des ruines avais-je noté, il revient sur les lieux, il crée de la mélancolie, dit autrement, ce sont les mêmes images, mais comme mortes, teintées, nimbées de deuil, (ou du deuil), au passé,
- La fin du film, la séquence dans le brouillard, la séquence dans les décors de ce film, puis dans ce quartier en construction, plus rien n'est réel, dans le sens où même le réel ne l'est plus, ou plutôt il rejoint enfin ce pays en deux dimensions, (c'est pour ça qu'il doit mourir),
- ***(au sens Assayas du terme), on peut dire d'ailleurs, Assayas (et consorts) est/sont dans
la cinéphilie****, alors que le cinéma Américain dans la mémoire**, la
forme, la réminiscence,
- *Larrieux, Jacquot, Lifchitz, etc, (c'est à dire presque les 100%du cinéma français), (et d'h/auteur), (copyright Skorecki),
- **Comme on dit la moindre des choses.
- **** Hum.
- **** Cinéphilie, au sens notariale du terme, (distinction***** Bourdieusienne du terme).
- ***** Il s'agit de montrer qu'on connait ses classiques, (comme de sortir l'argenterie), (une sorte de cinéphilie 15ème arrondissement, (pour ne pas dire balladurienne).
février 27, 2006 in Spectre 01 | Permalink