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28/11/2007
V, (journal),
- A plusieurs moments il frôle ce qu'aurait pu être son film Bozon, lorsqu'elle dit par exemple "J'ai pas de mauvaises idées dans la tête", qu'elle le dit je crois la tête un peu baissée et l'air butée comme dans "Jeanne d'arc" de Bresson, (ah oui j'aime bien le plan où ils sont dans les arbres, mais me dis-je, faire sourire est-ce le but d'un cinéaste?), le plan vers la fin de la neige, on se dit que c'est comme un caution que c'est bien du cinéma, qu'il y a bien eu histoire, ou temps etc, alors que non il n'y a rien eu, évidemment l'échec absolu du film est ce carton plus qu'inutile disant qu'ils n'en ont pas réchappé, on se dit ils ne leur accorde rien, juste le scénario, juste ce qui est écrit, pas plus, lorsqu'elle enfile l'uniforme aussi la fille on ne peut que remarquer qu'il est un peu trop repassé, on sait aussi que Bozon le fait presque exprès, parce qu'il ne veut pas être dans le naturalisme machin, etc, il faut avoir à tout pris de la hauteur, il veut se dit-on qu'on sache bien qu'il connaît la chanson, quelque chose me dis-je, au fond, d'assez méprisant, (vous n'avez décidément rien compris bande de nazes), (c'est là aussi par exemple où est son manque de naïveté), cette façon de ne savoir quoi faire avec tout, c'est-à-dire même un uniforme il faut qu'il l'intellectualise, (je rappelle que selon moi Mods est un des plus beaux films qui soit), (je trouve ça assez terrible de devoir se justifier),
- J'avais oublié là, (fétischisme cinéphilique neu-neu),
- Hum, Baudelaire: "Il y a dans le monde, et même dans le monde des artistes, des gens qui vont au musée du Louvre, passent rapidement, et sans leur accorder un regard, devant une foule de tableaux très intéressants, quoique de second ordre, et se plantent rêveurs devant un Titien ou un Raphaël, un de ceux que la gravure a le plus popularisés; puis sortent satisfaits, plus d’un se disant : « Je connais mon musée. » Il existe aussi des gens qui, ayant lu jadis Bossuet et Racine, croient posséder l’histoire de la littérature"... Là? Ce que j'aime bien moi c'est le mot "rêveurs", qui pourrait s'appliquer à tous ces "nouveaux" cinéphiles neu-neus, Jacques Sicard (et son monde enchanté) la grosse Frappat (et son monde enchanté) etc, voilà je connaissais pas ce texte de l'autre, (j'avais toujours évité soigneusement Baudelaire), mais çà parle assez bien de la cinéphilie actuelle, (j'étais tombé ces jours-ci sur le lien d'une revue espagnole, c'était assez catastrophique), (disons cinéphiliquement française, (tendance Frodon Cahiers f du cinéma), (Desplechin comme chef de file du renouveau mondial cinéphilique), (au sens mondial moquette), ah et j'aime bien cette expresssion "qui croient posséder", on se dit c'est exactement ça, une cinéphilie de propriétaire, (au sens Bourdieu aussi du terme), (je veux dire que je leur crache à la gueule), (aux neu-neux cinéphiliques), évidemment le cinéma fantastique ou de série b tel que pratiqué au ciné-club du Studio des ursulines, hein, je veux dire la tendance Thoret du cinéma, c'est le même sac, c'est d'abord une cinéphile acceptée enseignée et acceptable, lavée, propre sur elle, qui fait peur mais n'est point crâpoteuse, qui n'est point honteuse, ah oui les crevures des Ursulines ont un blog aussi, là, vous avez vu ils se sont même crée (là) une notice sur wikipédia, (vous pouvez la saccager si vous voulez), si ça ça s'appelle pas du pillage, (au sens voler la mémoire d'un lieu), (et la monétiser), (et tout en l'aseptisant bien évidemment), (les gosses, le cinéma pour les gosses, ça sert à ça, à aseptiser les choses), disons à propos de ces ordures, on pourrait parler de vampirisation, (on pourrait aussi en parler pour ces "rêveurs"),
- Ah tiens lorsqu'on ajoute ça, ça disparaît aussitôt :"Néanmoins qu'elle que fût l'histoire du lieu, il est utile d'ajouter que les actuels propriétaires ne peuvent en aucun cas s'en réclamer, puisque ce sont ceux-là même qui y ont mis fin, passant alors d'une programmation art et essai recherche, à une programmation de films pour enfants", c'est drôle c'est pourtant la vérité non? (c'est vrai qu'on peut assagir le ton), j'adore leur phrase aux ordures "Il est toujours resté fidèle aux orientations soutenues par Armand Tallier, au mouvement Art & Essai", phrase logique tant maintenant dans le milieu art et essai la programmation scolaire est assimilées justement à l'art et essai, (si ce n'est à l'avant-garde), (je plaisante à peine), rappelons aux ordures cinéphiles des Ursulines que Wikipedia n'a pas vocation à faire leur publicité, d'ailleurs en parlant de vocation j'aime aussi beaucoup leur phrase "Depuis mars 2003, il a pour vocation d’offrir au jeune public parisien un lieu de découverte du cinéma dans toute sa diversité", ils oublient de préciser plusieurs choses, le cinéma qui appartenait je crois à un des frères Seydoux fût revendu à l'Arp qui affirmait en faire un cinéma dévolu aux projections numériques etc, (un mieux disant culturel si vous voulez), la première chose qu'ils firent fût d'en virer la directrice et de ne programmer que des films pour enfants, la programmation était déjà aux mains de l'équipe actuelle, voilà pour la vérité historique, voilà pour la vraie histoire la seule du Studio des Ursulines, pas du tout évidemment celle enchantée des ordures qui l'ont rachetés, disons aussi la bourgeoisie empêchait auparavant les films du Studio des Ursulines, portait plainte, puis y alla, puis y emmena ses enfants, (il fallut d'abord racheter le cinéma et en déloger ses occupants), puis après elle tira fierté du lieu, disons la bourgeoisie comprit une chose, ce qu'elle ne pût obtenir par la force, elle l'obtint par l'attendrissement, (avec l'aide de gens aussi comme Frappat et Sicard), (c'est à dire aussi à l'aide du fétischisme neu-neu), (ah l'enfance l'enfance), (et avec l'aide des Cahiers f évidemment), (etc etc),
novembre 28, 2007 in Spectre 01 | Permalink