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27/02/2006

V, (brouillon)

- La définition la plus simple pour "Caught", était le terme, film hanté, mais peut-être que c'était lui-même, qui hantait, (peut-être même qu'il se hantait lui-même); "Caught", c'est 1949, "L'année dernière à Marienbad", c'est 1961, Les films d'Ophüls, "Madame de", "Caught", "Libelei", etc, sont comme des fantômes, quelque chose de spectral, le film de Resnais, "L'année dernière à Marienbad", en quelque sorte fixe les choses, les cristalise, on pourrait peut-être dire, s'en fait l'écho,

- D'un seul coup je me dis, mais qu'est-ce qui changerait pour ou dans "Caught", et j'ai cette réponse magnifique et sublime à moi-même, Ophüls, pour ce film, cherche la permanence* de l'image, c'est ce qui est terrifiant dans le film, plutôt, ce qui se joue est de l'ordre de la glaciation, c'est un combat quasi intérieur pourrait-on dire, Griffithien même, l'héroïnne, au fond, a [la] charge du film**, curieusement je me dis, la permanence chez Ophüls, ce serait l'écroulement (la mort) de l'image, on imagine pas chez lui, toutes ces colonnes ne pas s'écrouler dans un tel cas, chez lui, seul le mouvement soutient et laisse debout l'image, chez lui pourrait-on dire, une pièce, un plan, ne restent debout que parce qu'on y passe, que parce qu'on les traverse, chez lui, me dis-je, la permanence est dans le mouvement, jamais dans le figé, "Caught" au fond, me disais-je, c'est le devenir tableau, la fille c'est à quoi elle aspire au début, ses cours c'est exactement ça, lui apprendre à faire partie du tableau, et Ophüls, son film, sera de détruire, (en quelque sorte) le tableau, de le construire, de le laisser se construire, et de le détruire, (un peu comme Arman avec son salon), de toute façon me dis-je, repensant à ce scènes de duels, chez Ophüls, les plans composés, apportent la mort, c'est ça, au fond, la signification de ces plans si beaux sous la neige, (dans "Libelei" et "Madame de" par exemple),

- Dans le film, on pourrait dire aussi du mec, qu'il règne, il donne des ordres, il organise le tableau, mais tout est toujours trop grand pour lui.

- * Il ne cherche pas la permanence, je ne sais s'il part de là, disons, il va jusqu'à la lisière, ce serait presque comme une médidation, disons il tente de faire tenir, de faire durer un peu,

-** J'avais écrit aussi "à la charge du film"

février 27, 2006 in Spectre 01 | Permalink