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22/09/2006

V, (lvef)

- (J'ai plus de connexion depuis mon retour ce soir, je profite (au sens vampire du terme) de celle, (très faible), de quelqu'un du quartier), (quand elle fonctionne), bon, le film des frères Quays, j'avais jamais rien vu d'eux, on se dit c'est comme un souvenir d'enfance, c'est un film qu'on a cru voir dans notre enfance, ou même qu'on a vu, les films de Tod Browning, etc, (hum, si je ferme la fenêtre, il y a plus de connexion), je m'étais dit assez vite que c'était pas très loin de Guy Maddin, en mieux, en moi passéistes disons, eux, c'était plutôt de l'ordre du souvenir, c'était pas loin de la Madeleine de l'autre là, et de sa tisane, et puis au bout d'un moment on se disait que ça avançait pas, que ça travaillait pas, que quelque chose bloquait, ça marchait plus, ils produisaint de l'image, de l'imagerie, c'est pas que ça virait au clip avais-je pensé un moment, c'est que ce sont les moyens du clip qui sont employés, les collures du clip avais-je pensé un moment lorsqu'il tendait son bras le vieux, (le professeur), parfois je pensais à ce film de Ruiz, "L'oeil qui ment", je me disais chez eux, ça ne décolle jamais, je cherchais pourquoi, je me disais, ben oui, c'est ce truc du clip, ils produisent juste des images, ils s'interrogent même pas là-dessus, la finalité d'ailleurs du film c'est de produire de l'image m'étais-je dis encore, alors que bien évidemment ce n'est pas suffisant, Mizoguchi l'avait compris par exemple ça, qu'une belle image, une belle séquence ne valait rien, (en elle-même), je repensais au film de Ruiz, je me disais quelque chose de tout bête, dans son film, les mecs c'était incroyable ce qu'ils pouvaient marcher, disons, ils avaient un corps, là, dans le films des Quays, non, disons ils n'étaient pas qu'une fonction, chez les Quays c'était ce sentiment à force qui dominait, du fonctionnement, la fin pour ça, c'était terrible, mais me dis-je aussi, qu'est-ce qui fait que chez Maddin, finalement l'échec est moins flagrant, et qu'est-ce qui fait que "Capitaine Sky" est réussi? Dans "Capitaine sky" me disasi-je, il y a quelque chose de pas mortifère, contrairement à leur film, il n'y a pas cette idée sous-jacente de paradis perdu qui pointe finalement dans le film des frères Quays, cette sorte de fétichisme presque d'outre-tombe, écrivant cela je me disais, dans "Capitaine sky", quelque chose n'est pas clos, chez les Quays si, (comme l'autre parlait de la fin de l'histoire), quelque chose me dis-je, chez eux n'est pas poreux, je me disais, quoique je trouve toujours insupportable de lire cela ailleurs, jamais les acteurs ne se haussent au rang, au statut de personnages, jamais ils n'arrivent jusque là, ils ne sont d'ailleurs jamais des acteurs, ils représentent, sont en représentation, on pourrait ajouter, ils ne leur arrivent rien, le film se termine, c'est tout, eux, ils sont suivis des indications scéniques, la séquence finale, (ou quasi), de l'opéra, tout-de-même, elle n'est reliée par rien, sinon par deux ou trois lignes de dialogues, elle arrive presque comme un cheveux sur la soupe,

septembre 22, 2006 in Spectre 01 | Permalink