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22/12/2006
V, (notes pour moi-même),
- J'y repense un peu au film de Salvadori de temps en temps, pas que je cherche à comprendre pourquoi il est raté, pourquoi ça marche pas, mais tout de même. Si on compare, Lubitsch et Salvadori, leurs veuves, à l'un et à l'autre, la veuve de Salvadori, elle existe pas, il lui donne aucune on va dire "humanité", Lubitsch à la sienne oui, on la voit exister autrement que par l'autre type, hors du champs scénaristique si l'on puis dire, chez Lubitsch, c'est d'incessants retour en arrière, un vrai magnétoscope, se demander si chez Lubitsch d'ailleurs, ce ne serait pas d'apprentissage dont il s'agit, même, de pédagogie...
- Mail: "On s'est amusé avec un ami à le décortiquer juste après, en le comparant à Lubitsch, mais aussi aux comédies de Hawks ou même au Puceau. Rien ne tient, ce qu'il pique à Lubitsch par ex. c'est les ellipses, au début l'ascenseur qui s'ouvre sur le couple, qui se referme, et qui se rouvre et les montre s'embrassant ... Comme le disait mon ami : il n'y a que du scénario, qu'une nécessité d'avancer dans la récit, aucune gratuité sans laquelle un film ne peut pas respirer. Tout est là pour quelque chose, mais mal traité, comme la première rencontre avec la femme dont il deviendra le gigolo, ou alors la scène de leur rencontre, à Tautou et Elmaleh, pas de légèreté, juste l’information nécessaire, ou alors la première scène, celle des chiens : 10 plans ! Alors qu’un seul, large, le montrant se prenant les pieds dans les laisses et bousculant les estivants, ça aurait été tellement plus fort ! Et tout est à l’avenant. Et ce que vous dites sur les acteurs, bien d’accord : qu’est-ce qu’ils sont mauvais ! (...) Entre lui, le niais, et elle, la pute assoiffée d’argent… Des clichés que rien ne transcende. Pour Salvadori en particulier et la comédie française en général, il n’y a que des pauvres types et des salopes, aucune existence singulière. On en est même arrivé à comparer ce film et Déjà-vu, où même le méchant, le moindre second rôle, ont leur minute, pas de gloire, mais de subjectivité, où l’on se demande qui ils sont, d’où ils viennent, ce qu’ils ont dans le cœur et dans les tripes. Dans le Salvadori tout est joué d’avance, et le scénario avance, comme le désert, n’offrant ni émotion ni vraie surprise, juste des quiproquos téléguidés".
- Note pour moi-même, ne pas oublier que j'ai bien aimé le film...
décembre 22, 2006 in Spectre 01 | Permalink