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28/11/2007
V, (journal),
- Et si "My blueberry nights" était le plus beau film de Wong Kar-Waï? Son plus risqué, en tout cas son plus émouvant? Et ce malgré l'actrice fadasse*, ou plutôt qu'est-ce que cela voudrait dire son plus beau? Est-ce que ce film est son film le plus humain me dis-je? (Oui), est-ce son plus expérimental? Est-ce le film où curieusement l'autre est le plus interrogé, (brouillon), la fadeur de l'actrice, son impassibilité, qu'est-ce qui reste sinon elle-même me dis-je, s'il n'y a plus rien, s'il n'y a rien à exprimer, si l'actrice n'exprime rien? N'est-on pas dans une certaine fadeur Dreyerienne me dis-je? N'est-ce pas son film le plus violent me dis-je? Son film où il ne fait plus le malin, où il n'a d'ailleurs pas le choix, (c'est à dire où ses indications ne portent pas), étrange aussi me dis-je comme il ne lui reste plus que lui-même, comme il n'a que lui-même à filmer, c'est à dire à reprendre, ressasser ses propres plans, ses propres clichés, à les tremper me dis-je, à les regarder les yeux grands ouverts me dis-je, les yeux presque écarquillés me dis-je, je me dis, l'excès de couleur c'est ça aussi, une sorte de ralentissement, (c'est là où l'on voit la connerie d'Azoury, le comparant à Ridley Scott, ne sachant même pas faire la différence), (pour lui tant que c'est en couleur, c'est que c'est pareil), (deux nanas en voiture), (ben oui pour Azoury ça va pas plus loin, ne pas s'étonner ensuite qu'il aime Honoré), (puisque tout est du pareil au même), disons chez Scott le travail de la couleur est un travail de coloriage publicitaire, mais quelque chose surtout qu'il ne décide pas, chez Wong Kar-Waï, c'est un travail plastique, un travail sur la matière même, c'est me dis-je essentiellement une songerie, (etc etc), (je crois que j'avais déjà dit tout ça pour 2046), (ça devient lassant), chez lui me dis-je, dans ce film surtout, la couleur sert surtout à opacifier les choses, à les séparer aussi, (presque à percer trouer brûler l'image), disons que nous ne sommes plus très loin de Brakhage, (et aussi de Leccia, je crois l'avoir dit aussi pour 2046), c'est à dire on voit bien qu'il faut de plus en plus parler de traumatisme disons plastique chez lui, de détonation presque, sinon de dissonance puisque plusieurs fois l'image semble comme vaciller, (je pense remarquer à deux reprises au moins comme des erreurs, des fausses notes), et cette séquence où la femme du flic sort du bar et se dirige vers son auto, (la première fois), sa drôle de démarche, et curieusement me dis-je nous revenons aux visages, et ce justement avec beaucoup plus, (bien plus) d'insistance que les autres fois, le visage est plus présent me dis-je dans ce film, et plus présent aussi en tant que question, je veux dire que Wong Kar-Waï regarde plus les choses, les interroge plus, (me dis-je), qu'est-ce qui fait aussi me dis-je, qu'on le sent dépossédé du film, volontairement dépossédé? (c'est pour ça que je parler des yeux écarquillés), (à suivre)
- Ah oui deux extrait du gros et inutile Lalanne "Il y a quelque chose de troublant par exemple à voir que WKW est toujours un filmeur aussi habile mais que cette élégance est compliquée par une lumière un peu baveuse et agressive", et ça "Peut-être que la régénération complète de son cinéma, dix ans après son sublime film de garçons (Happy Together), passera par un grand film d’amour entre filles", c'est juste pour rire, je peux expliquer aussi, (ce qui me fait rire là-dedans),
- *Et Philippe Azoury? (Pour qui ne l'oublions pas le meilleur film de l'année est le film d'Honoré, l'année d'avant pareil et l'année d'avant c'était le film de Jeunet...
- Via mes stats je retrouve ça, ("Céus, eu queria ter escrito"),
novembre 28, 2007 in Spectre 01 | Permalink