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26/02/2008
V, (journal),
- Si je dis je cherche quoi écrire, vous vous dites oui bon, en même temps, peut-être qu'écrire sur un film, et juste dire je cherche ce que je pourrais bien en dire, ou qu'est-ce qui m'a marqué, et me dis-je, lorsque le film est raté mais en même temps en partie magnifique, peut-être même mauvais, quand la structure du film ne nous plait pas beaucoup, que plusieurs fois l'on a manqué partir, mais qu'il reste quelques séquences, une lumière particulière, une ambiance, le film c'était la famille je ne sais plus le reste du titre, parfois les pièces semblaient éclairées au flash, il y avait ce genre de choses assez proches m'étais-je dit de certaines photos de Stephen Shore, et mais si ses séquences dans leurs durées n'apportent pas plus rien, faudrait-il plutôt parler d'être touché alors par ses séquences, quelques séquences, même pas très bonnes peut-être, je pense par exemple à l'arrivée du père dans la chambre de la maison de retraite, la séparation de la pièce par un rideau, le dialogue, (en gros "la pièce est encore vide mais vous pourrez la décorer à votre convenance), l'ouverture alors du rideau et la découvert du "co-locataire", et de la décoration pathétique au sens triste de sa propre décoration moment presque comique sinon cruel, sinon dérisoire, (sentiment triste du dérisoire), plus haut je voulais dire qu'est-ce qui reste d'un film, à en dire lorsque justement il y a si peu à en dire, qu'en tant que film il n'y a même réellement rien à en dire, la scène presque mauvais et si belle de son entrée dans l'avion, la séquence quasi Bressonienne lorsqu'ils lui attachent les sangles, etc, ce sentiment qu'on le mène sur la chaise électrique ou à la chambre à gaz, les petits cachets qu'ils se partagent, la séquence euphorique sur la chanson de Brech, les lampadaires, les chaussures pendues sue le fil électrique), une autre séquence du même type, ratée puisque un peu trop redondantes et qui se termine sur des tombes, est-ce que le film est plus que ces petites choses, ces séquences mal foutues et/mais pleines de bonne volonté, non, disons alors que je lui suis reconnaissant pour ces petites choses, (et pour le mec qui s'occupait de la lumière aussi), disons que j'aime bien être content pour des riens, un truc très nul, (alternative: un truc très nul quoi)...
- Je sais pas où elle a vu Pascale Bodet, qu'il y avait une histoire d'éternité dans le film, là, "un héros artificiellement maintenu, grâce à un super-pouvoir, dans une adolescence indéfiniment prolongée" et puis ça "Sentimental, falot, minet, aussi innocent que niais, il rejoint la classe des ados qui vivent dans le loisir perpétuel", le problème de sa critique est que le film ne se permet aucune opinion sur le type, elle si, tss Pascale, tss... (Si tu continues un jour tu vas te retrouver à Positif, gaffe!)... Disons en quoi le scénario peut-il lui poser problème, même des scènes ratées ne posent pas réellement problème, et au film et au réalisateur, (et à moi), celle par exemple du début avec l'argent dans la chambre, moi elle me dérange pas plus que ça, je la zappe, le réalisateur aussi, le fait de la montrer justement est la preuve selon moi qu'il l'a zappe, c'est difficile à expliquer, disons qu'il aurait pu la recommencer et ne l'a justement pas fait, (en sachant selon moi que la séquence était mauvaise), et ce justement, parce que c'est un vrai cinéaste, ne pas croire d'ailleurs que Fritz Lang* s'il avait été vivant, (plus jeune) n'aurait pas fait ce film, ce genre de film, ne pas croire qu'il aurait fait ce film différemment, vous seriez surpris, surtout, regardez bien ses films de genre, (et relisez ce que l'on en disait à l'époque, pas certain que que l'on aurait pensé nous aussi différemment), oui je sais c'est dur, Fritz Lang quand même... Bon concernant la séquence de leur retrouvaille, la séquence même je la trouve non pas ratée, mais volontairement ratée ou déceptive, concernant toute la séquence me dis-je, le fait que la fille soit si insignifiante, qu'elle travaille dans un bar, oui je n'y crois pas beaucoup, je veux dire qu'un scénario rêvé en aurait fait quelque chose d'autre, c'est d'une certaine façon me dis-je le point faible du film, et en même temps parce que ce n'est pas le sujet, qu'on s'en fout, le film me dis-je n'est pas là pour nous raconter une histoire, nous ne sommes pas dans une histoire de crédibilité, l'effort du film ne se trouve pas là, la pensée du film plus exactement, ne se trouve pas là, (dans le scénario etc), mais on voit bien que la séquence des retrouvailles, la séquence même doit tout à Wong Kar Waï, que c'est une scène qui vient directement d'In the mood for love, (ne prenez pas les cinéastes Américains pour des ignares du point de vue du cinéma, sinon de la cinéphilie), (et si la séquence ne vient pas de là, elle vient donc d'ailleurs), (on va dire que ce n'est pas très important), et en quoi un film devrait-il raconter l'histoire de personnages obligatoirement dotés d'une intelligence supérieure etc, en quoi ces gens doivent-ils être intéressant? Je pensais qu'on en avait fini avec ça, (rajout)... Et puis il y a cette idée Godardienne de recommencer à nouveau, (etc etc), (je pense à Je vous salue Marie), (ou à un ou deux autres films de lui), je dirais plutôt à la place de ce mot éternité, il ne sait plus quoi faire de son temps, (puisqu'il n'a plus besoin de rien faire), (se demander d'ailleurs comment il fait pour rester aussi mince), (sauf qu'on imagine qu'il fait du sport), (comme le cinéaste ne nous prend pas pour des cons il ne se donne pas la peine d'en plus nous le montrer),
- *Pascale, dis-moi, t'aurais écris quoi des films de Fritz Lang à l'époque, ceux de sa période Américaine?
- Ah tiens, là?
février 26, 2008 in Spectre 01 | Permalink