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23/11/2006
V, (cher journal), (caro dario),
- Ce qui me chagrine aussi avais-je pensé, (j'avais décidé de passer la journée au lit, de lire et de terminer éventuellement quelques posts sur Kühe), ce qui me chagrine donc m'étais-je dit est lisant cette phrase "Notre siècle est tragique par lui-même", qu'elle me fait penser à Pola X de Carax, il faut bien le dire alors, que la différence de traitement (pour les deux films par la presse) était énorme, un navet comme le film de Pascale Ferran a bénéficié d'une mansuétude, d'un amour critique que carax n'a même pas frôlé à l'époque, plus personne maintenant n'oserait maintenant emettre un avis vaguement négatif sur son dernier film à Carax m'étais-je dit, à l'époque par exemple, Les Inrockuptibles, cette hebdomadaire de la jeunesse révoltée avaient hurlés au ratage, à la déception complète, à Beinex, peut-être m'étais-je dit est-ce encore les mêmes, cette putain de Serge Kaganski (et si ce n'est pas lui c'est donc son frère), cette putain, de Serge kaganski donc, qui avait et à l'époque détesté le film de Carax, et il y a quelque semaine porté aux nues le navet absolu de Pascale Ferran, ce qui me chagrine aussi m'étais-je dit, est que le roman de Lawrence commence bien par un monologue de la fille, que dans le film, on se souvient à peine qu'elle parle, que de toute façon le début du film débute sur le mec en train de tenir conversation, je me disais, ce qu'elle met dans sa bouche au type, ce sont les paroles, (enfin les pensées) de la fille, je me disais me souvenant de quelques passages du film, elle a au fond réalisé un film de mec, puis continuant ma lecture je me disait ce qu'elle a en plus raté c'est le côté Kubrick du livre, "En outre, il disposait d'une deuxième chaise qu'on avait équipé d'un moteur, et il aimait se promener lentement tout autour des parterres, voire au-delà: dans cette magnifique réserve de chasse au charme un peu triste", je me disais, je sais pas encore l'expliquer, ce qu'elle a fait par rapport au livre, ça tient d'une esthétique de buvard, je continue ma lecture du livre "Pourtant, lorsque le vent soufflait d'ouest, ce qui n'était pas rare, le domaine de Wragby Hall était envahi par des vagues successives d'horribles odeurs sulfureuses en provenance d'un puits incendié", bon, c'est vrai, j'ai pas vu le reste du film, mais je parierai le tee-short que je porte depuis trois semaines que tout sentait bon tout le long du film, (surtout ne pas incommoder les spectateurs du MK2 Hautefeuille),
- "Constance essayait de d'entrer en rapport avec les femmes de mineurs; elle voulait savoir de quoi avait l'air le monde de ces gens-là. Mais le village était si lugubre, si laid; et les épouses de mineurs repoussaient si manifestement de telles avances qu'elle renonça bientôt et toute son activité se cantonna pour l'essentiel à l'intérieur des limites du parc", on lit ce passage on se dit que Desplechin lui l'aurait intégré, (putain en arriver à dire des choses pareilles), et que bon c'est bien gentil les jonquilles, mais c'est au karcher qu'elle a passé le scénario, non? On est vraiment pas loin de la merde à Jeunet! Mais le pire semble à venir, c'est-à-dire que tous les conseils que Ferran met dans la bouche de la soeur ou amie et du médecin semblent dans le livre provenir du père même de Constance, ce dernier lui conseillant d'ailleurs de prendre un amant, et faisant, (à demi-mots) la leçon au mari à ce sujet, (la séquence après le repas dans le bureau), bon, Ferran semble être quelque chose de tout à fait méprisable...
- Article intéressant, là, (sauf le début le parallèle neu-neu et bidon avec Peter Weir), enfin intéressant, le sujet l'est... C'est ce que je n'ai pas encore écrit pour "The host" et le film de Spielberg, leurs héros sont des héros populaires, des gens du peuples, des moins-que-rien, en france, ça aurait été un minimum un architecte, un médecin, en france un héros est d'abord un héros bourgeois, c'est le seul à penser, même dans les films de Pierre Léon, qui sont fait selon au fond le même système que les films dont l'article parle, les héros chez lui sont au minimum capitaine d'industrie, d'ailleurs Pierre Léon pour toute réalité filme des gens qui lisent, il va à Bruxelles pour filmer des gens qui lisent, ils va à Moscou on ne voit que des gens qui lisent, même un bout de rue pour lui est vulgaire, même filmée par la fenêtre pour lui la réalité est vulgaire, (on pourrait dire de Pierre Léon qu'il n'a même pas l'orgueil de filmer ce qu'il est), (merde, j'écrirais jamais dans Trafic),
- Mail du 20/11: "Je sors d'Octobre, ça n'est pas pas aussi nul que vous le dites, je trouve. Je vais lire ce que vous avez écrit dessus". Moi : "J'ai jamais dit que c'était nul, mais que c'était raté, (et en plus son plus mauvais film)", Mail: "Moi ça me reste en tête, j'aime bien les personnages, sauf celui de Pierre Léon lui-même, trop chichiteux, trop volontairement mystérieux, pour le reste, le côté rohmérien de la fable m'a plutôt intéressé, et les contre-jours, la prostration, l'immobilité, sont des figures plutôt belles et cohérentes".
- Mail du 11/11: "Je reviens de la projection de Pierre Léon à l'Entrepôt. Le film ne me semble pas aussi mauvais que vous le disiez". Moi: "Je me souviens pas avoir dit ça, si? Et/mais vous trouvez par exemple qu'on ressent qu'il est à Moscou, qu'on ressent qu'il est à Bruxelles? Ca fait combien un DVD normal en poids, à copier? (Pour que je vous envoies des films de Valérie Pavia vous verrez la différence, niveau ce qu'elle filme elle)"... Un mail suivant: "Circé Lethem minaude de façon insupportable au début, c'est vrai. C'est vrai aussi qu'il n'y a pas de vrai personnage féminin. J'ajoute que je trouve que Pierre Léon pose trop. (Je trouve Sebastien Buchmann étonnant, cela justifie à mes yeux l'existence du film").
- He ho, j'ai aussi dit ça sur son dernier film à Pierre Léon, hein!
novembre 23, 2006 in Spectre 01 | Permalink