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24/11/2006
V, (à venir),
- Je disais hier, les films de Marine Hugonnier étaient sublimes, la fille aussi était incroyable, et même stupéfiante, un moment ça devait faire environ dix minutes, on s'est rendu compte qu'elle parlait depuis tout ce temps, elle nous faisait la classe*, on s'en était pas rendu compte tout de suite, c'est drôle, on a senti clairement ce changement, je veux dire le moment où on s'est rendu compte qu'on pourrait pas l'interrompre, et que de toute façon on n'en avait aucune envie, que si tel avait été le cas néanmoins, cela n'aurait servi à rien, bref. Parfois un film, sa réussite, la certitude qu'il sera réussi ou sublime tient à presque rien, une phrase, là ça été ce qu'elle a dit sur les avions, le truc de les abattre, c'était tellement évident, je ne sais pas pourquoi j'écris ce mot "évident", pourtant c'était exactement ça, immédiatement je sais que j'ai pensé à Walsh, à dire vrai j'ai un peu de mal avec ce truc de l'avion, enfin je le comprends parfaitement, peut-être est-ce la formulation, au fond je me dis c'est le truc de la méduse, puisque ce mot revient sans cesse, "ce qui échappe", cette expression plutôt, je me disais l'avion c'est le point de vue de où? (Et pas de qui), (on est pas chez Scorcese), et si je disais c'est ce qui réuni les deux, (les deux points de vue), la fin, je me disais chez Walsh aussi on commence par abattre les avions, je repensais à l'expression de Pavese "image-récit", je me disais, et si c'était ça? Je me disais un récit obligatoirement réuni les deux points de vue, il surplombe, et c'est tantôt l'un, tantôt l'autre, oui je sais je suis plus certain de parler du film, mais pourtant me disais-je, si, un film réussi c'est celui qui donne à penser, qui permet ça, qui permet de parler d'autre chose, de divaguer, (et d'y revenir), je me disais, de toute façon je crois qu'elle aussi si je me souviens bien, l'avion c'est aussi et le présent mais aussi le futur, et ce n'est jamais l'aboutissement, je veux dire le haut d'une colline, le panorama, il faut monter cette colline, ce n'est pas un point de vue facile d'accès, et ça se reprend, je me disais d'un avion il n'y a ni début ni fin, ni champs ni hors-champs, (ni contrechamps), disons aussi pour l'image d'avion, c'est une image qui n'est pas cadrée, qui est insensé, (pas pensée), de toute façon me disais-je, elle avait parlé ensuite longuement de la perspective, et d'une certaine manière, les images aériennes, écrasent toute perspective, de toute façon m'étais-je dit, on ne peut avoir qu'une vue d'ensemble à la fin, et jamais au début, plusieurs fois les films, il y en avait trois d'elle dans la soirée m'ont fait penser à Kiarostami, je me dis au fond pour deux choses, dont cette histoire de panorama, je me dis Kiarostami au fond, ses films ça raconte ça aussi,
- * Façon de parler...
- *D'une voix calme, posée, mais qui n'aurait absolument pas admis qu'on l'interrompe, d'ailleurs elle en revenait pas lorsque quelqu'un osait ne serait-ce même que poser une question, de toute façon tout le monde l'écoutait, (une des plus belles soirées Point Ligne Plan)... On s'en est pas rendu compte tout de suite hein qu'elle arrêtait pas de parler, qu'elle nous faisait la classe, c'est au bout de dix ou quinze minutes qu'on a commencé à se rendre compte, et qu'il était aussi hors de question, absolument hors de question de l'interrompre, c'était magnifique, (et surtout ce qu'elle disait), bref,
- Un entretien, là, (pas récent).
- J'y pense par rapport à ce qui se disait un moment sur la signification de certaines séquences noires, le mois dernier pour le film dont j'ai pas encore fait le post, il y avait pas d'écran noir, pourtant parfois c'était le même principe, le film par moment nous ménageait comme des pauses d'une certaine façon, parfois on fermait les yeux, et c'était voulu, c'était comme des écrans noirs, (je le finis pas le post pour l'instant pour la simple raison que je trouve mon raisonnement un peu lourdingue par rapport à ce film), (celui du mois dernier),
novembre 24, 2006 in Spectre 01 | Permalink