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30/05/2007

V, (rectification),

- Reçu ce mail que je pense être plus proche de la vérité que ce que j'avais copié/collé chez les neu-neus -bas, sinon c'est jamais par plaisir que je déteste un film, toujours par déception, je déteste tous les films de Dieutre, plus exactement je déteste tous ses long mais j'aime bien ses courts, même je pense que Dieutre a fait un des plus beaux films du cinéma français, un des plus importants, je demande peu à un film, qu'il me fasse pensser, qu'il me laisse pensif, pas dans ses intentions, ça c'est le cinéma français,  je veux laimer lorsque je le vois, pas lorsque j'en lis un compte-rendu, le problème du cinéma français on pourrait dire que ce sont les Inrockuptibles et Olivier Séguret etc plus De Baecque, feu De Baecque presque, et quelques autres, bon on va pas y revenir encore hein...

Cher Charles de Zohiloff,

J'ai connu votre journal grâce à l'ami C.A., et de temps en temps je trouve plaisir à votre prose aux échos bernhardiens. J'admire votre constance dans la détestation de (presque) tout ce qui existe. Que vous détestiez mes films m'amuse aussi beaucoup, mais en revanche, pour quelqu'un qui semble, comme vous, épris de vérité (tous les admirateurs des Straub devraient l'être, non?), je me demande ce qui vous pousse à véhiculer des mensonges me concernant. Sachez, si cela vous intéresse, qu'en ce qui concerne mon premier long métrage, s'il a effectivement été commencé comme moyen métrage c'est qu'il devait, à l'origine, en être un. Divers problèmes techniques lors du second tournage (qui devait être le dernier) ont fait que je me suis retrouvé avec un film inachevé, dont j'ai montré des bouts montés à un producteur qui a bien voulu entrer en coproduction pour que le film puisse aboutir. Entre-temps j'eus d'autres idées pour prolonger l'histoire, et le film, à ce moment (troisième tournage) devenait potentiellement un long métrage — les techniciens de ce tournage le savaient. Après quoi, une fois les dettes payées, ce qui restait de financement public a été reversé comme salaire à la plupart des techniciens — somme symbolique, certes, mais somme tout de même. Je ne me suis pas mis dans la liste de ces techniciens (je ne me suis jamais dit que le cinéma me permettrait de gagner ma vie, je l'aime trop pour le rendre utilitaire, même si j'aimerais, un jour, pouvoir ne faire que ce métier). Si vous saviez comme j'aimerais que mon équipe soit payée à la hauteur du travail qu'elle fournit! J'espère que cela sera le cas un jour. Enfin, si je tourne aussi avec mon téléphone portable, ce n'est pas par défaut. J'espère d'ailleurs que vous verrez bientôt un nouvel opus sur pellicule que je finis de monter, et que vous le détesterez au moins autant que les précédents!

(Bien). à vous,

JCF

- Ah oui je croirais jamais que ça amuse quiconque d'être détesté, moi je dis un truc, il y a pas d'obligation de faire de mauvais films, ah j'ai reçu un autre mail aussi, (de miss diplôme moi), "Vous êtes ridicule avec votre naturalisme", ah et oui, justement en france ça serait bien que les mecs pensent à gagner leur vie avec le cinéma justement, (et pas avec les postes de profs ou autres trucs de planqué), même un cinéaste expérimental doit à mon sens vivre de ses films, je veux dire que c'est possible, le truc c'est que les mecs préfèrent être au chaud à l'école, préfèrent faire des demi-films, des quarts de films, par exemple on pourrait bien imaginer que certains passent par la vidéo à la demande ou par l'impression l'édition de leurs propres films en DVD, je pense surtout par exemple à  Pierre Léon, mais le problème c'est que ça leur convient tout ça, (au fond), je me dis que pourtant c'est bien la première fois qu'ils maîtrisent entièrement toute la chaîne jusque qu'à la distribution, voir aussi ces types qui font des films dans leurs quartiers en Amérique du Sud et le diffusent de même, ah oui en france on fait des films pas dans le quartier mais dans l'école, voir Civeyrac comme comble, le mec qui prend ses actrices dans les concours d'entrée, on pourrait dire de Civeyrac que son film se fait d'une porte à l'autre, d'une pièce de la fémis à l'autre, ça me fait penser que je me souviens pas avoir écrit que le meilleur cinéma était les teens movies, je crois avoir dit, (ou alors seulement pensé) que le cinéma Américain bien souvent racontait (rapidement) la constitution d'un groupe, que pour eux un supermarché était aussi le monde, (en france c'est bien trop vulgaire), (à moins d'y jouer aux indiens et aux cowboys comme l'autre plus que plouc) oups je dois y aller, que les films Américains pour ça sont très proches de Carver, qu'en france hein les Larrieux, ou Mia hansen-Love avec son papa drogué, (la drogue c'est fun), (ben voyons), (oups on va encore dire que je suis réac), bon je m'achète une bouteille de vin,

mai 30, 2007 in Spectre 02, (patakès et amerturme) | Permalink