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29/01/2008

V, (journal),

- Rarement j'ai vu me suis-je dit, autant de sérieux dans l'ironie, ça devait-être ça ça un film de vieux me suis-dit, (alternative "ça devait être ça un film de vieux cons me suis-je dit"), le ricanement, le second degré remplacent l'humour éventuel me suis-je dit, (la question est, y a-t-il de l'humour dans le film, ou juste du mépris), (puisque d'une certaine façon l'ironie au cinéma, le second degré est toujours forme de mépris), c'est comme une débandade me suis-je dit, un manque de couilles, et surtout me suis-je dit, on nage en plein dans la qualité française, ce qui est me suis-je dit, concernant des cinéastes Américains, concernant les Coen, quelque chose d'assez comique, nous sommes véritablement me suis-je dit, dans un film de Carné et Prevert, ce qui est assez comique me suis-je dit, de la part de ceux qui se réclament de la nouvelle vague, et n'ont que ce mot là à la bouche, comme un rictus, je parle de la critique, de la critique que l'on doit dire dans son ensemble, puisqu'il ne semble exister aucun article un tant soit peu négatif par rapport à leur pire film, c'est là d'ailleurs la preuve me suis-je dit, de la nullité absolue de la critique cinéphile française, tout chez eux est dit deux fois, et ce pour paraître réel me suis-je dit, (expression à revoir), pour faire vrai me suis-je dit, pour que l'on comprenne bien que l'on est aussi dans le sud, il n'y a pas de film noir me suis-je dit, il y a un film pire que ce dont Carné pouvait être capable, il n'y a même pas le tragique de Carné me suis-je dit, juste un film lâche et dégouttant, puis je me suis dit, plus exactement au téléphone avec C,  que ceux qui mourraient, mourraient tous de façon grossière, presque risible, ils étaient presque ridicules me suis-je dit, vous avez vu lorsque l'autre tue le premier type, je ne sais plus ce que je me suis dis à ce moment, je ne parle pas de la façon dont il meurt le flic, cette façon d'en rajouter pour rire, pour le fun, non ce qui m'a choqué ce fût le plan des pieds ensuite, (les pieds du tueur), je ne sais pas pourquoi je ne sais pas quel plan il fallait faire, mais pas celui là, on s'attendait presque à voir goguenard, un cigare à la bouche, Eastwood ou l'autre Terence Hill, tout le film est ainsi, enfin les dix minutes suivantes, puisque qu'après hein, je sortais, (pas être con non plus), je me dis au fond ils ont pas plus de talent qu'Huston, sauf que Huston, à l'époque de la nouvelle vague, celle-ci, (et la critique cinéphilique de l'époque), s'en moquait, maintenant me dis-je, on inverse les choses, Huston représente le bon goût, la culture, et Godard est absolument ignoré et méprisé, évidemment que "Bye Bye Tiger" était le seul film en descendance directe de la nouvelle vague me suis-je dit, et puis cette façon à chaque fois de prononcer "Carla Jean" pour bien signifier que nous sommes dans le sud, Faulkner machin etc, cette façon de bien signifier les choses, qu'une voiture brûle, il faut aussi que le shériff le remarque à voix haute, (au cas où nous n'aurions pas bien compris), et à chaque fois me dis-je, pour qu'on comprenne bien que l'on est dans le sud, et que c'est un film d'auteur, qu'ils connaissent la littérature sur le bout des ongles, et qu'ils ont bien lu le bouquin, le courrier sous la porte lorsque le tueur arrive au petit matin, juste pour qu'on comprenne bien que oui ils s'étaient sauvés effectivement, que plus personne n'était là, pour l'ambiance et parce que probablement la lettre qu'il tient à la main lui servira plus tard pour une autre raison, disons ils ont préférés prendre des précautions, (ne prendre aucun risque quel qu'il soit), qu'on comprenne bien les choses, que le tueur trouve la lettre sur un meuble aurait été selon eux un peu risqué, (pas crédible probablement pour eux), je veux dire qu'ils veulent absolument sur-ligner chaque instant/plan du film, pareil pour le chien qui poursuit le type dans la rivière, il fallait que ça soit fun, marrant, et la façon qu'il a au début le tueur avec son truc à air comprimé, (comme dans un vulgaire film d'Haneke pourrait-on dire, sauf que chez Haneke c'était autrement violent), il s'agit de faire rire, la bonne blague, de toujours trouver un angle une nouvelle idée pour faire rire, toujours être les plus malins surtout, et chez Haneke, la mort c'est un trou, c'est réellement un trou, et la fiction,le film, s'organise autour de ça, chez eux non, chez eux la mort n'est rien, comme s'il n'y avait personne avant, personne d'important, (juste un prétexte), saloperies va...

- Note pour moi-même, le cinéma français, au fond, sa définition ça pourrait être ça "ma douleur est plus belle que vos jours"... (Je parle du cinéma dit d'auteur, du cinéma d'h/auteur, avec un "h" comme douleur),

- Rien à voir, je lisais ça, dans la colonne de droite il y avait Edgar Morin au tribunal pour aider les anti-pubs, copie d'écran , et je repense à l'accusation qu'on lui avait faite d'antisémitisme, oui, et il me semblait avoir aussi entendu dire qu'il était juif, et là du coup je me dis je vais vérifier, oui Edgar Morin est bien juif, c'est ,  je me suis dit qu'ils étaient sans limite les crevures, ne pas oublier que les mecs avaient porté plainte, ça avait été jusqu'en justice, incroyable non, (comme disait l'autre), oui la copie d'écran parce comme je parle des Coen, que je crois qu'ils sont juifs, on est jamais trop prudent, parler deux fois de juifs dans un texte, pour certain, les putains Séguriennes, c'est la preuve qu'ils attendaient, ne pas oublier, même Skorecki y a eu droit, même lui qui accuse absolument tout le monde d'antisémitisme y a eu droit, c'est dire où ça en est, (mon Louis c'était quand même bien fait pour toi pour le coup), 

janvier 29, 2008 in Spectre 01 | Permalink